La hausse des prix s’accélère au Cambodge, portée par l’énergie et l’alimentation, sur fond de crise au Moyen-Orient et de recomposition des importations.


L’inflation au Cambodge a atteint 5,8 % en glissement annuel en avril 2026, marquant une nette accélération. Cette hausse est principalement portée par l’augmentation des coûts de transport (+9,7 % sur un an) et des produits alimentaires (+6,3 %).
Le rôle déterminant de la crise énergétique
À l’origine de cette poussée inflationniste figure la flambée des prix du carburant, liée à la guerre au Moyen-Orient. Cette situation a entraîné une augmentation de 70 % en un an de la valeur des importations cambodgiennes de gaz et de produits pétroliers raffinés.
Le Vietnam, qui représentait auparavant 31 % des approvisionnements du Royaume, a suspendu ses exportations afin de préserver ses besoins domestiques. Disposant de capacités de raffinage, le pays dépend lui-même à 70 % des importations de pétrole en provenance des pays du Golfe.
Une réorientation rapide des approvisionnements
Face à ce retrait, le Cambodge a dû diversifier en urgence ses sources d’approvisionnement pour éviter toute pénurie. Le pays s’est tourné vers d’autres fournisseurs, qu’il s’agisse de pays producteurs ou de plateformes de négoce.
Désormais, 90 % du carburant raffiné importé provient de Singapour, de la Malaisie et de Brunei, contre 42 % seulement un an auparavant.
Une dynamique encore incertaine
Malgré cette forte hausse, certains signaux suggèrent un ralentissement de la progression de l’inflation. Celle-ci s’établissait à 1,3 % en janvier 2026, puis à 5,6 % en mars, avant d’atteindre 5,8 % en avril.
L’évolution des prix reste toutefois étroitement liée à la situation géopolitique, en particulier à la durée du blocage du détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique pour les hydrocarbures.
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