La mort de Sakor, seul éléphant mâle doté de défenses au zoo de Phnom Tamao, réduit à six le nombre de pachydermes pris en charge dans l’établissement cambodgien. Cette mort s’inscrit dans un contexte de crise dans la conservation de l’espèce. Le Cambodge ne compte plus que 71 éléphants domestiqués. Les défenseurs de l’environnement appellent à renforcer les efforts de protection et de reproduction.


La mort de Sakor au zoo de Phnom Tamao
Sakor est mort au zoo de Phnom Tamao, dans la province de Takeo, à l’âge de 34 ans. Selon le zoo, l’animal souffrait d’une grave maladie accompagnée d’un gonflement de l’abdomen.
« La mort est survenue malgré les efforts des vétérinaires. L’équipe procède actuellement à une autopsie afin de déterminer avec précision son état de santé et la cause de son décès », a indiqué le zoo.
La disparition de Sakor constitue la deuxième mort d’un éléphant au sein de l’établissement en moins d’un an, après celle de Lucky en août 2025.
« Nous sommes profondément attristés par cette perte. Nous remercions sincèrement les vétérinaires, les soigneurs et toutes les personnes mobilisées pour avoir pris soin de Sakor et veillé à son bien-être jusqu’à ses derniers instants », a déclaré l’équipe du zoo.
Un éléphant sauvé dans la province de Koh Kong
Originaire d’une province côtière, Sakor avait été aperçu pour la première fois dans le district de Botum Sakor. Il effrayait alors les habitants et s’attaquait à leurs plantations de canne à sucre après la destruction de son habitat forestier au profit de terres agricoles.
L’animal avait été secouru puis accueilli en 2012 au Centre de sauvetage de la faune sauvage, situé dans l’enceinte du zoo de Phnom Tamao.
Après la mort de Sakor et de Lucky, six éléphants seulement restent désormais pris en charge par l’équipe spécialisée de l’établissement.
Six éléphants encore pris en charge à Phnom Tamao
Le groupe compte notamment Chhouk, qui a perdu sa patte avant gauche après avoir été pris dans un piège alors qu’il errait seul dans la forêt, avant l’âge d’un an.
Pour en savoir plus : « Chhouk, l’éléphant cambodgien reçoit une nouvelle prothèse »
Il comprend également Jamran. Celle-ci avait été retrouvée après que des habitants lui eurent versé de l’acide de batterie sur la tête alors qu’elle s’attaquait à leurs cultures.
Champa, un mâle, et Romdoul, une femelle, ont été offerts au roi Norodom Sihamoni par le gouvernement laotien.
Le zoo accueille aussi deux éléphanteaux : Chanam, arrivé de la province de Mondulkiri, et Lomphat, le plus jeune, confié à l’établissement en janvier.
Les éléphants domestiqués se font de plus en plus rares au Cambodge
Le Cambodge ne compte plus que 71 éléphants domestiqués. Il s’agit du nombre le plus faible jamais enregistré dans le pays.
« Au Cambodge, les éléphants domestiqués se font rares »
Plus généralement, selon une étude de Fauna & Flaura en collaboration avec le ministère de l’Environnement cambodgien, les éléphants à l’état sauvage seraient estimés entre 400 et 600 individus. Ils doivent notamment faire face à la fragmentation de leurs habitats, causée par une profonde déforestation, mais aussi au braconnage. Ils sont aujourd’hui présents dans les régions montagneuses des Cardamomes, dans la province de Mondulkiri et dans celle de Ratanakiri.
Les éléphants occupent une place importante dans le patrimoine culturel et religieux du Cambodge. Leur présence se retrouve dans les récits traditionnels, les pratiques autochtones et les temples. La préservation de cet héritage dépend désormais du maintien d’une population devenue très réduite.
Meng Seavmey
Réécriture française : Le Petit Journal du Cambodge
Avec l’aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.
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