Édition internationale

Près de 70 % des Roumains de la diaspora n'envisagent pas de rentrer

Près de sept Roumains de la diaspora sur dix ne prévoient pas de revenir s'installer en Roumanie au cours des douze prochains mois. Malgré cette faible intention de retour, ils continuent de jouer un rôle important dans l'économie du pays en y investissant massivement, selon une étude réalisée par l'institut MKOR.

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pexels/Victor Freitas
Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 28 juillet 2026, mis à jour le 29 juillet 2026

L'enquête montre que 61 % des Roumains vivant à l'étranger ont déjà investi dans leur pays d'origine, principalement à travers l'achat d'un bien immobilier ou une aide financière apportée à leur famille. Ces résultats illustrent le maintien de liens économiques solides avec la Roumanie, même chez ceux qui ont choisi de construire leur vie à l'étranger.

L'étude met en évidence des comportements d'investissement qui varient sensiblement selon les principales communautés roumaines installées en Europe.

Les Roumains vivant en Allemagne sont les plus nombreux à investir en Roumanie : 71 % déclarent y avoir réalisé un investissement. Ils sont également ceux qui soutiennent le plus leurs proches financièrement, avec 44 % des personnes interrogées.

Les motivations diffèrent toutefois d'un pays à l'autre. En Allemagne, les investissements répondent avant tout à une logique de stabilité et de sécurité à long terme. En Italie, ils visent principalement à préserver le patrimoine familial. En Espagne, ils sont davantage motivés par l'attachement affectif au pays d'origine, tandis qu'au Royaume-Uni, les décisions sont guidées en priorité par la recherche de rentabilité.

Selon MKOR, la diaspora roumaine a profondément évolué au fil des années. Initialement composée en grande partie de travailleurs occupant des emplois peu qualifiés, elle compte désormais une proportion croissante de cadres, d'entrepreneurs et de professionnels disposant d'un fort pouvoir d'achat.

Aujourd'hui, 44 % des Roumains installés à l'étranger sont salariés et 23 % exercent des fonctions de direction ou travaillent à leur compte.

La communauté roumaine du Royaume-Uni se distingue particulièrement : 29 % de ses membres occupent des postes à responsabilité ou dirigent leur propre entreprise, 62 % sont diplômés de l'enseignement supérieur et près de la moitié perçoivent un revenu mensuel supérieur à 3 000 euros.

Pour MKOR, ce profil fait des Roumains installés au Royaume-Uni des partenaires économiques et des investisseurs particulièrement intéressants pour les entreprises roumaines.

À l'inverse des diasporas établies en Europe occidentale, les Roumanophones de République de Moldavie représentent avant tout un potentiel de recrutement pour le marché du travail roumain.

Près de la moitié des personnes interrogées appartiennent à la génération Z, leur âge moyen est de 31 ans et 38 % sont actuellement sans activité professionnelle, soit un niveau nettement supérieur à la moyenne observée dans l'étude.

Les auteurs estiment que cette population pourrait contribuer à répondre aux difficultés de recrutement rencontrées en Roumanie, notamment grâce à des programmes de mobilité étudiante, de stages ou de recrutement transfrontalier. Les établissements financiers pourraient également développer des produits spécifiques, comme des comptes bancaires transfrontaliers ou des solutions d'épargne adaptées.

Pour Cori Cimpoca, fondateur de MKOR, cette étude montre que la diaspora roumaine demeure un acteur économique majeur pour le pays, même si une majorité de ses membres n'envisage pas un retour à court terme.

Selon lui, les investissements réalisés en Roumanie témoignent d'une confiance durable dans le pays. Ils répondent aujourd'hui davantage à une volonté de préserver un patrimoine familial ou de soutenir les proches qu'à la préparation d'un éventuel retour. L'étude conclut ainsi que, même durablement installés à l'étranger, de nombreux Roumains continuent de considérer leur pays d'origine comme un lieu privilégié pour investir, accompagner leur famille et préparer leurs projets à long terme.

lepetitjournal.com bucarest
Publié le 29 juillet 2026, mis à jour le 29 juillet 2026
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