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COMMUNAUTE - Madalina Ulmeanu nous partage sa passion du bio

Par Grégory Rateau | Publié le 05/11/2018 à 00:00 | Mis à jour le 05/11/2018 à 00:35
Madalina-Ulmeanu

Notre rédaction est allée à la rencontre de Madalina Ulmeanu, roumaine francophone mariée à un Français, qui a décidé depuis 2006 de se lancer dans le bio, plus précisément dans l’Aromathérapie et la Phytothérapie, deux secteurs encore peu développés en Roumanie. Passionnée, Madalina complète sa formation en France à l'université de Médecine Paris XIII - elle est aussi, à travers sa boutique Natural Paris, la représentante en Roumanie des produits Florame, pionniers des huiles essentielles bio sur le marché français et des produits de phytothérapie Herbiolys.

 
 
Grégory Rateau : Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?


Je suis née dans une ville de province, Alexandria, où j’ai étudié les sciences puis je suis partie à Bucarest pour poursuivre mes études dans l’écologie. J’ai travaillé ensuite dans une société multinationale française, Apanova, spécialisée dans le traitement de l’eau où j’ai pris conscience que l’écologie, la qualité de l’eau et tous ces gestes responsables sont très importants dans notre vie de tous les jours. Quatre ans après, j’ai décidé de me mettre à mon compte en rencontrant mon mari qui est français et également très passionné par tout ce qui est bio. Un jour, en visitant le musée d’aromathérapie de Saint-Rémy-de-Provence, un musée qui appartient à la marque Florame, nous étions, je m’en souviens, très impressionnés par toutes les essences proposées et les extraits aromatiques des plantes, et je me suis dite immédiatement qu’il fallait faire cela en Roumanie car ça n’existait pas ici. Mon aventure d’entrepreneure commença donc fin 2006.


 
Etiez-vous déjà passionnée par le naturel et le bio ?


Oui, depuis mon enfance que j'ai passée à la campagne. J’ai toujours été très liée à la nature, j’ai une famille qui a fait beaucoup d’agriculture, on a aussi des médecins, des botanistes. A l’époque communiste j’ai participé aux Olympiades de botanique, je faisais des herbiers avec ma tante qui était biologiste, j’étais donc plus intéressée par la flore que par la faune déjà à l’époque (rires).


 
Pouvez-vous nous dire en quoi consiste l’entrepreneuriat responsable ?


Pour moi c’est avoir une certaine éthique dans tout ce que l’on fait, respecter l’environnement, la santé des gens, de nos enfants, des employés. Cela veut dire également consommer de façon responsable.


 
A travers quelles actions votre marque s’engage-t-elle pour l’environnement ?


Pour nos clients on a déjà mis en place un système de recyclage pour qu’ils puissent nous rendre leurs emballages, les boîtes en plastique de leurs gels douche, savons liquides ou crèmes, contre des pourcentages de remises proposés. On travaille également avec une association pour faire des sacs en coton biodégradable produits localement, "Atelierul de panza", et pour les aider on leur reverse ensuite les revenus. On a aussi donné les anciens ordinateurs et imprimantes à une association qui recycle.  En interne, on recycle le papier, le carton, le plastique.  On essaye d’éduquer notre public, l'inviter à être un peu plus responsable sur sa consommation, pour consommer mieux et moins. Pour cela il faut déjà commencer par montrer l’exemple soi-même en adoptant les bons gestes.


 
Quelles sont, selon vous, les idées reçues sur le bio ?


Il y a des pour et des contres, il y a de nombreux a priori sur le sujet, le plus courant étant de dire que c’est juste du marketing et que les produits sont plus chers pour cela mais que ce n’est pas justifié. Pour moi, le bio est aujourd’hui très encadré, des normes européennes très strictes sont imposées et à juste titre. C’est difficile de se lancer dans ce secteur, il faut être exigeant et passionné pour répondre au cahier des charges. Pour qu’il y ait cette étiquette de certification sur les produits, il faut répondre à toutes les normes. Aujourd’hui en Europe, pour que tous les pays concernés parlent le même langage pour proposer la même qualité certifiée on a adopté le label "COSMOS ORGANIC". Après, il y a plusieurs catégories de produits bio, dans une gamme de prix moins chers: à seulement 20% de certification bio, qu'on peut trouver dans les supermarchés, puis il y a les produits plus avisés qui arrivent à 90% de certification bio et qui, vous vous en doutez, ne seront pas aux mêmes prix, et parfois même des produits 100% certifiés comme pour les huiles essentielles et les huiles végétales que nous proposons.

 


 
Y a-t-il parfois des contrefaçons ?


Absolument, il faut se méfier des huiles de contrefaçon à des prix très attractifs, où il n’y a pas de traçabilité sur les composants et sur la provenance. Voilà pourquoi il faut bien regarder sur les étiquettes la dénomination, le nom latin, l’espèce de la plante, les molécules aromatiques principales et, au besoin, demander conseil à des professionnels, et commencer à s’intéresser à ce secteur pour bien faire votre choix car, il est avant tout question de votre santé. Consommer moins cher à tout prix c’est aussi le piège tendu et certaines personnes sans éthique en profitent inévitablement car cela représente un vrai marché pour eux mais, au lieu de vous faire du bien, ces huiles peuvent faire exactement tout le contraire et vous nuire.


 
Qu’est-ce que l’aromathérapie ?


Pour le rendre compréhensible à tous, les huiles essentielles sont extraites grâce « à la magie » de la distillation. Il s’agit d’un savoir-faire ancestral qui permet, grâce à l’action de la simple vapeur d’eau, d’extraire la quintessence la plante c’est-à-dire, ses principes actifs. Chaque essence a sa vertu, chaque fleur a une âme. Les essences et les huiles essentielle ont toujours été utilisées en médecine traditionnelle pour prévenir, soigner et restaurer l’harmonie du corps et de l’esprit.
 En fonction de la plante, il y a différents rendements. Par exemple, pour extraire 3 à 5 kg d’huile essentielle de cannelier écorce, il va falloir distiller 1 tonne d’écorce de cannelle.  Pour obtenir 1kg d’huile essentielle de rose on a besoin de 4 tonnes de pétales de rose. D’où la justification des prix élevés pour certaines huiles essentielles.

 
 
Quel intérêt pour la France d’exporter ses produits en Roumanie ? Est-ce un marché intéressant pour elle ?


Le marché roumain est un marché en pleine expansion qui est aussi intéressant pour nous en interne, car on est un pays très rural qui consommait déjà beaucoup de produits naturels, faits maison… On a ça dans le sang, dans nos traditions. Pour la France nous sommes un marché qui a du potentiel, je ne crois pas que ce soit leur priorité, on n’est pas le marché porteur comme en Allemagne, en Suisse et tous les pays nordiques où la politique autour de l’écologie est très affirmée. Ici on n’en est pas encore là mais je crois que l’on doit travailler à cela justement. La croissance n’est pas négligeable, nous par exemple avons fait une croissance de 30% cette année par rapport à l’année dernière, et les gens s’intéressent de plus en plus à ce qu’ils consomment. Je dirais même qu’il y a une tendance chez les Roumains qui préfèrent se soigner et se traiter avec des produits naturels plus qu’avec des produits de synthèse quand ils peuvent l’éviter.

 


Pourquoi avoir choisi de vous former en France dans l’aromathérapie et la phytothérapie ?


Depuis 2008 j’ai été formée en Aromathérapie par le laboratoire Florame, spécialiste en Aromathérapie et pionnier de la cosmétique biologique depuis plus de 35 ans. Je fais donc régulièrement des allers-retours pour participer à leurs ateliers et en apprendre toujours plus pour développer mon activité et devenir, je l’espère, une ambassadrice dans mon pays.
J’ai eu également la chance de reprendre mes études en France à l’Université de Médecine Paris XIII, section Phytothérapie –Aromathérapie, première formation française qui existe depuis 40 ans. Ces spécialités, surtout l’Aromathérapie n’existent tout simplement pas ici en Roumanie dans le cadre des Universités de Médecine ou de Pharmacie, voilà pourquoi je me forme en France même si je dois avouer que mon attachement pour ce pays est aussi affectif (rires).

Pour en apprendre plus sur son activité cliquez ici

 

grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef du site lepetitjournal.com/Bucarest, chroniqueur à Radio Roumanie Internationale et écrivain
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