Portées par l’ASEAN, les exportations de riz cambodgien progressent fortement, mais la baisse des prix et la recomposition de l’offre redessinent les équilibres du secteur.


Au premier trimestre 2026, le Cambodge a exporté 360 000 tonnes de riz usiné, soit une hausse de 75 % en glissement annuel, selon la Fédération cambodgienne du riz. La valeur de ces exportations atteint 208 millions de dollars, en progression de 29,3 %.
Cette croissance plus rapide en volume qu’en valeur s’explique par une baisse des prix du riz à la tonne, estimée à 16 %. Cette évolution intervient dans un contexte de surproduction régionale en Asie du Sud-Est.
Une recomposition de l’offre rizicole
La structure des exportations évolue sensiblement. Le riz aromatique, historiquement dominant, ne représente plus que 60 % des volumes de riz usiné exportés, contre 81 % au premier trimestre 2025.
Cette baisse s’accompagne d’une montée en puissance du riz blanc et des brisures de riz, davantage recherchés par certains marchés, notamment au sein de l’ASEAN.
L’ASEAN, premier débouché en forte expansion
L’ASEAN s’impose désormais comme le principal marché pour le riz cambodgien, absorbant 40 % des exportations, avec une progression spectaculaire de 317 % sur un an.
Cette dynamique est soutenue par des accords bilatéraux, notamment avec les Philippines et la Malaisie. Ces pays ont réorienté leurs approvisionnements après l’interdiction des exportations de riz par l’Inde, en vigueur de mi-2023 à fin 2025.
Des marchés différenciés en valeur
Malgré la percée de l’ASEAN, les marchés les plus rémunérateurs restent l’Europe et la Chine. L’Union européenne représente 27 % des exportations (en recul de 8 %) avec un prix moyen de 695 dollars la tonne, tandis que la Chine en capte 25 % (en hausse de 136 %) à 632 dollars la tonne.
À l’inverse, les exportations vers l’ASEAN se négocient à un prix nettement inférieur, autour de 387 dollars la tonne.
Recul des exportations de paddy
Les exportations de riz non décortiqué (paddy) ont atteint 2 millions de tonnes au premier trimestre 2026, en baisse de 18 % sur un an.
Ce recul s’explique par une amélioration des capacités de transformation locale, ainsi que par une diminution de la demande vietnamienne.
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