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Roumanie : un nouveau mécanisme pour maintenir les prix du gaz des ménages

Le gouvernement roumain a adopté le 5 mars une ordonnance d’urgence visant à éviter une hausse des prix du gaz pour les ménages après la fin du plafonnement actuel, prévue le 1er avril. Les autorités présentent ce dispositif comme une mesure « sans équivalent en Europe », censée maintenir les factures à un niveau stable pour les consommateurs.

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Par CARLOS534 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=67573991

Aujourd’hui, le prix du gaz pour les particuliers est plafonné à 0,31 lei par kWh. Une fois ce mécanisme arrivé à échéance, l’exécutif prévoit de mettre en place un système d’approvisionnement régulé valable pendant un an. Cette solution transitoire doit couvrir la période précédant l’arrivée de nouvelles productions nationales attendues en 2027, lorsque OMV Petrom et Romgaz commenceront à exploiter le projet gazier offshore Neptun Deep en mer Noire.

Même si la version définitive de l’ordonnance n’a pas encore été publiée, un projet diffusé auparavant par le ministère de l’Énergie prévoit l’introduction, à partir du 1er avril 2026, d’un mécanisme de prix administré pour le gaz destiné aux ménages.

Dans ce cadre, les producteurs roumains devront vendre une partie de leur production sur le marché intérieur à un tarif régulé, afin de couvrir la consommation des ménages, d’alimenter les centrales thermiques et de contribuer au remplissage des stocks de gaz du pays jusqu’à au moins 90 % de leur capacité. Le prix envisagé pour ces volumes serait fixé à 110 lei par MWh, soit légèrement en dessous du niveau régulé actuel de 120 lei par MWh.

Si la production nationale ne suffit pas à satisfaire la demande dans le cadre de ce mécanisme, les fournisseurs seront autorisés à acheter des volumes supplémentaires sur le marché libre, aux prix en vigueur.

Le ministre de l’Énergie, Bogdan Ivan, a indiqué que les producteurs roumains devraient en principe être en mesure de couvrir les quantités nécessaires, sans toutefois avancer d’estimation précise.

Le prix final payé par les ménages sera calculé sur la base du coût moyen pondéré du gaz acheté dans ce système. À ce montant s’ajouteront les tarifs régulés de transport et de distribution, une marge fournisseur fixée à 15 lei par MWh, ainsi que les accises et la TVA.

Au final, la facture des consommateurs dépendra principalement de deux facteurs :

  • les volumes que OMV Petrom et Romgaz pourront livrer au prix régulé de 110 lei/MWh,

  • et la quantité de gaz supplémentaire que les fournisseurs devront éventuellement importer, ainsi que son prix.

Cette incertitude intervient alors que les prix du gaz en Europe ont fortement augmenté. Dans un contexte de tensions au Moyen-Orient, les cotations au hub de référence TTF aux Pays-Bas ont atteint l’équivalent d’environ 250 lei par MWh, ce qui pourrait renchérir le coût des volumes importés.

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