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Au Cambodge on prie pour la pluie et pour la paix

Près de Phnom Penh, des centaines de Cambodgiens ont participé au festival traditionnel Pring Ka-Ek. Ce rituel ancestral dédié à la pluie s’accompagne cette année d’appels à la paix sur fond de tensions avec la Thaïlande.

Pring Ka-EkPring Ka-Ek
Photo Xinhua

Dans le village de Phum Boeung, en périphérie de Phnom Penh, plusieurs centaines d’habitants se sont rassemblés jeudi 21 mai 2026 pour célébrer le festival Pring Ka-Ek, une tradition transmise de génération en génération.

Vêtus de jupes faites de feuilles et le visage peint de couleurs vives, les participants ont défilé dans les rues du village au rythme de la musique traditionnelle. Certains, notamment des enfants, ont recouvert leur corps de noir à l’aide de résidus de charbon, s’inspirant de figures issues du folklore local.

La procession s’est dirigée vers le sanctuaire dédié à l’esprit protecteur Pring Ka-Ek, où les villageois ont déposé des offrandes – fruits, plats cuisinés ou boissons – et allumé des bâtons d’encens.

Des prières pour la pluie et les récoltes

Au cœur de cette célébration figure une demande essentielle pour les communautés rurales cambodgiennes : la pluie. Dans un pays où une grande partie de la population dépend de l’agriculture, les précipitations conditionnent directement les récoltes.

Ce rituel vise ainsi à solliciter la bienveillance de l’esprit ancestral pour garantir de bonnes conditions climatiques et assurer la subsistance des habitants.

Des inquiétudes liées aux tensions avec la Thaïlande

Cette année, les prières prennent également une dimension politique. Les tensions persistantes avec la Thaïlande suscitent des inquiétudes au sein de la population. Dans ce contexte, certains participants ont exprimé leurs préoccupations. « J’ai demandé à l’esprit  de veiller à ce que notre Cambodge n’entre pas en guerre avec la Thaïlande voisine », a confié à l’AFP Ath Srey Oun, 22 ans.

De son côté, Tum Vannak, 24 ans, a expliqué prier pour la sécurité des soldats : « Nous ne voulons plus de guerre. Nous voulons que cela cesse. Nous prions l’esprit gardien Pring Ka-Ek pour que nos troupes en première ligne restent en sécurité ».

 

Pring Ka-Ek
Photo Xinhua

 

Une tradition ancrée dans le présent

Si le festival Pring Ka-Ek reste profondément ancré dans les croyances et les pratiques culturelles khmères, il reflète aussi les préoccupations contemporaines de la population. Pour les organisateurs, cette célébration conserve tout son sens. « Les guerres n’apportent jamais rien de bon, seulement destruction et séparations », a rappelé Sean Theam.

Le festival illustre ainsi la manière dont les traditions cambodgiennes continuent d’évoluer, tout en restant un point d’ancrage pour les communautés locales.

On peut aussi y voir l’expression d’une tentative de l'humain de reprendre un peu de pouvoir sur des éléments qui le dépassent. Et si les esprits pouvaient finalement faire venir la pluie, pourquoi ne pourraient-ils pas instaurer la paix entre le Cambodge et la Thaïlande ? Dès lors, pourquoi se limiter ?

Ne peut-on pas leur demander la paix entre les États-Unis et l’Iran, l’arrêt de la colonisation de la Palestine par Israël, l’éradication de la faim dans le monde, de vaincre le cancer et, pourquoi pas, une véritable égalité entre les femmes et les hommes… Les sujets ne manquent pas, hélas.

Et, au moins, nous repartirons chez nous avec le sentiment d’avoir fait ce que nous avons pu pour améliorer ce monde.

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