Le 2 avril 2026, les autorités cambodgiennes ont officiellement interdit la production, la diffusion et la distribution de tout contenu jugé contraire à la culture, aux traditions, aux coutumes du pays, ainsi qu'à l'honneur et à la dignité des femmes cambodgiennes.


Cette mesure a été formalisée par une directive commune intitulée « Interdiction de produire, de diffuser et de partager des contenus portant atteinte à la culture nationale, aux traditions, aux coutumes, à l'honneur, à la dignité et aux valeurs des femmes cambodgiennes ». Elle a été signée conjointement par le ministère de l'Information, le ministère des Affaires féminines et le ministère de la Culture et des Beaux-Arts.
Le texte vise explicitement certains créateurs de contenu qui ont eu recours à un langage obscène, à des comportements contraires à la morale publique, ou encore à des images indécentes et érotiques mettant en scène des femmes, dans le but d'attirer des audiences ou de promouvoir des produits commerciaux.
« Ces agissements ont gravement porté atteinte à la culture, aux traditions et à la moralité sociale cambodgiennes », indique la directive. « La production, la diffusion et la distribution de ces contenus nuisent à l'honneur et à la dignité des femmes cambodgiennes, ainsi qu'à la belle culture, aux traditions et aux coutumes de la nation, préservées et transmises par nos ancêtres depuis des temps immémoriaux. »
Des sanctions et des orientations positives
Les autorités ont averti que tout contrevenant — qu'il s'agisse d'une personne physique ou d'une entité juridique — s'exposera à des poursuites judiciaires. La directive interdit par ailleurs explicitement l'utilisation du corps des femmes comme outil de génération d'audience ou de promotion commerciale.
En parallèle, les trois ministères ont appelé les créateurs de contenu à produire des œuvres éducatives et constructives, mettant en valeur les savoir-faire, les arts, la culture et les traditions khmères, contribuant ainsi "à l'édification d'une société instruite, éthique et civilisée, tout en promouvant l'égalité des genres."
On se souviendra qu'en septembre 2020, le Premier ministre de l'époque, Hun Sen, avait déjà tenté d'interdire le port de jupes jugées trop courtes — remontant à plus de la moitié des cuisses — ainsi que celui des crop tops, les considérant comme obscènes et contraires aux valeurs traditionnelles cambodgiennes. Le projet de texte prévoyait également d'interdire aux hommes de circuler torse nu.
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