Jeudi 24 juin 2021
Copenhague
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Deux archéologues danois nous permettent de mieux connaitre Palmyre

Par Joëlle Borgida | Publié le 05/05/2021 à 18:10 | Mis à jour le 08/05/2021 à 18:00
Photo : ©creative-commons
statues trouvées à Palmyre

J’ai eu la chance, dans une vie d’avant, d’aller en Syrie et de visiter Palmyre. J’ai depuis un attachement particulier pour ce pays et ce peuple et c’est ainsi que je me précipite sur toutes les publications, écoute ou regarde toutes les émissions à ce sujet. Peu de temps après mon arrivée à Copenhague, je n’ai pu que me réjouir de pouvoir découvrir l’exposition "La route de Palmyre" que consacrait en 2019-2020 la Glyptothèque Ny Carlsberg à sa collection de portraits funéraires de la cité antique.

 

Il y a deux mille ans Palmyre était une oasis florissante au milieu d’un désert. Au carrefour des routes marchandes, Palmyre attirait, grâce à la présence de l’eau dans son sous-sol, les caravaniers venus de Mésopotamie, d’Inde ou de Chine.

Au IIIème siècle face à une Rome en déclin, Palmyre devient un centre de pouvoir, de culture et d’intelligence sur lequel règne Zenobie qui s’autoproclame alors reine.

La cité a été redécouverte par les Européens au XVIIème siècle et tout particulièrement ses nécropoles dont les murs sont ornés de visages d’hommes, de femmes et d’enfants des grandes familles de l’époque et qui témoignent de ce riche passé.

 

Les fouilles de l'archéologue danois Harald Ingholdt dans les années 20 : 

L’archéologue danois Harald Ingholdt (1896-1985) s'est rendu à Palmyre au début des années 1920 et en a rapporté plus de 140 pièces en plus de carnets de notes et de photos.

Il est à ce moment-là conservateur adjoint de la Glyptothèque Ny Carlsberg et a dirigé les fouilles dans la nécropole sud-ouest de Palmyre en 1924-1925. Il a été ensuite professeur d'archéologie à l'université américaine de Beyrouth de 1931 à 1938 où il fonde la revue Berytus et débute aussi les fouilles danoises de Hama situé également en Syrie. Il occupe ensuite le poste de maître de conférences à l'université de Aarhus en 1939-1940 puis il est nommé professeur d'études classiques à l'université de Yale aux Etats-Unis.

 

L'enquête menée par Rubina Raja sur les portraits funéraires sculptés des nécropoles de Palmyre : 

Tout récemment sur Arte, l'émission "les visages oubliés de Palmyre" présente les travaux de recherches  qu’effectue l’archéologue danoise Rubina Raja sur ces portraits funéraires sculptés. Depuis 2012, Rubina Raja mène un projet au long cours avec la collaboration de jeunes chercheurs de l’université d’Aarhus.  Ils sont partis des réserves de la glyptothèque et des précieuses observations de Ingholdt pour débuter leur jeu de piste afin de documenter et retracer les arbres généalogiques et le quotidien de ces Palmyréniens.

Rubina Raja n’a pas pu se rendre sur place suite au déclenchement du conflit syrien mais pour poursuivre son enquête elle a parcouru le monde entier pour retrouver les portraits funéraires éparpillés dans les musées et les collections privées : du musée Rodin à Paris à la villa Getty à Los Angeles.

Ce reportage est passionnant car il retrace l’histoire de cette cité antique et nous montre la façon de travailler et les découvertes de cette archéologue danoise. Cette exploration est éclairée par les témoignages de spécialistes du Proche-Orient.

 

Nous ne pouvons qu’être encore plus émus et attristés par les destructions délibérées commises par Daesch sur ce site en 2015.

 

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Joelle-

Joëlle Borgida

J’ai vécu dans huit pays ces vingt dernières années. Désormais installée à Copenhague, j'ai envie de partager mes découvertes danoises.
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