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Un médicament interdit pour protéger les vautours du Cambodge

Par Pierre Motin | Publié le 31/07/2019 à 20:00 | Mis à jour le 01/08/2019 à 05:46
Photo : Des vauteurs en train de manger la carcasse d'un buffle. Crédits : BirdLife International
cambodge vautours diclofénac

Le Cambodge a interdit le 15 juillet l’importation, la vente et l’utilisation vétérinaire du diclofénac, un anti-inflammatoire mortel pour les vautours du Cambodge, menacés d’extinction.

Le gouvernement cambodgien a interdit le 15 juillet l’importation, la vente et l’utilisation vétérinaire du diclofénac au Cambodge afin de sauvegarder la population de vautours cambodgiens menacée d’extinction. « Le diclofénac est inoffensif pour le bétail, mais il cause la mort des vautours qui se nourrissent des carcasses d’animaux qui ont été soignés avec ce médicament », explique Julia Stenkat, vétérinaire pour l’Angkor Centre for Conservation of Biodiversity.

Cette mesure a pour objectif de réduire les risques d’empoisonnement, qui constitue la principale cause de décès de ces rapaces nécrophages. Néanmoins, le risque d’empoisonnement aux pesticides comme le carbofuran menace toujours la population de vautours cambodgiens, qui a diminué de 50% selon le Cambodia Vulture Working Group (CVWG), qui regroupe plusieurs ONG. On estime aujourd’hui qu’il reste 120 vautours au Cambodge.

En Inde la population de vautours, autrefois la plus importante au monde, a subi un déclin de 99% en raison de l’utilisation vétérinaire du diclofénac sur le bétail. Cette quasi-disparition des vautours indiens a indirectement été la cause d’une épidémie de rage, les carcasses d’animaux morts n’étant plus mangées par les vautours, ce qui a mené à une augmentation de nombre des chiens errants, qui constituent le principal vecteur de la rage. Le diclofénac ayant désormais été interdit et remplacé par un traitement inoffensif pour les rapaces, le nombre de vautours présents en Inde commence à augmenter de nouveau.

Du diclofénac a été trouvé à la vente au Cambodge pour la première fois en 2018 par le CVWG, qui a immédiatement alerté les autorités et demandé une interdiction de cet anti-inflammatoire.

« Le ministère de l’agriculture, des forêts et de la pêche reconnaît l’impact potentiel d’une interdiction du diclofénac sur la population de vautours du royaume et les conséquences que leur disparition pourrait avoir sur la santé humaine. Le ministère est heureux d’avoir travaillé avec le CVWG pour mettre en place cette interdiction », a indiqué Nou Vonika, directeur du département de la santé animale et de la santé publique vétérinaire.

« L’interdiction du diclofénac est une étape importante pour prévenir l’extinction des vautours du Cambodge », s’est félicité Teak Seng, directeur pays du WWF au Cambodge.

« Désormais, le défi est de s’assurer que les autorités provinciales soient au courant de l’interdiction et bénéficient de l’aide du CVWG pour l’appliquer, confie Ny Naiky, coordinatrice de BirdLife International au Cambodge. Cette mesure est une bonne nouvelle, mais ne permettra pas de prévenir le déclin actuel de la population. L’empoisonnement des vautours par des produits comme le carbofuran, un pesticide mortel, constitue aussi un défi majeur, comme la perte d’habitat et l’alimentation des rapaces. » BirdLife travaille avec les départements provinciaux de l’agriculture, des forêts et de la pêche de Stung Treng, une région importante pour les vautours, afin de contrôler la vente et l’utilisation des pesticides et herbicides.

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Pierre Motin

Rédacteur en chef Lepetitjournal.com Cambodge (juillet 2018 - juin 2020)
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