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Déchets et énergie solaire, les priorités de Greenpeace au Liban

Par Juliette Vincent | Publié le 10/10/2017 à 15:55 | Mis à jour le 10/10/2017 à 16:31
Photo : page Facebook Greenpeace غرينبيس
Greenpeace غرينبيس

Le Liban souffre de la crise des ordures ménagères et d’une pénurie d’électricité… Des alternatives existent mais il faut en convaincre la population libanaise. C’est l’objectif des salariés et des bénévoles de Greenpeace au Liban. Rencontre avec Julien Jreissati, chargé de campagne.

 

Julien Jreissati, âge d’une trentaine d’années, nous reçoit dans les locaux de Greenpeace à Beyrouth. Le bureau libanais de l’ONG a été créé au milieu des années 90. Aujourd’hui, l’équipe travaille en permanence sur deux projets.

 

Crise des déchets

700 tonnes, c’est la quantité de plastiques jetée par jour au Liban. La crise des déchets est un gros problème dans le pays. « En tant que citoyen libanais, deux choix s’offrent à nous : critiquer et rester les bras croisés ou agir et ne pas être complice de cet écocide », lance M. Jreissati.

 

Le mois dernier, Greenpeace a lancé le projet #BalaPlastic. Objectif : sensibiliser les Libanais au  plastique à usage unique. En collaboration avec plusieurs ONG telles que Recycle Lebanon, Greenpeace a organisé la plus grande opération de nettoyage de plages au pied de la Grotte aux pigeons à laquelle 250 volontaires ont participé.

100 mètres cubes des déchets ramassés ce jour-là ont été déversés sur scène lors d’un concert du groupe libanais Mashrou’Leila donné le 12 août dernier au festival Ehdeniyat. L’idée, « montrer que le plastique arrive à nos genoux », explique le responsable de Greenpeace. « Le plastique, on l’utilise cinq minutes mais il reste des centaines d’années dans la nature », rappelle t-il.

Selon lui, la crise des déchets a des explications politiques. « On dirait que le gouvernement se dirige vers des incinérateurs, ils essayent de pousser le pays vers ça », déclare M. Jreissati, exprimant son opposition à cette éventualité.

Chaque minute, l’équivalent d’un camion de déchets est versé dans la mer Méditerranée.

 

green peace liban

 

Optimiser l’énergie solaire

La crise des déchets n’est pas la seule préoccupation de l’organisation internationale. « Le Liban n’exploite pas son potentiel d’énergie solaire », juge Julien Jreissati, alors que le Liban jouit de 300 jours d’ensoleillement par an, beaucoup plus que ses voisins européens. 

L’année passé, Greenpeace a lancé une campagne médiatique intitulée « Le soleil est gratuit ». Il serait possible de couvrir tous les besoins énergétiques du Liban grâce à l’énergie solaire mais « les gens ne le savent pas », déplore M. Jreissati. « La Banque centrale au Liban a un programme pour des prêts verts, des prêts écologiques à intérêt très bas entre 0 et 1,3% », indique-t-il.

À travers les campagnes médiatiques, l’ONG tente de sensibiliser la population et promouvoir l’énergie renouvelable comme solution pour le problème de l’électricité. « C’est non seulement une solution environnementale, mais aussi une nécessité économique et sociale », estime M. Jreissati. L’équipe ne s’attendait pas à autant d’enthousiasme de la part de la population. Elle a reçu beaucoup de questions, d’appels, de sollicitations.

 « Mais pour montrer l’exemple, nous devions créer une belle histoire », explique ce responsable de Greenpeace. Une coopérative de femmes, Mawassem el-Dayaa, près de Tyr, au Liban-Sud, vendant des produits locaux, a contacté l’ONG qui a lancé une récolte de fonds sur internet afin de financer l’installation d’un système d’énergie solaire. « On a installé des lampes plus efficaces, des tubes pour la chaleur, des panneaux solaires pour l’eau chaude », explique Julien. Aujourd’hui, le centre fonctionne à 100% à l’énergie solaire.

Greenpeace a également mis en place une formation sur l’énergie solaire à destination d’étudiants et de jeunes électriciens. 16 personnes ont été formées dans la Békaa.

 

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1 Commentaire (s)Réagir
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Jabn sam 21/10/2017 - 13:32

Bonjour, Savez vous que le papa de M. Jreissati est un ministre du gouvernement Libanais? Il faudra lui poser la question s'il a sensibilisé son père à la question du recyclage par exemple... Bon courage M. Jreissati très belle initiative j'espère que ça aboutira même s'il n'y a pas de volonté politique pour aider la société civile. Un Franco Libanais à Paris

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