COUPLE FRANCO-ROUMAIN - Emilia et Thibault

Par Grégory Rateau | Publié le 06/06/2022 à 00:00 | Mis à jour le 06/06/2022 à 00:00
couple franco-roumain Emilia et Thibault

Cette semaine notre rédaction est allée à la rencontre d'un jeune couple franco-roumain, Emilia, Roumaine, vivant en France et Thibault, un Français sur le point de venir travailler en Roumanie. Ces deux-là ont vécu de longues années à distance, d'un bout à l'autre de la France, avant de choisir la Roumanie pour construire enfin une vie à deux, au quotidien.

 

La Roumanie est un très beau pays qui mérite d'être découvert si on oublie tous les clichés.

 

Grégory Rateau: Pouvez-vous nous présenter brièvement votre parcours?

 Emilia: J'ai 25 ans et suis originaire de Galați. J'ai une Licence en Économie obtenue à Iași et suis en cours d’obtention d’un Master en Ecole de Commerce (Contrôle de gestion) en alternance. Je travaille pour un grand groupe français du secteur du BTP. 

Thibault: J’ai grandi avec mes parents à l’autre bout de la France par rapport à ma famille, puis mes études supérieures m’ont fait bouger dans différentes régions du pays. J’ai réalisé toutes mes études en alternance à travers différentes entreprises, mais toujours dans le secteur auto/moto. Suite à l’obtention d’un Master en Ecole de Commerce, j’ai suivi ma passion en allant travailler dans le sport automobile. Aujourd’hui, à 27 ans, j’ai choisi de saisir une nouvelle opportunité professionnelle et d'aller vivre à l’étranger, c’est un projet que j’avais en tête depuis plus de 10 ans.

 

Parlez-nous de votre première rencontre ?

Thibault: Nous nous sommes rencontrés durant les 6 mois d’Erasmus d’Emilia, lorsqu’elle est venue étudier en France. Elle avait 20 ans et moi 22, elle était très timide et ne maîtrisait pas parfaitement le français comme aujourd’hui. Nous avons eu quelques incompréhensions dûes à la langue, mais j’étais tombé sous le charme.

 

Qu’est-ce qui vous a plu chez l’autre ?

Emilia: Son physique, le fait d'être toujours souriant et sa voix. Je l'ai considéré dès le début comme un exemple à suivre, et je serai toujours reconnaissante du fait qu'il soit apparu dans ma vie. 

Thibault: Sa beauté venue de l’Est, son accent et sa timidité !

 

Emilia comment s'est passée votre intégration en France ?

Emilia: L'intégration a été assez difficile parce que je ne m'attendais pas à autant de problèmes administratifs. La France est un pays administrativement lourd (même pour un Français) mais à force on y arrive toujours. J'ai eu la chance d'avoir l'aide de Thibault pour toutes ces démarches. Au tout début, quand je suis arrivée en France je n'arrivais pas à suivre les cours à l’Ecole car je trouvais que les Français parlaient trop vite. Jour après jour, et surtout en pratiquant avec Thibault, j'ai réussi à être bilingue. 

 

Votre relation a commencé à distance, des appréhensions pour votre nouvelle installation en Roumanie et votre vie à deux ?

Emilia: J'ai trop hâte que nous habitions enfin ensemble. Nous avons habité ensemble seulement pendant le premier confinement et je trouve que notre lien s'est bien soudé. J'ai hâte aussi de lui faire découvrir plus en profondeur ma culture, ma langue et mon pays. La Roumanie est un très beau pays qui mérite d'être découvert si on oublie tous les clichés.

Thibault: Non, au contraire, juste de l’impatience de pouvoir enfin mener cette vie à deux que nous attendons depuis plus de 5 ans. Après son Erasmus et son retour en Roumanie, nous ne devions être séparés qu’une année avant de se retrouver. Mais quelques péripéties dans ses études en Roumanie en auront décidé autrement. Finalement notre relation à distance entre la France et la Roumanie aura duré 2 ans et demi. Une parenthèse de 6 mois de vie commune en France a été interrompue par la suite des études d’Emilia, qui a quitté la petite ville haut-marnaise dans laquelle nous vivions pour la capitale, Paris. Nous sommes passés de presque 3 000 kilomètres de distance à « seulement » 300 et nous arrivions à nous voir au moins un weekend par mois, c’était une belle avancée par rapport à 10 jours sur 1 an en 2019. Aujourd’hui, c’est moi qui m’envole pour la Roumanie tout seul, mais seulement pour quelques mois. D’ici la fin de l’année, nous serons enfin réunis, et j’espère pour de bon !

 

Thibault avez-vous des a priori sur la Roumanie ? Des attentes particulières ?

Thibault: Durant ces années de relation à distance, j’ai eu l’occasion de venir plusieurs fois en Roumanie. Nous avons visité déjà une bonne partie du pays à part les régions du Nord et de Timisoara. J’ai eu la chance de pouvoir aussi bien voir Cluj que Iasi ou encore Bucarest ; de visiter la splendide Transylvanie et le sauvage Delta du Danube. J’adore la Roumanie, c’est vraiment un très beau pays et j’ai hâte de pouvoir le découvrir au quotidien et pas seulement à travers des vacances. Aujourd’hui, je n’ai plus aucun a priori même si je n’en avais que très peu avant mon premier voyage. Mes attentes sont de m’intégrer parfaitement à la culture, d’apprendre à parler roumain et de découvrir tout ce que je ne connais pas du pays ; en plus de me régaler avec les spécialités culinaires et les mets préparés par ma belle-mère que je salue.

 

De manière un peu plus légère, y-a-t-il chez l'autre un trait de caractère proprement français, et proprement roumain que vous aimez ou que vous détestez ?

Emilia: Je ne sais pas si c'est un trait de caractère proprement français mais ce que j'adore chez Thibault est qu'il est travailleur et ouvert d'esprit. Il veut découvrir ma culture et mon pays, et en plus il veut apprendre à parler roumain. J'avoue ne pas avoir trouvé beaucoup de personnes qui sont si ouvertes d'esprit. 

Thibault: J’adore sa capacité à prendre du recul et à ne pas se laisser submergée par les émotions pour des futilités. Je ne sais pas si c’est typiquement roumain, mais c’est un trait commun aux personnes que j’ai pu côtoyer, ils relativisent bien plus que les Français de mon entourage.
 

Un cliché lié à vos deux cultures respectives que vous avez su dépasser chez l'autre?

Emilia: Je trouve d'une manière générale que les clichés de n'importe quel pays restent des clichés. Les Français sont considérés comme arrogants et râleurs. Mais j'avoue que Thibault ne rentre pas du tout dans ce genre de clichés. 

Thibault: La superstition! J’en connais quelques-unes en France mais en Roumanie il y en a pléthore.

 

Une expression, un dicton que vous avez appris dans les deux cultures ?

Emilia: J'ai appris beaucoup d'expressions françaises comme "c'est comme ça", "rendre chèvre", "chercher midi à 14h" et j'en apprends encore. 

Thibault: L’omniprésent « imediat » qui me fait sourire à chaque fois.

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Grégory Rateau

Rédacteur en chef et directeur du média LePetitJournal.com/Bucarest, ancien chroniqueur à RRI et écrivain
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