Édition internationale

Fin d un accord maritime vieux de 25 ans entre le Cambodge et laThaïlande

La Thaïlande a mis fin le 5 mai 2026 à l’accord de coopération énergétique signé avec le Cambodge. Phnom Penh déplore une décision unilatérale et saisit les mécanismes internationaux pour régler le différend maritime.

 Fin d un accord maritime vieux de 25 ans entre le Cambodge et laThaïlande  Fin d un accord maritime vieux de 25 ans entre le Cambodge et laThaïlande
Le Golf de Thailande recèle des réserves pétrolières. Photo from Ministry of Mines and Energy

Le gouvernement thaïlandais a annoncé, mardi 5 mai 2026, la résiliation du protocole d’accord signé en 2001 avec le Cambodge, qui encadrait l’exploration conjointe de pétrole et de gaz dans le golfe de Thaïlande.

Ce texte, connu sous le nom de MoU 44, visait à organiser à la fois la coopération énergétique dans les zones maritimes revendiquées par les deux pays et des négociations parallèles sur la délimitation de leur frontière maritime. Malgré plus de deux décennies de discussions, aucun progrès significatif n’a été enregistré.

Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a justifié cette décision en affirmant que « cela fait 25 ans et il n’y a eu aucun progrès », précisant qu’elle s’inscrivait dans sa politique et non en réaction directe aux tensions frontalières récentes.

Un différend ancien aux enjeux énergétiques majeurs

Le différend maritime entre le Cambodge et la Thaïlande porte notamment sur des zones du golfe de Thaïlande susceptibles de contenir d’importantes réserves d’hydrocarbures.

L’accord de 2001 devait permettre de dépasser les désaccords de souveraineté en favorisant une exploitation conjointe des ressources. Son abandon ouvre une nouvelle phase d’incertitude, alors que les deux pays restent en désaccord sur la méthode à privilégier pour résoudre ce contentieux.

Un contexte marqué par des tensions militaires récentes

La décision de Bangkok intervient après deux épisodes de violences armées en 2025 le long de la frontière terrestre entre les deux pays, longue de plus de 800 kilomètres. Ces affrontements ont fait près de 150 morts et provoqué le déplacement de centaines de milliers de civils. Un cessez-le-feu est en vigueur depuis fin décembre 2025, mais chaque camp continue de rejeter la responsabilité des hostilités sur l’autre.

Si les autorités thaïlandaises affirment que la résiliation de l’accord n’est pas liée à ces événements, le contexte sécuritaire a contribué à durcir les positions politiques, notamment en Thaïlande où les questions de souveraineté restent sensibles.

Phnom Penh dénonce une décision unilatérale

Le gouvernement cambodgien a exprimé ses regrets face à cette décision. Le ministre des Affaires étrangères Prak Sokhonn a estimé que le Cambodge « n’a d’autre choix » que de recourir aux mécanismes prévus par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM).

Dans un communiqué, il souligne que cette démarche vise à garantir un règlement pacifique du différend, affirmant que « la décision du Cambodge de poursuivre une conciliation obligatoire […] réaffirme son engagement à résoudre les différends maritimes de manière pacifique et conformément au droit international ».

Vers un changement de cadre pour les négociations

Côté thaïlandais, les autorités assurent que le dialogue avec Phnom Penh doit se poursuivre. Le ministre des Affaires étrangères Sihasak Phuangketkeow a déclaré que cette décision visait à relancer les discussions dans un cadre renouvelé.

Il a précisé que « cela ne signifie pas l’abandon des négociations » et que cette évolution devait permettre aux deux parties de progresser vers une solution.

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