Des échanges de tirs ont eu lieu le 27 septembre à la frontière cambodgienne. Chaque camp accuse l’autre d’avoir rompu le cessez-le-feu, tandis que les civils fuient les zones à risque.


Le 27 septembre, le ministère cambodgien de la Défense a accusé l’armée thaïlandaise d’avoir ouvert le feu sur ses positions dans le secteur d’An Ses, province de Preah Vihear. Selon la porte-parole Maly Socheata, les tirs ont commencé à 11 h 52 et impliquaient mortiers et armes légères.
« Les forces armées cambodgiennes continuent de suivre la situation avec la plus grande vigilance et sont pleinement prêtes à défendre l’intégrité territoriale », a-t-elle indiqué dans un communiqué cité par Xinhua.
Les autorités locales de Preah Vihear ont précisé que les échanges de tirs ont duré environ trente minutes avant que le calme ne revienne. Le porte-parole provincial Kim Chanpanha a souligné que l’armée cambodgienne « n’a pas riposté ».
La version de Bangkok
Côté thaïlandais, le porte-parole de l’armée, le général Winthai Suwaree, a affirmé que les troupes cambodgiennes avaient ouvert le feu entre 12 h et 12 h 30 à Chong An Ma, dans la province d’Ubon Ratchathani.
Selon lui, les tirs auraient visé des positions thaïlandaises, ce qui aurait entraîné une réplique. Winthai Suwaree a déclaré sur le réseau X que « la force Suranaree a été placée en alerte et a reçu l’ordre de répondre proportionnellement à la situation ».
Il a ajouté que les provocations cambodgiennes pourraient avoir pour but de fournir des preuves à l’Interim Observer Team (IOT), montrant que la Thaïlande aurait violé les mesures de cessez-le-feu.
Population déplacée et inquiétudes locales
Selon CamboJA News, près de 300 familles ont rejoint entre le 24 et le 26 septembre les camps de déplacés le long de la frontière, craignant une reprise des affrontements. Après l’épisode du 27 septembre, des habitants de villages frontaliers ont de nouveau quitté leurs maisons.
Un cessez-le-feu déjà fragilisé
Ces affrontements surviennent malgré un accord signé le 28 juillet pour un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, suivi le 7 août d’un texte en 13 points encadrant strictement les mouvements de troupes, la protection des civils et l’interdiction de toute hostilité.
Dans l’attente du déploiement d’une équipe d’observateurs de l’ASEAN, un groupe intérimaire d’attachés de défense régionaux est chargé de surveiller le respect de ces engagements.
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