Le président Nicușor Dan a annoncé lundi que l’Administration présidentielle préparait un rapport consacré à deux questions majeures liées à l’élection présidentielle de 2024 : l’annulation du scrutin et l’influence présumée de la Russie en Roumanie.


Dans un entretien accordé à Euronews, le chef de l’État a également évoqué les accusations visant l’ancien candidat à la présidentielle Călin Georgescu, appelant la société roumaine à examiner attentivement les informations disponibles à son sujet.
L’annulation du scrutin liée au financement électoral
Interrogé sur les raisons ayant conduit à l’annulation de l’élection présidentielle de 2024 et sur le rôle éventuel de l’ingérence russe, Nicușor Dan a expliqué que le scrutin avait été annulé en raison de violations présumées de la législation sur le financement de la campagne.
Selon lui, ces irrégularités constituaient un motif suffisant pour invalider l’élection.
« Il suffit qu’un candidat dépense de manière non transparente davantage d’argent que ses adversaires pour fausser le processus électoral », a déclaré le président.
Nicușor Dan a également fait référence à un rapport publié l’an dernier par le Parquet général, faisant état de cyberattaques et de campagnes de désinformation qui auraient visé la Roumanie pendant l’élection de 2024 et auraient été menées par la Fédération de Russie.
Le rapport actuellement préparé par l’Administration présidentielle doit notamment présenter les éléments techniques du dossier dans une forme accessible au grand public.
« C’est précisément ce qui est en jeu et la raison pour laquelle nous n’avons pas encore publié de rapport sur l’annulation de l’élection et l’influence russe en Roumanie », a expliqué le chef de l’État.
Nicușor Dan appelle à examiner le cas Călin Georgescu
Interrogé sur l’éventualité d’une nouvelle candidature de Călin Georgescu à la présidentielle, Nicușor Dan a rappelé que l’ancien candidat faisait l’objet de plusieurs enquêtes pénales, dont certaines ont déjà été renvoyées devant les tribunaux.
« M. Călin Georgescu, selon les informations publiques dont je dispose, fait l’objet d’enquêtes, notamment dans des affaires qui ont été transmises à la justice », a déclaré le président.
Il a particulièrement insisté sur le dossier portant sur une tentative présumée de renversement de l’ordre constitutionnel, dans lequel sont également impliqués l’ancien légionnaire et homme d’affaires Horațiu Potra ainsi que plusieurs membres de son groupe.
Nicușor Dan a appelé les Roumains à examiner avec attention l’ensemble des informations disponibles concernant Călin Georgescu.
Le président a toutefois souligné que les responsables politiques restaient libres de mener leurs activités et leurs campagnes dans le respect des décisions des tribunaux roumains et, le cas échéant, de la Cour constitutionnelle.
L’affaire Georgescu-Potra
L’affaire évoquée par Nicușor Dan a été ouverte par le Parquet général après l’interpellation, en décembre 2024, de Horațiu Potra et de plusieurs membres de son groupe alors qu’ils se rendaient à Bucarest.
Le dossier est actuellement examiné en première instance par la Cour d’appel de Bucarest.
Selon les procureurs cités dans le dossier, Călin Georgescu et Horațiu Potra se seraient rencontrés le 7 décembre 2024 dans un centre équestre du département d’Ilfov, avec plusieurs autres personnes. La réunion aurait porté sur un projet visant notamment à détourner une manifestation organisée en soutien à l’ancien candidat à la présidentielle.
La rencontre, organisée dans un cadre privé, aurait réuni Potra, Georgescu, Sechilă ainsi que Marian Burcea, présenté comme le garde du corps de Georgescu.
Les procureurs affirment qu’à l’issue de cette réunion, Georgescu aurait contacté Dan Grăjeanu, dirigeant de l’organisation d’extrême droite Frăția Ortodoxă, et lui aurait indiqué qu’il lancerait un appel spécifique le lendemain.
Selon l’accusation, cette réunion aurait constitué une étape préparatoire à des événements susceptibles de provoquer « chaos et insécurité ».
Le projet aurait été lié à une manifestation demandée par Georgescu, notamment lors d’une intervention télévisée, qui devait se tenir le 8 décembre 2024 devant la cathédrale nationale de Bucarest.
Les procureurs estiment que les manifestants auraient pu être utilisés comme une « masse de manœuvre » pour mener des actions subversives et que la manifestation aurait pu dégénérer en violences.
Les procureurs évoquent une opération de déstabilisation paramilitaire
Selon le dossier de l’accusation, Horațiu Potra aurait été chargé de réunir des participants à la manifestation, parmi lesquels des membres de son groupe qui auraient été armés.
Vingt personnes ont été inculpées aux côtés de Călin Georgescu et Horațiu Potra, selon les éléments cités dans la procédure.
Les procureurs affirment que des membres du groupe de Potra transportaient des engins pyrotechniques puissants ainsi qu’un grand nombre d’objets







