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5 villes à découvrir à travers 5 bâtiments emblématiques

Par Grégory Rateau | Publié le 09/01/2020 à 00:00 | Mis à jour le 09/01/2020 à 00:00
roumanie tourisme 5 villes à découvrir 5 bâtiments emblématiques

L'histoire d'une ville est souvent racontée par ses bâtiments. Parfois, à leur approche, ils nous murmurent des choses mais il est conseillé de s'entourer d'un bon guide. Les bâtiments que nous allons vous présenter ici ont traversé différentes périodes et ils sont toujours debout, en plus ou moins bon état je vous l'accorde. Venez donc rêver un peu à nos côtés pour vous raconter ensuite vos propres histoires.

 

 

 

 

Monastère de Voroneț

Il date de 1488 et est aussi surnommé la «chapelle Sixtine de l’Orient» pour faire allusion à ses peintures extérieures qui ont été ajoutées un siècle plus tard, entre 1534 et 1535. D’inspiration Byzantine, ce monastère a été bâti sous l'ordre de Ștefan cel Mare et réalisé en un temps record, 3 mois et 3 semaines vous imaginez ça? Alors qu'il nous faut parfois une année, de nos jours, pour terminer une vulgaire maison. C'est pour célébrer la victoire contre les Ottomans que ce monastère a été élevé,  Voroneț est donc devenu un symbole de la région de la Bucovine. Célèbre pour ses remarquables fresques représentant des interprétations traditionnelles de la Bible, il met également en valeur un bleu si particulier qu'il est connu sous le nom de «bleu de Voroneț". Sa nuance changerait même en fonction des saisons selon les dires des visiteurs les plus illuminés. A noter que sur la façade ouest est illustré le jugement dernier, ce qui fait froid dans le dos vous pourrez en convenir, la façade nord quant à elle est nettement plus abîmée, il vous faudra donc un peu plus d'imagination pour déchiffrer les scènes de la création du monde, et pour finir, sur la façade sud, se trouve un arbre de Jessé. Voroneț fait aujourd'hui partie du patrimoine mondial de l'Unesco, avec sept autres églises peintes, toutes plus superbes les unes que les autres. A ne surtout pas manquer même si vous êtes totalement étranger aux choses religieuses.

 

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wilkipedia / V.R

 

 

Casino de Constanţa

Bon Constanţa n'est pas exactement la ville de rêve que l'on est en droit de s'imaginer quand on fonce sur les bords de la mer, néanmoins son casino est absolument incontournable, à voir une fois dans sa vie selon moi. Inauguré en août 1910, dans le style Art nouveau, un style architectural populaire à cette époque, le casino de Constanţa était une salle de danse durant l'époque communiste (et oui le parti n'aimait pas trop les jeux de hasard). Il faudra attendre 1986 pour le voir enfin rénové. Après la chute de la dictature en 1989, il fait même l'objet d'un projet d'extension de l'Aquarium de Constanța (situé juste en face) et il est aussi classé monument historique par le ministère de la Culture autrefois dirigé par Andrei Pleșu. Mais la municipalité préfère le laisser à une entreprise privéequi va ainsi exploiter son restaurant et lui rendre ainsi son office de casino pendant un temps. En 2007, il est finalement concédé à la chaîne « Queen Investments » qui laissera peu à peu le bâtiment se délabrer jusqu'à son évacuation en 2014 juste avant que le bâtiment ne tombe sur la tête des clients. Le casino est donc définitivement fermé et s'il fait encore la joie des touristes pour sa beauté extérieure, nous sommes à jamais privés de ses beautés intérieures. Situé sur le front de mer, il ne nous reste plus qu'à l'admirer de loin en flânant sur la promenade de la ville et en imaginant son faste d'antan.

 

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Wilkipedia

 

 


Athénée Roumain, Bucarest

L'Athénée roumain est une perle architecturale du XIXe siècle construite dans un style néo-classique et même si aujourd'hui les couples viennent y manger des éclairs sur ses marches ou se bécoter, il ne faut pas oublier que ce monument a été achevé après un long effort de collecte de fonds par abonnement public, sous le slogan «Donati un leu pentru Ateneu». C'est l'architecte français Albert Galleron qui en est à l'origine y apportant même quelques touches romantiques qui fonctionnent à merveille comme on peut le voir car il attirent encore les amoureux de tous bords. De nos jours, le monument abrite l'ensemble Philharmonique George Enescu et il est la principale salle de concert du festival George Enescu qui réunit des musiciens et des mélomanes du monde entier. Les spectateurs sont fascinés par son auditorium, coiffé d'une coupole à une quarantaine de mètres de hauteur, et offrant un parterre de pas moins de 600 places et 52 autres situées dans des loges. L'entrée principale donne dans un vaste patio circulaire avec des colonnes tout autour. A savoir, après la Seconde Guerre mondiale, lorsque le régime communiste s'installait à peine, la grande fresque principale montrant des paysans s'agenouillant par allégeance au roi Ferdinand est immédiatement recouverte de blanc pour y accrocher à la place des portraits de Marx, Engels, Lénine, Staline et plus tard Khrouchtchev puis Ceaușescu et son épouse. Après la Libération, l'Athénée est rénové à nouveau, les portraits fort heureusement enlevés et la fresque est elle aussi entièrement restaurée. On l'a échappée belle.

 

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Flickr

 


Tour de l'horloge de Sighisoara

Datant du XIIIe-XIV siècle, la tour de l’horloge de Sighişoara mesure 64 mètres de hauteur et offre une vue imprenable sur la ville depuis son sommet. Lorsque l'on pense à Sighisoara, on revoie les maisons colorées bien sûr mais on ne peut pas faire l'impasse sur cette fameuse horloge que l'on peut admirer de très loin et qui semble donner son harmonie générale à l'ensemble de cette ville. Les visiteurs peuvent d'ailleurs observer son mécanisme complexe ainsi que les statues colorées représentant d'un côté les figures de la Justice, et de l'autre côté, les jours de la semaine et les divinités antiques. À la fin du XVIIe siècle la tour a été pourvue d'une couronne baroque, semblable à celle de la cathédrale Saint-Guy de Prague, coiffée d'une galerie qui supporte avec élégance un toit de tuiles vernissées. Jusqu'en 1556, la salle du premier niveau de la tour servait de salle du conseil municipal, plutôt chouette non comme cadre de réunion? Lorsque vous viendrez la visiter, il n'est pas rare de voir des enfants et adolescents en costumes traditionnels venir faire revivre cette place hors du temps, d'une beauté incomparable pour ceux et celles voulant revivre le passé médiéval de la Roumanie.

 

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Pixabay / Jwalters7

 

 


Palais de la culture, Iași

Incontournable lors de votre visite à Iaşi, le Palais de la culture est un magnifique mélange d'architecture néo-gothique, romantique et néo-baroque. Il est l'œuvre de l'architecte Ion D. Berindey. Ce magnifique bâtiment compte 298 chambres, sa surface totale est de 35,000 m2 et il abrite pas moins de quatre des principaux musées de la ville qui présentent chacun à leur tour, l’histoire, l’ethnographie et le patrimoine artistique de Iaşi. Avec cet édifice, le roi Carol Ier avait la volonté d’offrir un véritable symbole à la ville, il aurait été fier de voir ce qu'il est devenu aujourd'hui, à savoir un «Palais de la Culture» inscrit sur la liste des monuments historiques du pays. Cela n'en a pas toujours été le cas et si nous revenions un peu en arrière, il faut savoir que sa construction a longtemps été retardée, surtout durant la Première Guerre mondiale. Il a ensuite été transformé en caserne, lors de la Deuxième Guerre mondiale. Pendant la période communiste, les tableaux représentant les monarques roumains ont été couverts de peintures pour les rayer définitivement de l'histoire. Depuis 1434, lorsque l’ancienne cour princière s’érigeait là où se trouve aujourd’hui le Palais, cet endroit constituait déjà le cœur de la ville, un endroit qui aujourd’hui est plus vivant que jamais pour le plus grand bonheur des étudiants car Iaşi est connue pour être une ville débordante de vitalité.

 

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Flickr

 

grégory rateau

Grégory Rateau

Rédacteur en chef du site lepetitjournal.com/Bucarest, chroniqueur à Radio Roumanie Internationale et écrivain
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