Le Cambodge rejette des accusations thaïlandaises d’attaque à la grenade près de Preah Vihear. Phnom Penh dénonce une désinformation et appelle à rectifier des informations jugées dangereuses.


Le 14 mai, le Cambodge a fermement rejeté des informations relayées par des médias thaïlandais affirmant que des soldats cambodgiens avaient lancé des grenades M79 contre des positions militaires thaïlandaises près de la frontière, dans la province de Preah Vihear.
Dans un communiqué publié le même jour, la porte-parole du ministère de la Défense nationale, la lieutenante-générale Maly Socheata, a qualifié ces allégations d’« entièrement infondées ».
Elle a également dénoncé une tentative délibérée de manipulation de l’information : « Le ministère considère ces publications comme une désinformation intentionnelle et une grave déformation des faits visant à semer la confusion, à induire l’opinion publique en erreur et à exacerber les tensions le long de la frontière ».
Selon elle, ces accusations portent atteinte à la réputation des Forces armées royales cambodgiennes (RCAF) et risquent de compromettre la sécurité et la stabilité dans la zone frontalière.
Demande de rectification et protestation officielle
Face à cette situation, Phnom Penh exige une réaction rapide des médias concernés. « Nous demandons aux organes de presse impliqués de publier immédiatement une rectification officielle », a insisté Maly Socheata.
Elle a précisé que le poste de commandement de l’information du ministère de la Défense avait déjà adressé une lettre de protestation officielle au Centre conjoint d’information thaïlandais (JIC).
Incident signalé lors d’une mission de l’ASEAN
La porte-parole a également évoqué des rapports en provenance du terrain concernant la première mission de l’équipe d’observation de l’ASEAN (HOM AOT), menée dans le cadre de la présidence philippine de l’organisation.
Cette mission vise à surveiller et vérifier la situation autour du site du temple de Preah Vihear, classé au patrimoine mondial.
Selon ces informations, des forces thaïlandaises auraient fait exploser trois engins non explosés sans en informer préalablement la partie cambodgienne.
« En réponse à cette violation du protocole, l’équipe de liaison de la région militaire 4 a immédiatement contacté ses homologues thaïlandais et déposé une protestation formelle concernant ces détonations non annoncées », a indiqué Socheata.
Appel à la responsabilité des autorités et des médias
La responsable cambodgienne a appelé les autorités et les médias thaïlandais à mettre fin à la diffusion d’informations trompeuses et à respecter les accords bilatéraux en vigueur.
« Ce n’est qu’à travers une telle honnêteté que nous pourrons garantir un retour rapide à la normale et restaurer la paix, la stabilité et la sécurité à long terme le long de la frontière », a-t-elle déclaré.
Un contexte de tensions alimenté par des accusations répétées
Cette prise de position intervient quelques heures après la publication d’articles dans des médias thaïlandais accusant les forces cambodgiennes d’avoir mené une attaque à la grenade. Le média Khaosod a notamment rapporté que le ministre thaïlandais de la Défense avait ordonné aux forces de sécurité de maintenir leurs positions à la frontière.
Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes. Peu auparavant, des médias thaïlandais avaient déjà affirmé que des soldats cambodgiens avaient tiré onze coups de feu près du poste-frontière international d’O’Smach, une accusation également rapidement démentie par Phnom Penh.
Rédigé par : Sao Phal Niseiy
Avec l'aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.
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