Avec 852 projets d’investissements directs étrangers (IDE) recensés en 2025, la France conserve son titre de première destination européenne pour les investisseurs internationaux, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. Une performance que le gouvernement brandit comme preuve de la “résilience française” alors qu’une crise économique gronde. Que retenir du baromètre EY 2026 de l’attractivité ?


Sept ans au sommet, et pourtant, le doute s’installe…C’est le paradoxe français, qui pourrait tenir en une phrase : première d’Europe mais sous pression permanente. Derrière la médaille, les fissures deviennent visibles comme le chiffre de 17% de chute des projets en un an. Réjouissons nous tout de même des 852 projets d’investissements directs étrangers (IDE) recensés en 2025. Restons positifs comme le Ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité, Nicolas Forissier ce 21 mai 2026 : “ce résultat envoie un message clair : la France attire, innove et continue de convaincre”, tout en restant réaliste. Décryptage de la rédaction du Baromètre EY de l’Attractivité de la France 2026, publié le 21 mai.
Méthodologie : Le Baromètre EY repose sur le recensement des projets d’investissements internationaux annoncés en 2025 dans 47 pays européens, complété par une enquête menée auprès de 200 dirigeants internationaux entre février et mars 2026. Il s’appuie sur des annonces d’implantation ou d’extension créatrices d’emplois, vérifiées par des contrôles qualité.

La France reste attractive en 2026 et limite la casse
Les 852 projets d’investissements issus de l’étranger sont une très bonne nouvelle pour la France et son attractivité. Pour Nicolas Forissier, “cette performance n’est pas le fruit du hasard : elle repose sur des choix structurants engagés depuis plusieurs années, qui ont durablement renforcé l’attractivité de notre pays et changé l’image de la France sur la scène internationale.”
Première destination des investissements étrangers en France, le pays limite la casse : 27 921 emplois générés en 2025, soit une baisse de seulement 4 %. C’est une résistance notable, mais qui masque une réalité plus fragile : 5 % des projets concentrent à eux seuls 50 % des créations d’emplois. Pour le dire autrement, des méga-investissements sauvent les statistiques.
Accélération inédite des tensions mondiales…2026, l’année où tout peut basculer ?
“Notre responsabilité collective est désormais de préserver et renforcer ces acquis afin de prolonger cette dynamique et continuer à faire de la France une terre d’investissement, de croissance et d’opportunités.” souligne le ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité. Il faut dire que le contexte mondial est plombé par les tensions géopolitiques et les guerres commerciales. Le ralentissement économique s’observe partout et l’Europe décroche sévèrement. Les IDE reculent de 7 % sur le continent, tandis que les créations d’emplois liées à ces investissements s’effondrent de 25 %. Donc oui, la France limite la casse.
🇫🇷 #ChooseFrance | Le Baromètre @EYFrance 2026 confirme une dynamique forte : pour la 7e année consécutive, la France demeure la première destination européenne des investissements étrangers ! pic.twitter.com/cD6U7FvrWy
— Nicolas Forissier (@N_Forissier) May 21, 2026
IA, énergie, défense, la nouvelle carte économique française
Ce que souligne le baromètre EY est flagrant : Il y a un essoufflement de la réindustrialisation et une chute du nombre d’usines implantées ou agrandies en 2025, de l’ordre de -15% par rapport à 2024. L’automobile ralentit, la chimie souffre et la métallurgie encaisse les coûts énergétiques.“Nous avons construit des leviers solides – pour l’innovation, l’industrie, les talents et la compétitivité – qui nous permettent aujourd’hui d’être au premier rang européen.” souligne Nicolas Forissier. Car oui, pendant que certaines industries historiques patinent, les nouveaux secteurs stratégiques prennent le relais. L’intelligence artificielle, les data centers, l’énergie bas-carbone et la défense avancent à grande vitesse.

La France a enregistré 53 projets liés à l’IA en 2025, dont 36 % concernent des data centers. La logistique et les logiciels poursuivent également leur montée en puissance. Selon les experts EY, le pays tente donc un virage stratégique en souhaitant devenir une plateforme technologique et énergétique européenne. “La France reste la première destination en Europe et enregistre de belles victoires dans l’IA, la logistique ou l’énergie, mais doit faire face à un marché plus contraint dans l’industrie, qui a besoin de visibilité" décrypte Marc Lhermitte, associé EY dans le communiqué du baromètre le 21 mai.
L’Île-de-France reste le principal aimant à capitaux étrangers avec 233 investissements internationaux en 2025. Puis c’est la région Auvergne-Rhône-Alpes avec 137 projets, le Grand Est avec 88 projets et la région Hauts-de-France avec 80 projets. Une preuve que l’attractivité française ne se limite plus uniquement à Paris, même si la centralisation reste écrasante.
La France a attiré les investissements étrangers en 2025 et l’emploi a suivi

Les investisseurs aiment la France…mais hésitent selon le Baromètre EY de l’Attractivité 2026
C’est probablement là que se situe le véritable enseignement du baromètre EY 2026. Sur le papier, la France conserve des atouts massifs : la taille du marché, la qualité des infrastructures, sa capacité à innover et l’accès à une énergie décarbonée. 38 % des dirigeants internationaux interrogés considèrent encore la France comme le pays le plus attractif d’Europe, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni (31 % chacun).
En mars 2026, seuls 57 % des dirigeants interrogés envisagent d’investir en France dans l’année à venir.
Mais au moment de passer à l’action, les hésitations arrivent. En mars 2026, seuls 57 % des dirigeants interrogés envisagent d’investir en France dans l’année à venir. Pourquoi ? Les mêmes critiques reviennent comme un disque rayé : un souci de compétitivité-coût, une lourdeur administrative, une instabilité réglementaire et un manque de lisibilité politique. La procédure alourdit la signature, si elle ne la dissuade pas.
l’Espagne, la Pologne et la Turquie montent en puissance
Le baromètre EY enseigne aussi qu’il y a un certain recul des investissements américains et allemands. Depuis 2022, leurs volumes ont été divisés par deux en Europe. Les politiques américaines privilégient les investissements domestiques. Et la concurrence en Europe est féroce : l’Espagne, la Pologne et la Turquie montent en puissance et captent de plus en plus d’investissements internationaux.
Le baromètre raconte finalement une histoire très française : la France peut douter d’elle-même, débattre de tout et râler en permanence… mais pour la septième année consécutive, elle reste la première destination européenne des investissements étrangers.
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