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CULTURE - Johan Kobborg : ''Le ballet de Bucarest n’est pas connu en Europe, mais il va le devenir''

Par Lepetitjournal Bucarest | Publié le 02/03/2014 à 23:00 | Mis à jour le 02/03/2014 à 10:54

Soliste principal au Ballet royal danois et au Royal Ballet de Londres, Johan Kobborg est l'un des plus grands danseurs de sa génération. En janvier, il a accepté de prendre la direction du Ballet national de Bucarest.

Photo : adevarul.ro

Lepetitjournal.com/Bucarest - Comment êtes-vous arrivé à Bucarest  ?

Johan Kobborg - Je suis venu ici en octobre pour mettre en scène un ballet que j'avais monté à Londres en 2005. Je suis resté sur place pendant six semaines environ et j'ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec l'équipe roumaine. Cette expérience a été très positive pour nous tous. C'est dans ce contexte qu'on m'a proposé de devenir le directeur du Ballet.

Une décision difficile à prendre ?

Non, j'ai mis très peu de temps à me décider. Vous savez, un danseur ne peut pas danser toute sa vie, et j'arrive à l'âge où l'on commence à se poser des questions. En plus, j'ai toujours rêvé de faire de la chorégraphie, de la mise en scène ou organiser des spectacles. Ce fut tout simplement la bonne proposition qui est arrivée au bon moment. Aujourd'hui, je me sens prêt pour assumer ce rôle, et faire la transition de la danse à un poste de direction artistique. Même si je continuerai de danser, mais uniquement pour certains spectacles. Vous savez, j'ai été sur toutes les scènes, je suis satisfait de ma carrière et je n'ai plus d'ambition en tant que danseur. Ma priorité maintenant, c'est le Ballet de Bucarest.

Que pensez-vous justement du Ballet de Bucarest  ?

J'ai l'impression que les choses ont été assez figées, ou en tout cas que la stratégie de l'ancienne direction était plutôt prudente et ne laissait pas de place à l'innovation. Mais les choses ont changé avec le nouveau directeur. Il soutient beaucoup le Ballet et ça facilite ma mission. De plus, je suis l'un des plus jeunes d'une équipe de direction déjà très jeune. Du coup, il y a beaucoup d'énergie et d'optimisme. Tout semble possible. Et la communication est si facile. Ailleurs, il faut envoyer des tas de mails pour qu'au final, personne ne prenne jamais de responsabilité. Ici, tout se fait tout de suite. Tous les soirs je me couche avec le sourire et toute cette énergie positive.

Quels sont vos objectifs ?

Le Ballet de Bucarest n'est pas du tout connu en Europe, mais il va le devenir. Si nous montons des spectacles de qualité, il sera plutôt facile de nous faire connaître.

Et comment comptez-vous atteindre cet objectif  ?

Il faut créer une série de productions inspirées pour mettre en valeur le talent qui existe ici. Mais la scène est aussi un lieu international et avoir une équipe internationale est important dans le milieu artistique. Quelque 400 personnes ont déjà postulé. Nous avons reçu des danseurs de l'Opéra de Paris et de bien d'autres compagnies renommées du monde entier. Ces nouvelles recrues vont amener de la fraîcheur. Je ne suis pas ici pour virer tout le monde, mais il y aura forcément des modifications. Pour le progrès, le changement est nécessaire. J'ai toujours visé le plus haut niveau dans tout ce que j'ai entrepris en tant que danseur. Et c'est ce que j'aimerais transmettre. Je pense que d'ici deux ans, nous pourrons proposer des productions d'un très haut niveau, que l'on ne pourra voir nulle part ailleurs dans le monde.

Pensez-vous que le public roumain sera au rendez-vous ?

Je ne veux pas tout changer. Il faut simplement progresser en donnant des défis aussi bien aux danseurs qu'au public. En tant qu'institution, nous avons le devoir de mieux promouvoir nos artistes, et de tout faire pour que le public apprenne à les connaître. Et je vais prendre mon temps, je veux surtout travailler sur la qualité. Propos recueillis par Jonas Mercier (www.lepetitjournal.com/Bucarest) lundi 3 mars 2014

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