Jeudi 2 juillet 2020

BUCAREST CENTENAIRE - Edgar Quinet, formateur des "quarante-huitards"

Par Bucarest/Centenaire | Publié le 28/05/2020 à 00:00 | Mis à jour le 28/05/2020 à 00:00
Photo : Wikimedia Commons
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Dans les Moments importants de la formation de l'état roumain, Vasile Marghescu déclarait ceci: «On ne pouvait pas dire, sans commettre une énorme erreur, que l'esprit brillant d'Edgar Quinet, grand visionnaire du XIXe siècle, n'a eu aucune influence sur la formation spirituelle et politique des hommes d’états roumains de demain, dont la tâche était d’organiser ce jeune État».

 

 

Poussé par son esprit républicain, le philosophe et homme politique français à souvent été préoccupé par le sort des peuples sous domination étrangère; la situation des Principautés roumaines deviendra pour lui une priorité, après avoir modelé la jeune génération "pasoptiste" (quarante-huitarde), formant les futurs hommes politiques de Roumanie, fervents partisans de l'union étatique.

 

Né en 1803 à Bourg-en-Bresse, Edgar Quinet est le seul descendant de la lignée paternelle du militaire républicain, Jérôme Quinet, marié à Eugénie Rozat Lagis; lui et sa sœur, Blanche, doivent à leur mère le goût de la culture, leur formation commençant à domicile. Son père souhaitait pour son fils une carrière de militaire ou d'entrepreneur, mais Quinet était un partisan de la liberté d'expression et montrait une prédilection toute particulière pour la littérature, il suit aussi des cours de droit, de philosophie, de langues étrangères et même de sciences exactes. Marqué par le romantisme allemand, il s'installe à Heidelberg, et en 1834, il épouse l’allemande Minna Moré.

 

Sa carrière littéraire commence en 1823, avec la publication de l'ouvrage Les Tablettes du Juif-errant; suivi de poèmes, de chroniques de critique littéraire, d'essais sur des thèmes philosophiques et historiques, se rapprochant également plusieurs fois de l'art de la traduction. A partir de 1841, Edgar Quinet devient professeur de langues et de littératures de l'Europe méridionale au sein du célèbre Collège de France, ses collègues étant l'écrivain Adam Mickiewicz et l'historien Jules Michelet.

 

Ses cours sont fréquentés par les grands noms des jeunes révolutionnaires roumains de 1848 qui, tout en étant à Paris pour l'achèvement de leurs études, s'efforcent d'attirer l'attention de l'Occident sur la situation dans les Principautés roumaines.

 

Son esprit démocratique, sa nature révolutionnaire et son goût pour l'autonomie ont été des piliers fondamentaux du mouvement "pasoptist" de l'émigration. Ainsi, en juin 1848, Ion C. Bratianu et Constantin Alexandru (C.A.) Rosetti écrivirent les lignes suivantes à leur ancien professeur de français: « Tout notre espoir est en vous, en notre seconde patrie. Et cela est vrai. Tout Roumain a deux patries: d’abord le sol où il est né, puis la France. [...] Car c’est la France qui nous a élevés, instruits, et en son sein, nous avons allumé l’étincelle qui a embrasé notre pays».

 

Il s'est remarié un an après la mort de sa première femme, en 1852, avec son ancienne étudiante, Hermione Asachi, la fille de l’écrivain roumain, Gheorghe Asachi. Comprenant encore mieux la nécessité d'un état roumain uni et indépendant, Quinet plaide en faveur de la cause des deux Principautés, publiant plusieurs articles dans la Revue des Deux Mondes, dont la traduction paraîtra dans la revue Albina românească (1856). La Valachie et la Moldavie seront analysées historiquement, socialement, politiquement et culturellement, le philosophe français démontrant que « les Roumains ont une tradition, une langue, une histoire, une religion, un droit public et privé, c’est-à-dire tous les éléments constitutifs d'une vie nationale ».

 

Pour sa contribution à l'Union des Principautés Roumaines, il a été accepté par l'Académie Roumaine (1869) en tant que Membre Honoraire de l'étranger. Six ans plus tard, il meurt à Versailles et sera enterré au cimetière de Montparnasse.

 

Sources: Bnf.fr, Philippide.ro, Universalis.fr

 

Ana-Maria Roșca

 

Traduction : Lucas Cosset

 

Article réalisé dans le cadre du Programme Culturel București - Centenar avec le soutien de Primăriei Municipiului București à travers Administrația Monumentelor și Patrimoniului Turistic 

 

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1 Commentaire (s)Réagir
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Jihème jeu 28/05/2020 - 08:54

Malheureusement, la plupart des Roumains de maintenant, pris par l'Union européenne et son anglomania américaniste, semblent totalement avoir oublié l'histoire de leur pays et ce qu'elle doit à la France. Tout comme trop de Français d'ailleurs et notamment ceux qui nous gouvernent, semblent aussi avoir oublié cette histoire commune et les liens très forts qu'elle avait tissés entre nos deux pays. Hélas !

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