Alors que les fraudes aux moyens de paiement continuent de progresser en France, certains territoires apparaissent particulièrement sensibles aux risques liés aux cyberattaques, aux arnaques en ligne ou aux usurpations d'identité. À votre retour en France ou vos congés d’été, voici les régions où la vigilance est particulièrement de mise.


Selon les dernières données publiées par la Banque de France et l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, le montant total des fraudes aux moyens de paiement a atteint 618,4 millions d'euros au premier semestre 2025, soit une hausse de 7,4 % par rapport à la même période de l'année précédente. Les fraudes reposant sur la manipulation des victimes, notamment les faux conseillers bancaires et les campagnes de phishing, connaissent une progression marquée en France. Dans ce contexte, l'organisme de formation en cybersécurité et gestion des risques Abilene Academy a analysé et tenté d’identifier les départements où les habitants recherchent le plus d'informations sur ces menaces numériques.
Méthodologie : l'étude a été réalisée par Abilene Academy à partir des données du Google Keyword Planner collectées le 22 mai 2026. Les chercheurs ont analysé plusieurs familles de requêtes liées à la fraude bancaire, aux logiciels malveillants, au phishing, à l'usurpation d'identité, à la prévention des arnaques et au piratage de comptes. Les volumes de recherches ont été rapportés à la population de chaque département afin d'obtenir un indicateur comparable pour 10 000 habitants. Seuls les départements de plus de 200 000 habitants ont été retenus. La moyenne nationale observée s'établit à 33 recherches mensuelles pour 10 000 habitants.

Quels conseils de cybersécurité pour les Français de l’étranger, en première ligne ?
L'Aveyron en tête des recherches liées à la cybersécurité
Avec 399 recherches mensuelles pour 10 000 habitants, l'Aveyron arrive largement en tête du classement établi par Abilene Academy. Le département enregistre environ 11 150 recherches mensuelles sur les thématiques liées aux cybermenaces, soit un niveau présenté comme plus de douze fois supérieur à la moyenne nationale observée dans l'étude.
L'Aveyron devance de peu les Ardennes, qui comptabilisent 389 recherches pour 10 000 habitants. Ce département du Grand Est affiche environ 10 350 recherches mensuelles et se distingue par un intérêt particulièrement marqué pour les sujets liés aux faux conseillers bancaires, aux SMS frauduleux et aux arnaques téléphoniques. L'Indre complète le podium avec 264 recherches pour 10 000 habitants. Viennent ensuite le Tarn (260 recherches) et la Nièvre (223 recherches).

Tarn, Ardennes... Les territoires ruraux surreprésentés
Le classement met en évidence une forte présence de départements ruraux ou semi-ruraux parmi les territoires les plus concernés. Derrière l'Aveyron, les Ardennes, l'Indre, le Tarn et la Nièvre figurent également dans le top 5. Les Bouches-du-Rhône apparaissent comme le premier département fortement urbanisé du classement, à la sixième place avec 185 recherches pour 10 000 habitants.
L'Ain, la Haute-Loire, les Deux-Sèvres et le Cher complètent le top 10. Selon l'étude, ces écarts ne traduisent pas nécessairement une exposition différente aux cyberattaques, mais davantage des comportements de recherche distincts selon les territoires.
Cybersécurité des enfants : le guide UNESCO–CLEMI pour protéger les mineurs en ligne
La capitale Paris ferme la marche
À l'opposé du classement, Paris apparaît comme l'un des départements où les recherches liées aux cybermenaces sont les moins nombreuses. La capitale enregistre 14 recherches mensuelles pour 10 000 habitants, contre une moyenne nationale de 33 recherches selon l'étude. Rapporté à sa population de plus de deux millions d'habitants, cela représente environ 2 950 recherches mensuelles.
Pour Henri Haenni, expert en cybersécurité et fondateur d'Abilene Academy, les différences observées entre départements reflètent avant tout des niveaux de vigilance et des habitudes numériques variables d'un territoire à l'autre. Les zones urbaines disposeraient d'un écosystème numérique plus mature et d'un accès plus important à l'information et aux outils de protection, ce qui pourrait contribuer à réduire le volume de recherches liées à ces sujets.
Sur le même sujet

































