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Coachs, pourquoi ils ont décidé d’aider les expatriés

Par Damien Bouhours | Publié le 30/01/2020 à 08:00 | Mis à jour le 30/01/2020 à 16:55
coaching aider expatriés

Depuis quelques années, on constate un boom dans l’activité de coaching et en particulier par et pour les expatriés. Nous avons interrogé les experts qui contribuent à notre site pour découvrir ce qui a provoqué ce déclic chez eux et pourquoi les expatriés ont besoin de leur aide.

 

Pourquoi ont-ils décidé de se lancer dans le coaching ?

Nicolas Serres-Cousiné, coach établi à New York depuis 1990, nous raconte son changement de vie radical : « J’ai décidé de devenir coach après une carrière de 10 ans d’agent de photographes de mode dans les années 90, les années glorieuses de la mode à New York. Bien qu’ayant réussi cette vie professionnelle, elle ne me ressemblait pas trop. L’ivresse du succès passé, j’ai ressenti à 40 ans le besoin de faire un travail qui me parlait, où je sentais que j’étais vraiment fait pour cela. Bref, un travail qui me ressemblait. J’ai engagé un coach pour m’aider à trouver ma vocation. Après une séance, je lui ai dit “ok, c’est bon, c’est votre job que je suis censé faire” »

 

Birgit Walsh, Fondatrice de Pilote de Ma Vie, a eu le déclic après avoir elle-même bénéficié d’un coaching : « J’ai décidé de devenir coach après avoir rencontré une coach en leadership dans le cadre d’une formation au travail. J’ai trouvé que les techniques de coaching, cette façon de questionner pour aider la personne coachée à trouver ses propres réponses, étaient très puissantes. Son coaching m’a beaucoup aidé pour résoudre certains conflits internes, pour focaliser mon énergie au bon endroit et comprendre quelles étaient mes véritables forces et talents. »

 

Pour Delphine Boileau-Terrien, experte auprès des Femmes de challenges, il s’agissait presque d’une vocation : « J'ai décidé de devenir coach parce que je voulais faire un métier de l'accompagnement des personnes. J'avais découvert qu'il était possible d'obtenir ce qu'on voulait (voire même mieux) en changeant sa perception des choses et aussi en changeant son système de croyances. J'avais décidé d'être coach pour aider des femmes à se réaliser professionnellement parce que c'est ce qui me parlait le plus. Je voulais les aider à se libérer de leurs croyances limitantes afin qu'elles réussissent ce qu'elles voulaient professionnellement ».

 

Pour Camille Gautry, coach de carrière, tout est parti d’une conversation avec une femme française à Singapour qui n’arrivait pas à trouver un travail sur place : « Cette recherche était trop douloureuse pour elle et elle préférait rentrer quelque part où professionnellement elle avait eu de la valeur. Et où elle espérait en avoir encore un peu. Ce que je me disais en l'écoutant, c'est qu'en fait c'est sa façon de chercher qui pêchait. Pas sa valeur professionnelle.  Je le savais parce que j'avais fait exactement les mêmes erreurs avant elle. Mais de cette recherche minante, j'étais parvenue à retirer beaucoup d'apprentissages et j'avais surtout fini  par comprendre qu'il était inefficace de chercher du travail à Singapour de la même façon qu'en France. Si moi - caucasienne, ne parlant pas chinois, parlant un anglais moyen, avec une spécialité en RH - j'avais réussi à décrocher à Singapour un poste habituellement réservé aux locaux, cela prouvait que j'avais déployé une méthodologie qui fonctionnait »

 

Pour l’équipe d’Expat Communication, il s’agissait d’un prolongement naturel de leur activité : « Depuis 2001, Expat Communication anime des formations pour aider les futurs expatriés à réussir leur expatriation. C’est le cœur de notre mission, en parallèle avec nos sites femmexpat.com et expatvalue.com. Naturellement, les expatriés nous recontactaient lorsqu’ils rencontraient des difficultés ou se posaient des questions. Très vite, nous avons donc développé des services de coaching. Corinne Tucoulat, la co-fondatrice a d’abord suivi une certification. Puis elle a formé d’autres coachs à Paris. Nous avons vite rencontré une difficulté : comment proposer partout dans le monde la même qualité de coaching que celle pour laquelle nous sommes connus en France.  Avec les mêmes valeurs humaines et la même expertise de l’expatriation. Nous avons répondu à cette question en 2019 en mettant sur pied la Coach Academy d’Expat Communication : un réseau mondial de coachs sélectionnés, que nous formons, certifions et qui travaillent en réseau. Aujourd’hui, 20 coachs constituent cette magnifique équipe dont nous sommes très fiers. »

 

Nathalie Lecomte est psy clinicienne expat’: "Après 7 ans en charge des ressources humaines, ma mission a pris une dimension plus stratégique avec un volet de management par la qualité. L’accompagnement dans le développement de ces compétences a pris de plus en plus de place : séances en face à face avec les managers, avec leurs équipes (team building) et avec la direction (stratégique). Ce bagage expérientiel m’a donné des clés pour comprendre les enjeux tant individuels que collectifs. C’est ce qui m’a amenée à me former au coaching d’entreprise (corporate coaching) pour être plus pertinente dans mes interventions. Puis j’ai continué à mon propre compte depuis 2009. Une personne n’est pas scindable : elle doit être entendue dans son entièreté. Mais selon moi, le coaching vise les dimensions organisationnelle, managériale et professionnelle. La sphère personnelle relève d’un autre type d’accompagnement qui nécessite d’autres compétences, une grande prudence et de la protection. Particulièrement sensible à ces points, je suis aussi devenue psychologue clinicienne ce qui m’a permis une compréhension plus fine et globale des personnes que j’accompagnais."

Le coaching particulièrement nécessaire aux expatriés

Tous nos experts coachs ont pour clients des expatriés vivant un peu partout dans le monde ou des candidats à l’expatriation en quête de conseils. Mais en quoi les expatriés sont-ils peut-être davantage concernés par le coaching ? 

D’après Delphine Boileau-Terrien, l’expatriation provoque un véritable bouleversement : « Le fait de ne pas être dans son pays, être dans une culture bien différente de la sienne, cela change totalement ses repères. Du coup, en fonction des personnes, cela peut ouvrir des possibilités qu'ils n'auraient pas pu avoir avant et ils les saisissent. Cela peut aussi faire perdre pieds. Dans les deux cas, le coaching est un vrai bénéfice »

Les expatriés « ont besoin pour eux-mêmes d’aide pour définir leurs projets. Quoi de plus normal quand on doit régulièrement réinventer aussi bien sa vie personnelle que sa carrière ! Les expatriés doivent être des champions de la prise de décision et du pilotage de leur vie. Un regard extérieur permet d’avancer avec plus de confiance. », met également en avant l’équipe d’Expat Communication.

Birgit Walsh souligne également les difficultés liées à l’expatriation notamment pour les conjoints : « Les expatriés sont souvent isolés à cause des différences culturelles et de leur position hiérarchique, au sein de leur travail. Il est plus difficile de pouvoir trouver une oreille à qui se confier et avec qui trouver des solutions. Aussi n’oublions pas leur conjoint, il est assez courant qu’il ou elle ait dû mettre sa carrière en veille pour suivre leur partenaire ».

Pour Nathalie Lecomte, le coaching est une aide précieuse pour les expatriés qui sont souvent isolés et ont « la nécessité de se (re)connecter à son potentiel interne dans des moments propices aux perturbations et donc aux doutes ». « Le coaching a l’avantage du «sur mesure» : il colle à la situation spécifique et la personnalité unique du coaché à travers un processus éducatif paradoxal qui convient bien à la situation d’éloignement : «on apprend à se débrouiller seul» en s’appuyant sur son potentiel (sa puissance). Pour cela il est essentiel de vérifier que le coach est respectueux de ces spécificités individuelles, qu’il assure une protection (ne pas laisser le coaché s’engager dans n’importe quelle voie au niveau professionnel), soit responsable (il s’engage dans un vrai partenariat et s’implique pour faire émerger des solutions pertinentes) et s’appuie sur une expérience significative de l’entreprise. L’avantage caché est que la transformation interne qu’il initie s’inscrit dans une perspective de développement durable et global », ajoute-t-elle.  

Se faire une place dans ce nouveau monde n’est pas aisé en particulier dans la sphère professionnelle. « Si je regarde mon expérience et celles de mes clientes, nous sommes en grande majorité, passées de poste en poste en France sans vraiment chercher du travail. Sauf que l'expatriation vient interrompre ce cycle et d'un coup, arrivent les questions : "Qu'est ce que je veux faire ?","De quoi j'ai envie ?",avec une somme de possibles devant nous qui est plus déstabilisante qu'autre chose. Mais le hic, c'est qu'on ne nous a pas appris à traiter ces interrogations. On n'a plutôt été formatée/éduquée à ne pas nous poser ce type de questions et à saisir les opportunités quand elles se présentaient.  On se retrouve donc dans une situation inédite professionnellement et psychologiquement. C'est ce qui fait qu'à mon sens, le coaching va représenter une aide précieuse aux expatriés d'autant plus quand les coachs ont eux-mêmes vécu cette expérience. », nous explique Camille Gautry.

Partir ailleurs pour mieux se retrouver, serait-ce un mythe ? C’est en tout cas plus compliqué qu’il n’y parait. Nicolas Serres-Cousiné témoigne : «Certains expatriés partent de France pour trouver mieux ailleurs, emmenant avec eux un certain malaise ou dilemme (souvent des traumas d’enfance, difficultés à trouver sa place dans la société où ils sont nés etc…) L’éloignement (amis, famille, pays) et l’effet de surprise (l’expat croyait son problème réglé) ne le déprime pas dans le sens clinique du terme (sinon il irait voir un psy ou je lui dirais d’aller en voir un), mais le rend triste, perdu, le paralyse, l’expat est incapable d’avancer, de faire le premier pas tout seul vers la résolution de son dilemme. Il a besoin d’aide. Le coaching est là pour l’accompagner vers son but quel qu’il soit.»

 

Que le coaching vous prépare à l’expatriation ou vous aide à vous y retrouver professionnellement et personnellement une fois sur place, il peut vous aider à avoir un autre regard sur votre situation. N’hésitez pas à consulter notre rubrique coaching pour en savoir davantage sur nos différents experts.

Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
1 Commentaire (s)Réagir
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Samuel Ekwalla sam 08/02/2020 - 10:31

bonjour moi je suis coach mental et sportif puis mon souhait serait de m'expatrier vers le CANADA . Je pense que le CANADA serait un super coin de chute pour poursuivre mon activité en tant que coach avec les clubs de football basketball tennis futsal handball… ou encore dans les université enfin que les jeunes plus avoir confiance en eux ,qu'ils s'affirment ,travailler sur leur stress et leur objectif professionnel ou sportif en court ,moyen,ou long terme.

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