Le Cambodge a lancé un programme de trois ans doté de 4 millions de dollars pour réduire les émissions de méthane, de carbone noir et d’hydrofluorocarbures (HFC). Ces polluants proviennent notamment de l’agriculture, de la gestion des déchets, de l’énergie et des transports.


L’initiative, appelée Super Pollutant Accelerator Program, a été lancée le 19 octobre par le ministère de l’Environnement. Elle vise à traduire les politiques climatiques en mesures concrètes. Adopté lors de la 30ᵉ Conférence des Nations unies sur le climat (COP30), au Brésil, en 2025, le programme se déroulera de 2026 à 2028. Son financement est assuré par la Coalition pour le climat et l’air pur (CCAC).
Selon le ministre de l’Environnement Eang Sophalleth, ce lancement marque une étape dans les efforts du Cambodge face aux enjeux environnementaux. Le défi sera désormais de convertir les engagements en réductions d’émissions mesurables.
Méthane, carbone noir et HFC : les polluants ciblés
Le méthane est émis notamment par l’élevage, la riziculture, la décomposition des déchets organiques et la production de combustibles fossiles. Le carbone noir, composant de la suie issu d’une combustion incomplète, contribue à la pollution de l’air et au réchauffement. Les HFC, utilisés dans les systèmes de réfrigération et de climatisation, sont de puissants gaz à effet de serre.
La réduction de ces substances pourrait apporter des bénéfices au climat et à la santé publique. Au Cambodge, leur ampleur dépendra des sources ciblées, des mesures appliquées et de la qualité du suivi.
Selon Khvay Atitya, porte-parole du ministère de l’Environnement, le programme aidera le pays à concrétiser ses politiques climatiques, notamment sa troisième contribution déterminée au niveau national (NDC 3.0) et sa stratégie pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Soumise en août 2025 au titre de l’Accord de Paris, la NDC 3.0 prévoit des mesures de réduction des émissions et de renforcement de la résilience climatique.
Qualité de l’air et suivi des émissions au Cambodge
Pour Khvay Atitya, le programme renforcera la coopération entre les partenaires et les capacités techniques nécessaires au suivi des émissions. Ce travail permettra d’évaluer si les mesures entraînent des réductions réelles.
« Grâce au programme, le Cambodge aura davantage de possibilités de renforcer la coopération technique, de développer ses capacités et de mobiliser des financements afin de réduire plus efficacement les polluants puissants », a-t-il déclaré.
Pour Catalina Etcheverry, responsable de programme à la CCAC, l’initiative pourrait contribuer à la lutte contre la pollution de l’air et les effets du changement climatique. Elle a également évoqué la coopération avec le Cambodge pour élaborer le Plan pour un air pur.
L’impact durable du programme dépendra de la répartition des fonds, de la coordination des acteurs et du suivi des résultats jusqu’à son terme, en 2028. Ceux-ci pourraient aussi orienter les efforts à long terme du Cambodge pour réduire ses émissions et parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050.
Avec l'aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.
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