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MUSIQUE – ANTI-Fate, du punk-rock made in Cambodge

Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Si en occident le punk rock est né en 1977, il aura fallu attendre 2011 pour qu'il arrive finalement jusqu'au Cambodge. Mais l'attente en vaut la peine car aujourd'hui émergent les premiers groupes de la contre-culture rock, à commencer par ANTI-Fate. Lepetitjournal Cambodge les a rencontrés. Ils nous racontent l'origine de leur son

ANTI-Fate au festival Down by the Waterline au Titanic Club en décembre 2011 (crédit: Matthieu Le veux)

Le rock était bel et bien présent au Royaume depuis ses débuts mais il n'aura pu évoluer aussi rapidement que dans le reste du monde. En 1975, les Khmers Rouges entrent à Phnom Penh. En 1977, les premiers groupes de punk font leur apparition, leur révolution, dans les rues de Londres d'abord, puis dans l'Europe toute entière et bientôt jusqu'aux Etats-Unis. Mais les vinyles ne parviennent alors plus jusqu'au Cambodge où les musiciens sont réprimés et où la contre-culture n'a plus aucune chance de résister. Pourtant, 20 ans après la signature des accords de Paris et après quelques années d'ouverture à la scène musicale internationale, une bande d'adolescents décide de s'emparer de guitares pour faire naître ANTI-Fate, un mélange de punk californien et de pop-rock made in Phnom Penh.

En janvier 2011, à l'initiative de Chhuth Sen Prapey alias Propey, chanteur principal et guitariste du groupe, ANTI-Fate commence ses premières répétitions. Il n'y a alors que trois membres : le chanteur Propey, Kong Thavin alias Vin le bassiste et Tun Sovandy alias Jino le batteur. Mais peu de temps après, ils sont rejoints par un quatrième membre : Tep Udom alias Dom, le guitariste principal.

ANTI-Fate au premier anniversaire de l'association Cambo Headbanger dont le groupe fait partie (crédit; Matthieu Le veux)

A l'époque, les jeunes rockeurs ne savent pas encore exactement ce que leur collaboration donnera. Une seule chose est sûre : ce sera du punk. "Le punk et la pop-punk nous permettent d'exprimer ce que nous sommes. Ils nous permettent de le crier au monde" explique Propey. Il ajoute : "La musique nous permet de parler de nous, de ce que nous sommes réellement, et de ce qui constitue nos vies : notre quotidien, nos amis et nos amours."

Influencés par la scène américaine des années 1990 et 2000 avec des groupes tels que Simple Plan, Greenday, Blink 182, Sum 41, et Bowling for Soup pour ne citer que leurs musiciens favoris, ils le sont d'autant plus par les artistes qui ont bercés leur enfance. "Nous sommes accros au punk nouvelle génération mais la musique de la vie, c'est ce qui a été composé par les artistes khmers dans les années 1960 et 1970. Voilà ce qui apporte joie et sourire aux gens".

Faire la différence

ANTI-Fate au premier anniversaire de l'association Cambo Headbanger dont le groupe fait partie (crédit; Matthieu Le veux)

Ils sont fiers de leurs origines, fiers de leurs influences et conscients d'être la première génération de musiciens à pouvoir s'exprimer aussi librement. "Nos familles ont toujours écouté beaucoup de musique et par conséquent, nous aussi, mais jamais autant que maintenant. Nous sommes réellement investis dans ce que nous faisons". Pourtant, ils ont commencé la musique il y a seulement quelques années. Chacun a entre trois et cinq ans d'expérience musicale. Ils apprennent principalement les uns des autres, de leurs proches, de leurs amis, "de youtube ou par nous-même, à l'oreille."

"Changement", un mot qui revient régulièrement au cours de la discussion comme au cours de leurs chansons. Importer un son venu d'ailleurs ne les intéresse pas. Ils veulent créer un son nouveau, faire la différence, créer ce changement : "Nous voulons montrer à notre peuple qu'en tant que Khmers, nous pourrions faire les choses par nous-même au lieu de copier la musique venue de l'étranger. Alors, pourquoi ne pas travailler ensemble à apporter de la grande musique, comme dans les années 1960 et 1970?" Utopie ou réalité, ce qui est sûr, c'est que ce n'est que le début.

Emilie TÔN (www.lepetitjournal.com/cambodge) Mercredi 4 janvier 2012

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Publié le 4 janvier 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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