Le président roumain Nicușor Dan a entamé mercredi matin des consultations au Palais Cotroceni avec les dirigeants de la coalition au pouvoir, après la décision du Parti social-démocrate (PSD) de retirer son soutien au Premier ministre libéral Ilie Bolojan.


Quelques heures plus tard, les instances du PSD ont tranché : tous les ministres du parti quitteront le gouvernement dès jeudi.
Cette décision, adoptée à l’unanimité, marque une rupture nette au sein de la coalition. En réponse, Ilie Bolojan a indiqué que les portefeuilles laissés vacants seraient provisoirement repris par des ministres issus des autres formations encore au pouvoir, notamment le Parti national libéral, l’USR et l’UDMR, afin d’assurer la continuité de l’exécutif.
Selon plusieurs sources, le PSD a déjà planifié les étapes de son retrait. Les démissions devraient être déposées avant la prochaine réunion du gouvernement, ouvrant la voie à une possible motion de censure contre l’exécutif dans les semaines suivantes. Le parti envisage également de retirer progressivement l’ensemble de ses représentants de l’appareil d’État, des secrétaires d’État aux préfets.
Dans ce scénario, seul le président de la Chambre des députés, Sorin Grindeanu, resterait en fonction côté PSD au moment d’un éventuel vote de défiance. Celui-ci pourrait toutefois démissionner à son tour si la motion échoue et que le parti bascule officiellement dans l’opposition.
La crise politique pourrait se jouer rapidement, en deux à trois semaines, selon le calendrier des démissions et l’issue des consultations en cours.
De son côté, le Premier ministre Ilie Bolojan a déjà discuté avec ses partenaires restants des solutions pour maintenir le fonctionnement du gouvernement. À l’issue des échanges, il a insisté sur la nécessité d’assurer la continuité administrative, en particulier pour les projets liés au plan de relance européen.
Le chef du gouvernement a par ailleurs confirmé avoir informé le président de sa volonté de rester en fonction. Soutenu par son parti, il entend poursuivre son mandat malgré la recomposition politique en cours, en misant sur la stabilité et la gestion des affaires courantes dans un contexte devenu incertain.







