Libération sous caution refusée pour les grévistes de NagaWorld

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 11/03/2022 à 18:14 | Mis à jour le 11/03/2022 à 11:53
Photo : Gerald Flynn / Cambodianess
Manifestation Nagaworld Gerald Flynn

Le 10 mars, la Cour d'appel de Phnom Penh a refusé la libération sous caution de huit syndicalistes et dirigeants du Syndicat des employés khmers de NagaWorld (LRSU), qui sont détenus.

 

Selon l'association de défense des droits Licadho, les huit personnes ont été renvoyées dans les centres correctionnels 1 et 2 de Phnom Penh, où elles sont en détention provisoire.

 

Les huit personnes ont été arrêtées en décembre et en janvier alors qu'elles participaient à une grève contre le casino NagaWorld. Il s'agit du leader syndical Chhim Sithar, du secrétaire syndical Chhim Sokhorn, des syndicalistes Hay Sopheap, Kleang Soben, Ry Sovandy, Sun Srey Pich et Touch Sereymeas, ainsi que de l'ancien syndicaliste Sok Narith.

 

Le 9 mars, une réunion de haut niveau entre les hauts responsables de la police, des tribunaux et des ministères a été organisée par le ministre de l'Intérieur Sar Kheng pour discuter du conflit, mais rien de concret n'en est encore sorti.

 

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme préoccupé

Michelle Bachelet, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, s'est dite préoccupée par l'utilisation par les autorités cambodgiennes des restrictions COVID-19 pour éroder davantage l'espace démocratique et civique, y compris comme prétexte pour briser une grève légale des travailleurs du casino.

 

S'exprimant lors de la 49ème session du Conseil des droits de l'homme le 9 mars, elle a déclaré que son bureau a été témoin de violences récentes de la part des autorités, qui ont forcé les femmes grévistes à monter dans des bus et à quitter le lieu de la grève. Contrairement aux mesures appliquées au grand public, les grévistes ont été détenus de manière arbitraire et contrainte de se soumettre à de multiples tests de dépistage du COVID-19.

Elle a déclaré : 

 

J'appelle les autorités à respecter le droit de réunion pacifique et à engager le dialogue pour répondre aux demandes légitimes des grévistes.

Les manifestations sont illégales

An Sokkhoeurn, ambassadeur et représentant permanent du Cambodge auprès des Nations Unies, a déclaré qu'il était faux d'affirmer que la grève des travailleurs du casino soit légale.

"Nous constatons avec une grande consternation que Madame le Haut Commissaire a été mal conseillée et sélective lorsqu'il s'agit de la situation au Cambodge", a-t-il déclaré.

Il a ajouté que le tribunal avait déclaré la grève illégale depuis décembre dernier. Les habitants s'étaient plaints d'être dérangés par cette manifestation illégale qui durait depuis un mois. Les autorités ont fait preuve de la plus grande retenue et se sont même mises en quatre pour plaider le respect des protocoles Covid-19.

Il a poursuivit : 

Au moins 130 manifestants avaient été testés positifs. Madame la Haut-Commissaire, une manifestation interdite qui perturbe l'ordre public et porte atteinte aux mesures de santé publique constitue-t-elle un exercice constitutionnel de l'assemblée pacifique ?

La  Licadho a indiqué que trois autres membres du syndicat - Choub Channath, Sao Sambath et Seng Vannarith - étaient également en détention provisoire après avoir été arrêtés en février pour entrave aux mesures d'application de la loi Covid-19 récemment adoptée.

 

Malgré ces arrestations, les membres du syndicat ont poursuivi leur grève pour demander à NagaWorld de respecter les droits du travail et de réintégrer les travailleurs indûment licenciés, alors même que le gouvernement a arrêté les dirigeants du syndicat, harcelé les grévistes et détenu plus de 100 grévistes dans des installations de quarantaine gouvernementales en vertu de la nouvelle loi Covid-19 au cours des derniers mois, a ajouté la Licadho.

 

À l'occasion de la Journée internationale des droits de la femme, le département d'État américain et l'ambassade d'Allemagne au Cambodge ont appelé toutes les parties au conflit à entamer des négociations pacifiques et à abandonner les poursuites contre les syndicalistes, pour la plupart des femmes.

 

Phoung Vantha

Lepetitjournal remercie Cambodianess.com de lui permettre de traduire cet article et de le rendre ainsi disponible au public francophone.

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Raphael Ferry

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