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C. Hamel, créatrice de bijoux à Shanghai, "l'expérience d'une vie"

Par Skema/Alumni | Publié le 08/10/2018 à 19:00 | Mis à jour le 08/10/2018 à 19:04
Camille Hamel Zoaje expatriation Chine

Passionnée depuis toujours par le design et la confection de bijoux, Camille Hamel a créé avec son mari Clément la marque Zoaje en 2013, alors qu’elle était encore étudiante. Un esprit d’entreprise sans doute renforcé par le dynamisme de Shanghai où elle a choisi de vivre et de faire grandir sa société, en conciliant artisanat et ouverture au monde. 

Skema AlumniEN PARTENARIAT AVEC SKEMA ALUMNI

 

 

Zoaje Camille Hamellepetitjournal.com : Pourquoi l’international et plus particulièrement la Chine ? 

Camille Hamel : Je savais que je voulais vivre à l’étranger, j’ai toujours adoré voyager, découvrir le monde. C’est notamment pour cette dimension internationale que j’ai choisi de faire mes études à SKEMA Business school (PGE 2015). Je suis partie en échange à Suzhou en Chine, dans ce pays totalement inconnu qui m’attirait. Je n’avais aucun apriori. Je sentais que ce serait l’expérience de ma vie et c’est le cas. 

J’ai également pu faire un échange étudiant au Mexique, avec celui qui est devenu mon mari. On a eu un gros coup de cœur sur ce pays, cette culture, la population. Mais il est vrai qu’en termes d’opportunités professionnelles, ce n’était pas forcément là qu’il était le plus simple d’évoluer. On avait eu un coup de cœur pour Shanghai, on y est revenu. C’était un choix de vie plus qu’un choix professionnel. 

 

Vous avez construit votre expérience professionnelle autour de l’univers de la mode, du luxe ? 

J’ai toujours aimé cet univers, et globalement tout ce qui est artistique. Je savais qu’il me faudrait un poste avec une dimension créative. Mon stage chez Façonnable à Shanghai, pendant mon année de césure a été déterminant. En parallèle,j’ai commencé à faire des bijoux car j’ai toujours été attirée par la création artistique et ai ensuite étudié le Management du luxe et de la mode avec SKEMA.


Vous avez créé votre entreprise très jeune ?

Oui, nous étions encore étudiants. Avec Clément, nous avons lancé en parallèle de notre année de césure à Shanghai une toute petite structure. Aujourd’hui nous travaillons toujours ensemble sur le projet, moi à plein temps et lui en plus d’un emploi dans la mode pour enfant. Notre structure, Zoaje, grandit petit à petit, nous sommes maintenant 5 dans l’équipe. 

Mes journées se ressemblent rarement mais je consacre une grande partie de mon temps au développement commercialdesign des bijoux, achats des matières etmarketing digital. Je fais par ailleurs encore une grande partie des bijoux moi-même.

Nos bijoux sont faits à partir de goldfilled 14 carats, une matière que j’ai découverte aux Etats-Unis, entre le plaqué or et l’or massif. Le métal base (laiton) est recouvert avec chaleur et pression d’une couche épaisse d’or 14 carats : il y a entre 50 et 100 fois plus d’or dans un bijou en gold filled qu’en plaqué or. J’importe directement toutes les pièces nécessaires des USA. J’importe aussi des pierres semi-précieuses du monde entier. Ce qui est compliqué c’est de trouver les mêmes produits sur la durée, c’est pourquoi nous faisons des éditions limitées et du sur-mesure.

Nous proposons également une gamme en or rose, en or jaune, en argent 925 et des bijoux en or massif. Je travaille avec un atelier à Shanghai qui m’aide pour les soudures car je ne suis pas joaillière de formation, bien que je pense me former dans un futur proche.

 

Comment souhaitez-vous vous développer ?

J’ai envie de garder la production en interne, je ne veux pas faire appel à des usines. Je vais embaucher une personne que je pourrai former et qui travaillera à mes côtés. Nous souhaitons maîtriser tout le process, de la production aux réseaux sociaux, au développement des points de vente, du site internet, des photos...
Depuis janvier, nous avons ouvert à Shanghai notre showroom qui est aussi notre atelier. C’est utile pour recevoir les clients, les boutiques, et pour organiser des évènements. Je vais me concentrer sur le développement des boutiques en Chine et en Europe (France) et continuer de développer notre propre boutique en ligne. Nous distribuons nos bijoux sur une plateforme de créateurs américaine et depuis quelques semaines nous avons notre propre site marchand. Nous mettons donc l’accent sur les réseaux sociaux pour le faire connaître. En France, nous livrons les commandes sous deux jours. Aujourd’hui nous avons entre 150 et 250 commandes par mois.

 

Zoaje

 

Votre communication est la même pour tous vos clients, quelle que soit leur nationalité ?

La marque tourne autour du voyage, tout le monde peut ainsi s’y reconnaître et rejoindre notre univers « lifestyle ». On parle beaucoup de nos inspirations, des pierres, de la fabrication et de nos coups de coeur. On traduit tout, mais c’est le même contenu pour tous. Notre cliente cible a entre 25 et 35 ans. Le fait d’être française plait en Chine où on ne trouve pas beaucoup de bijoux fins. Traditionnellement les Chinoises portent de gros bijoux en or très jaune, les miens sont plus discrets et plus facile à porter au quotidien.

 

Auriez-vous créé votre entreprise si vous étiez restée en France ? 

Certainement. Mais en France cela paraît plus compliqué, on se sent jugé, on nous dit que c’est fou comme projet. Ici à Shanghai, tout le monde est dans cette dynamique de lancer une activité, on se soutient entre jeunes entrepreneurs, je pense que cela a beaucoup joué. Être entrepreneur demande beaucoup d’énergie, mais la Chine est le lieu parfait pour se lancer, à condition d’apprendre la langue. On peut prendre des risques en début de carrière. C’est sans doute plus difficile ensuite de tout quitter pour tenter sa chance. 

 

www.zoaje.com

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