Un officier de police français, est venu à Siem Reap du 21 au 27 mai pour former une trentaine de gendarmes cambodgiens titulaires de la qualification d'OPJ (officier de police judiciaire) aux techniques d'auditions des mineurs victimes d'agression sexuelle.

Or le crime sexuel contre des enfants, de par la nature même de la victime, nécessite l'emploi de techniques spécifiques d'auditions. Sans preuves physiques ou matérielles, c'est souvent la parole de l'enfant qui se retrouve au coeur de l'investigation judiciaire. Il faut savoir la recueillir pour caractériser l'infraction et disposer du maximum d'informations pour identifier l'auteur des faits. Il s'agit aussi de préserver l'enfant lors de l'interrogatoire et de ne pas rajouter un autre traumatisme à celui qu'il a déjà subi.
Or un accord de coopération existe depuis 1994 entre la gendarmerie nationale et la gendarmerie royale khmère. C'est dans ce cadre qu'un officier de police de la brigade des mineurs et de protection de la famille de la sûreté départementale du Calvados, le commandant de police Laurent Houssier est venu au Cambodge du 21 au 27 mai 2017 afin de former 30 officiers de la GRK aux techniques d'auditions de mineurs victimes de violences et notamment d'atteintes sexuelles.
Le stage a alterné les connaissances théoriques relatives à la psychologie infantile et les techniques particulières pour recueillir le témoignage d'un mineur victime de violence avec des phases pratiques où les stagiaires ont pu mettre en application leur savoir-faire fraîchement acquis par des jeux de rôle.
Outre l'échange d'expérience professionnelle et de compétence, l'enjeu de cette formation est de permettre aux gendarmes cambodgiens de faire face aux affaires de violences sur mineurs dans les meilleures conditions possibles afin de pouvoir conduire les enquêtes à leur terme.
Depuis 2014 ce sont 52 officiers de la GRK, dont 12 officiers féminins, qui ont été formés en matière d'audition de mineurs victimes. Le nombre de femmes dans les forces armées royales khmères (FARK) est assez faible. Les femmes sont souvent cantonnées dans des tâches annexes. Dans ce cas précis, elles sont officiers, titulaires de la qualification d'OPJ et donc enquêteurs à part entière. De plus, dans une société traditionnelle, et en l'absence de psychologues lors des auditions (c'est une obligation en France), il est important d'avoir des femmes pour mener ce type d'auditions. L'objectif est de ne pas créer un autre traumatisme en interrogeant les victimes qui doivent se remémorer et décrire des faits de violences ou d'atteintes sexuelles qu'elles ont subies.
Cette formation s'inscrit dans une volonté de décentraliser les stages en province pour que ce ne soit pas seulement les gendarmes de la capitale qui bénéficient de formations techniques. Des gendarmes mieux formés et mieux entrainés sont plus efficaces et plus compétents dans leur travail quotidien de sécurité publique ce qui accroit la confiance de la population pour ses forces de sécurité. Aujourd'hui, lundi 12 juin une autre formation commence à Banlung dans le Ratanakiri.
Raphaël Ferry (www.lepetitjournal.com/cambodge) lundi 12 juin 2017



















