Édition internationale

Temples à la frontière : le Cambodge rejette une décision thaïlandaise

Phnom Penh dénonce l’inscription par la Thaïlande de temples frontaliers comme monuments nationaux. Une décision jugée illégale qui ravive les tensions sur la souveraineté.

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Prasat Ta Muan Thom photo : Ddalbiez CC BY-SA 3.0

Le ministère cambodgien de la Culture et des Beaux-Arts a vivement réagi à l’inscription par la Thaïlande des temples de Ta Moan, Ta Krabei et K’nar dans son registre national des monuments anciens. Phnom Penh qualifie cette démarche d’illégale et d’« apparence juridique artificielle ».

Cette protestation fait suite à des informations relayées par des médias thaïlandais, selon lesquelles le Département des Beaux-Arts de Thaïlande a ajouté plusieurs sites historiques, dont ces trois temples situés le long de la frontière entre les deux pays, à la liste des sites protégés dans la province de Surin.

« Cette action unilatérale est illégale, nulle et sans effet juridique », a déclaré le ministère. « Une telle inscription est totalement infondée et ne peut en aucun cas servir de preuve de souveraineté territoriale ni d’instrument de délimitation des frontières. »

Un cadre juridique thaïlandais invoqué

La déclaration du Département des Beaux-Arts de Thaïlande s’appuie sur une loi de 1961 relative aux monuments anciens, aux antiquités, aux objets d’art et aux musées nationaux, amendée en 1992.

Ce texte définit les monuments anciens comme des biens immeubles présentant un intérêt artistique, historique ou archéologique, incluant les sites archéologiques, historiques et les parcs historiques.

Des accusations de tentative d’appropriation culturelle

Le ministère cambodgien estime que la Thaïlande cherche à revendiquer une propriété juridique artificielle sur des sites culturels situés sur le territoire du Cambodge. Une démarche qui, selon Phnom Penh, porte atteinte à l’intégrité territoriale du pays et fragilise les relations bilatérales.

Pour Les autorités cambodgiennes les différends liés à la souveraineté doivent être réglés conformément au droit international, notamment sur la base du traité franco-siamois de 1907, du protocole d’accord de 2000, des termes de référence de 2003 et du mandat de la Commission mixte de délimitation des frontières.

« Nous appelons le gouvernement royal thaïlandais à retirer immédiatement cette inscription illégale et à s’abstenir de toute action unilatérale qui compromet les efforts du Cambodge en faveur d’un règlement pacifique par le biais d’un mécanisme bilatéral », a ajouté le ministère.

La Thaïlande occupe une partie di territoire cambodgien depuis la fin du second cycle d’affrontements armés en décembre dernier.

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