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CINE – "Happy End" ou l'insoutenable légèreté d'Haneke

Par Par ici les sorties | Publié le 11/01/2018 à 00:00 | Mis à jour le 11/01/2018 à 07:48
Photo : Recommandation critique de Grégory Rateau
happy-end

Pour sa recommandation critique de la rentrée 2018, Grégory Rateau vous propose d’assister au grand retour du maître autrichien Michael Haneke. Son film « Happy End », présenté une nouvelle fois en compétition à la croisette, est plus un rappel de l’ensemble de son œuvre qu’un « dépassement de soi », dans le sens, de faire toujours mieux pour remporter "la Palme" tant convoitée par toute la planète cinéma. La dé-complexion du cinéaste dérange et c’est en cela qu’Haneke réussit son nouveau pari, celui de nous bousculer.

 

 

Après des films graves et violents tels que « La Pianiste », « Funny games » ou encore « Amour », Michael Haneke revient avec « Happy End » une comédie très noire, étrangement légère quand on gratte le vernis de son sujet, celui du désir de mort. Les personnages sortent littéralement de ses précédents films, Jean-Louis Trintignant en patriarche ayant donné la mort à sa femme comme le héros qu’il interprétait dans « Amour », Isabelle Huppert y entretient des rapports destructeurs avec son fils et des mails salaces circulent sans que l’on sache qui en est l’auteur, ce qui rappelle sans détour son interprétation glaciale et perverse dans « La Pianiste ». Avec son ironie habituelle, Haneke détourne son titre et son utilisation classique dans le cinéma Hollywoodien, pour aborder le sujet qui dérange le plus, celui du suicide, « le seul sujet philosophique vraiment sérieux » selon l’écrivain Albert Camus qui lui avait consacré son « Mythe de Sisyphe ». Haneke met en scène l'égocentrisme et l'aveuglement des bourgeois dans un drame familial d’une froideur médicale, précis et ciselé comme son cinéma, tout en restant incroyablement moderne, quand on pense que le lieu où se situe l’action n’a pas été choisi au hasard, il s’agit de Calais; la crise des réfugiés y étant relayée au second plan, tant cette famille ne fait déjà plus partie des vivants. Cette myopie face aux problèmes de notre société dénonce les bourgeois mais pas seulement, Haneke, comme à son habitude, nous tend un miroir, celui de nos pulsions, de nos perversions, de notre violence, de nos peurs, ici, celui de notre indifférence totale. Si vous êtes un inconditionnel de son cinéma, vous risquez d’être un peu déçu par sa légèreté inhabituelle, si vous ne connaissez pas encore ses films, c’est l’occasion rêvée pour rentrer dans son œuvre par une porte dérobée. Dans les deux cas, foncez sans plus attendre au cinéma Elvire Popesco.

 

l'équipe du film "Happy-end"
l'équipe du film "Happy-end" au dernier Festival de Cannes 2017





Cinema Elvire Popesco, București


Vendredi 12 janvier 2018, 20H30


Dimanche 14 janvie 2018, 18H30



2017 (1h 48min)

De Michael Haneke

Avec Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz

Genre Drame

Nationalités Français, Autrichien, Allemand



Positif : « Même s'il n'est pas nécessaire de le savoir pour apprécier cette satire aux allures de thriller glaçant, "Happy End" représente un retour aux sources thématiques, viscérales et radicales. »


Les Inrockuptibles : « Récit choral sur une famille de bourgeois flirtant tous avec la pulsion morbide (matricide aux médocs par la petite dernière, tendances suicidaires du papy, vertiges autodestructeurs du fils mal-aimé, etc.), le film a tout pour dérouler l’ordinaire hanekien dans toute sa froide horreur. »


Synopsis

"Tout autour le Monde et nous au milieu, aveugles." Instantané d’une famille bourgeoise européenne.

 

auteur Grégory Rateau
auteur : Grégory Rateau

 

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