Le 1er janvier 2026, la Bulgarie deviendra le 21ᵉ pays à adopter l’euro. Une étape historique pour ce pays des Balkans, membre de l’Union européenne depuis 2007, mais aussi une source d’angoisse pour une partie de la population. Inflation, instabilité politique, corruption : pour beaucoup de Bulgares, le passage à la monnaie unique européenne intervient au pire moment.


Ce 1er janvier 2026, la Bulgarie abandonne sa monnaie nationale, le lev, au profit de la monnaie européenne. Le changement de monnaie intervient dans un contexte de forte instabilité politique. Le gouvernement bulgare a annoncé sa démission mi-décembre 2025, après de vastes manifestations dénonçant la corruption et la tentative de faire adopter en procédure accélérée le budget 2026. En cinq ans, le pays a connu huit élections législatives, sans parvenir à dégager une majorité stable.
La Bulgarie passe à l’euro le 1er janvier 2026
Une transition vers l’euro sous tension
Selon Boryana Dimitrova, directrice de l’institut de sondages Alpha Research, “tout problème lié à l’introduction de l’euro sera exploité politiquement”, dans une société marquée par une profonde défiance envers les institutions. D’après l’Eurobaromètre, près de la moitié des Bulgares se disent opposés à l’euro, une inquiétude particulièrement forte dans les zones rurales et parmi les ménages modestes.
« Ici, on parle des prix, pas de l’Europe »
Même parmi les étrangers installés de longue date, l’atmosphère est lourde. Une mère célibataire française, expatriée en Bulgarie, à Sofia depuis neuf ans, observe cette période avec appréhension : on sent une vraie tension. Les gens parlent surtout des prix, pas de l’Europe. Beaucoup ont peur que tout augmente d’un coup, alors que les salaires, eux, restent les mêmes. Personnellement, je redoute surtout les premiers mois, quand tout sera flou et que chacun essaiera de s’adapter.
En Bulgarie, chaque centime compte
Le souvenir de l’hyperinflation des années 1990 reste vif. Beaucoup redoutent les arrondis à la hausse, imperceptibles sur le moment mais lourds à la fin du mois. Pour ceux qui vivent avec des revenus limités (retraités, familles modestes, travailleurs précaires) chaque centime peut faire la différence à la fin du mois : Quand on vit avec un seul salaire et un enfant, la moindre hausse devient un stress permanent.

À l’approche du changement, certains habitants prévoient de retirer du liquide, d’autres d’attendre avant de consommer. Dans un pays encore très attaché au paiement en espèces, les perturbations annoncées lors du changement renforcent le sentiment d’incertitude.
Pour une partie de la population, l’euro ne symbolise pas une promesse d’avenir, mais une nouvelle épreuve à traverser. À l’aube de 2026, la Bulgarie s’apprête à changer de monnaie dans un climat de fatigue sociale, où l’espoir cède souvent la place à la peur du lendemain.
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