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ENTREPRENDRE - French is Good, osez l'Asie

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 19/04/2014 à 22:00 | Mis à jour le 21/04/2014 à 03:36

S'il est un aspect bénéfique de l'expatriation, c'est bien celui de prendre de la hauteur et de porter un nouveau regard sur le pays que nous avons quitté. Quelle image de la France subsiste-t-il à l'étranger et plus particulièrement en Asie ? Quels sont nos atouts, nos forces, nos faiblesses aussi ? Comment fonctionnent ceux qui ont créé leurs activités là-bas ou encore les entreprises françaises qui veulent s'y développer ? Autant de questions que l'entrepreneur souhaitant profiter de l'extraordinaire activité de l'Asie du Sud Est doit se poser afin de se positionner et se différencier sur les marchés locaux.

Bien entendu la France jouit en Asie encore plus qu'ailleurs d'une vive sympathie. Elle est synonyme de bon goût, d'élégance, de luxe, le must have. La perception de notre pays est sur ce continent rattachée au romantisme, au glamour, à des bribes d'histoire (Louis XIV, Les droits de l'homme, Napoléon, les années Folles...). Les souvenirs encore proches de la présence coloniale française en Indochine contribuent encore à cette perception. Les difficultés que notre économie traverse depuis quelques années, nos enjeux politiques tout comme les problèmes européens sont très loin et ne sont pas ou peu abordés dans les médias locaux. Cette distanciation nous est salutaire. Alors comment préserver cette marque de sympathie et la transformer en atout compétitif ? Le « French Friendly » peut être un véritable cheval de Troie pour nos entreprises tous secteurs confondus. Il s'agit d'avancer sous une même bannière afin de passer de l'attrait pour notre pays à l'attrait pour nos entreprises.

Cette distanciation nous est salutaire

J'entends souvent dire ici que les entreprises françaises ne sont pas assez agressives commercialement, que les coréens, chinois, japonais mais également américains, allemands, anglais nous taillent des croupières sur tous les marchés en Asie du Sud-Est. On cite alors le modèle anglo-saxon en exergue, justifiant sa rationalité, son sens du business et le monopole linguistique de l'anglais dans les affaires.

Et s'il y avait un business à la française différenciant, pertinent et plus subtil qu'en apparence ? Deux mille ans d'histoire, de culture, d'inventions, de diplomatie, d'échanges internationaux ne nous auraient-ils pas donné les moyens de faire face à la diversité et aux exigences et complexité du commerce international ? Alors que L'OIF(1) gère 60 % des crises mondiales au sein de L'ONU, comment pouvons-nous encore douter de la pertinence de notre rhétorique et de notre capacité à intégrer et comprendre des enjeux extranationaux ? La qualité relationnelle étant la clé de voute pour qui veut faire du business.

Au Cambodge, Jean Benoit Lasselin, styliste et fondateur de ColorBlind(2), une marque de costume et vêtements haut de gamme, assume totalement sa différence française et sait que dans ce secteur notamment, c'est un atout de poids. Il ne s'agit pas alors uniquement d'avoir un nom francophone, de parler anglais avec un accent « so french ». Non, cela va de la qualité de l'accueil de ses clients au conseil personnalisé, justifié, en passant par un showroom valorisant, soigné et un service impeccable avant, pendant et après la vente.
Si les restaurants du groupe Thalias(3) dirigé par Arnaud Darc ne désemplissent pas, ce n'est pas seulement pour la carte, mais pour toutes les attentions et détails qui font que le nom de son groupe est devenu une référence du luxe pour le tout Phnom Penh et pays limitrophes.
Dans le secteur de la distribution, Bruno Dubigeon et Thomas Herbaut ont su développer avec leur enseigne Kiwi Mart(4), des commerces de proximité compétitifs et proposant une très large variété de gamme. Tant le choix des produits que le merchandising et l'adaptation à l'écosystème direct de chaque point de vente font la différence.
Ces quelques exemples ne sont qu'une infime illustration de l'art de faire du business, qui vient se superposer à l'art de vivre à la française où la créativité côtoie le souci du détail, l'attention constante et la capacité à réagir en fonction. La légèreté que l'on nous reproche n'est que d'apparat et nous permet in fine de nous adapter à toutes les situations et tous les contextes.

Alors que les débats se multiplient, à juste titre d'ailleurs sur le Made, Design, Think, Concept In France, il nous semblait également pertinent de nous intéresser au Sell out France! Et c'est bien parce que nous sommes convaincus qu'il y a une réelle puissance à assumer et valoriser l'identité française de nos entreprises et produits que nous avons créé le label FRENCH IS GOOD®. C'est parce que nous sommes sur place et que nous connaissons de mieux en mieux la zone dans sa diversité que nous avons lancé French Is Good®, voulant ainsi répondre à la problématique : « Comment développer mon entreprise, ma marque, mes créations sur un marché que je ne connais que peu, en étant bien souvent à distance, avec un investissement ciblé et raisonné ».

Plus qu'un label, French Is Good est un site Internet qui diffuse de l'actualité sur les entreprises, marques et créateurs français en Asie, des événements publics festifs ainsi qu'un Club B2B pour faciliter, développer et accélérer l'implantation économique française sur la zone ASEAN + Japon.

Notre réussite sur ces marchés émergés passera par le décloisonnement, l'échange et la mise en avant de notre différence. En Asie, les entreprises françaises et les entrepreneurs français se doivent d'être exemplaires et irréprochables, non par devoir patriotique, mais parce que c'est là que nous sommes attendus et que nous excellons. Loin des turpitudes de notre beau pays, French is so Good !

(1) Organisation Internationale de la Francophonie
(2) www.colorblind.asia
(3) www.topaz-restaurant.com
(4) www.facebook.com/KiwiMart

Erwan LE VERGER - www.lepetitjournal.com/Cambodge - Lundi 21 avril 2014

Erwan Le Verger est correspondant MEDEF Paris au Cambodge. Co-fondateur et président de la SAS MC Consulting, société française ayant deux bureaux représentatifs, un à Tokyo, l'autre à Phnom Penh. MCC accompagne des entreprises françaises sur les marchés de l'ASEAN et du Japon pour des actions allant de la stratégie marketing à la commercialisation.

 

 

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