Dans le cadre de la campagne des élections consulaires 2026, nous donnons la parole aux têtes de liste pour la 1ère circonscription des Français établis hors de France en Allemagne. Stephan Maigné se présente pour la liste Écologiste Sociale et Citoyenne soutenue par les Écologistes Europe Ecologie-les-verts, Volt, Bündnis 90/ die Grünen.


Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Franco-allemand, né à Suresnes en 1969, j’ai grandi dans les Yvelines avant de terminer ma scolarité à Berlin, où je vis depuis 1984.
Marié et père de deux filles, j’exerce la profession d’avocat depuis presque 30 ans dans les domaines du droit pénal et de la circulation routière. Depuis 2001, je suis avocat de l’association française des victimes du terrorisme SOS Attentats. Je suis également avocat de l’association de défense des victimes du Weißer Ring en Allemagne et donne des conférences sur le droit des victimes auprès de la « Weißer Ring Akademie ».
Mon engagement politique remonte à 1989 au sein de Bündnis 90 / Die Grünen. Après la chute du mur, j’ai participé à la commission d’enquête sur la création d’une nouvelle constitution du Land de Berlin. En 2014 j’ai rejoint le parti Les Écologistes/EELV. Je suis conseiller des Français de l’étranger depuis 2021 et mes collègues m’ont élu à deux reprises président du conseil consulaire.
Au niveau associatif, je suis membre du bureau de Français du Monde depuis 2014 ainsi que de l’association Initiative Zukunft, engagée pour la promotion du bilinguisme, depuis 2015. J’ai également été représentant des parents d’élèves de 2008-2025 à la Kita franco-allemande « La Pâquerette », l’école primaire SESB Judith Kerr ainsi que les écoles SESB Georg-von-Giesche-Schule et la Sophie-Scholl-Schule. De plus, j’ai siégé pendant dix ans à la Schulkonferenz de ces établissements.
Comment avez-vous constitué votre liste ?
Dès le départ, nous avons souhaité constituer une liste de rassemblement fondée sur des convictions partagées : la transition écologique, l’engagement social et la solidarité, qui sont indispensables à la vie démocratique dans notre communauté. Notre ambition est de réunir des femmes et des hommes engagés, capables de représenter et de défendre avec justesse les intérêts des Françaises et Français vivant dans notre circonscription.
Notre équipe, résolument intergénérationnelle, reflète la diversité et la richesse de notre population à travers la pluralité des parcours professionnels de ses membres. Elle allie l’expérience, incarnée notamment par Camille Raffin-Weinlein et moi-même, conseillers sortants, à un véritable esprit de renouveau grâce à des personnalités engagées se présentant pour la première fois à ce scrutin électoral.
Nos candidates et candidats se distinguent avant tout par un engagement de longue date dans de nombreux projets associatifs, écologiques, éducatifs et sociaux, déployés à Berlin, Hambourg, en Saxe, dans le Brandebourg ou le Schleswig-Holstein.

Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l’étranger ?
Pour nous, être conseillère ou conseiller, c’est avant tout être présent et à l’écoute de chaque concitoyen.ne en étant des élu.es de proximité. C’est s’engager concrètement pour notre communauté : accompagner ses projets, répondre à ses besoins et défendre ses droits avec sérieux et bienveillance.
Ceci implique de se déplacer régulièrement dans toute la circonscription pour rencontrer les françaises et français, échanger avec eux et faire remonter leurs préoccupations auprès des autorités compétentes. Nous entretenons un dialogue de confiance avec le consulat afin de travailler ensemble de manière constructive au service de notre communauté.
Ce rôle est très concret au quotidien : faciliter l’accès aux services, soutenir les personnes les plus fragiles, notamment dans le cadre des bourses scolaires, et accompagner les associations dans leurs projets et leurs demandes de subventions. Mais c’est aussi défendre des priorités qui nous tiennent à cœur, telles que l’éducation, l’écologie, la justice sociale et l’égalité auprès des institutions.
Il est de même important de soutenir, comme nous l’avons fait, les nombreuses associations qui sont essentielles et font vivre notre communauté. Nous avons réussi, lors de notre dernier mandat, à impliquer l’ambassade et le consulat dans le soutien et la visibilité de celles-ci. Il est prévu que chaque association puisse se présenter dans la newsletter du consulat. Celui-ci participe suite à notre initiative depuis trois ans à la journée des associations à Berlin pour démontrer l’importance de l’engagement bénévole sur la circonscription. Nous travaillons pour que ce projet soit élargi à Hambourg. Durant ces cinq dernières années, nous avons également accompagné les associations dans leurs projets de subventions STAFE pour que ceux-ci puissent se réaliser au profit de notre communauté.
Notre engagement est simple : être utiles, accessibles et pleinement engagés aux côtés de nos concitoyennes et concitoyens.
Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
Malheureusement, le taux de participation à ces élections reste trop faible avec tout juste 21 % des inscrits sur la liste électorale lors des dernières échéances.
Pourtant ces élections sont essentielles car elles déterminent notre représentation locale et ont un impact direct sur notre quotidien : en matière d’accès aux bourses scolaires, de soutien financier aux associations françaises de notre communauté, de facilitation des démarches administratives, de diversification des tournées consulaires et d’accompagnement de nos ressortissants dans leurs démarches.
Les élu.e-s sont le lien direct entre la communauté de notre circonscription et l’administration consulaire ainsi que les services de l’Ambassade de France.
Depuis les élections de 2021, les conseils consulaires sont présidés par un.e élu.e. Cette évolution ouvre un nouvel espace : celui de pouvoir donner une véritable impulsion aux travaux du conseil en mettant en lumière les sujets essentiels pour notre communauté. C’est dans cet esprit que j’ai eu l’occasion d’organiser un conseil entièrement consacré à l’éducation. Ce moment d’échange a permis de rassembler autour de la même table l’ensemble des acteurs des établissements scolaires Français et des écoles européennes SESB de notre circonscription afin de croiser les regards, de partager les enjeux et de faire émerger des solutions concrètes au service des familles.
Cette échéance est aussi importante, car elle participe indirectement à l’élection des sénatrices et sénateurs des Français de l’étranger qui sont élu.es par les conseillères et conseillers. Voter pour notre liste c’est donc également soutenir l’action de nos deux sénatrices, Mélanie Vogel et Mathilde Ollivier. Leur engagement a permis de faire avancer des combats essentiels, comme l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution ou encore une proposition de loi en faveur de la protection des océans.
Elles ont également obtenu des avancées concrètes pour les Françaises et Français de l’étranger comme l’ouverture d’une mission d’information sur l’enseignement français à l’étranger, des propositions pour améliorer la protection sociale, faciliter l’accès à un compte bancaire en France ou prendre en compte les situations de handicap visant à intégrer les accompagnants des élèves en situation de handicap dans la fonction publique et aligner les critères d’éligibilité de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) pour les Français.es de l’étranger d’un taux d’incapacité de 50% contre 80% actuellement.
Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
Le principal défi auquel les familles françaises sont confrontées reste l’accès à une éducation et à un enseignement de qualité en français.
Depuis plus de quinze ans, notre circonscription accueille un nombre croissant de familles francophones. Cette dynamique, positive à bien des égards, met cependant en lumière une difficulté majeure : le manque de places dans les établissements scolaires. Que se soit dans les établissements primaires des filières SESB ou encore à l’École Voltaire de Berlin dans laquelle les listes d’attente pour certaines années ne cessent de s’allonger, de nombreuses familles se retrouvent aujourd’hui sans solution adaptée. Dans d’autres établissements SESB, l’accès repose sur un tirage au sort, laissant au hasard le parcours scolaire bilingue de nos enfants- une situation que nous ne pouvons accepter.
A cela s’ajoute une répartition géographique déséquilibrée des établissements majoritairement à l’ouest de Berlin, ce qui ne correspond plus à la réalité des lieux de vie des familles. Le projet du Diesterweg-Gymnasium est essentiel à cet égard : obtenir enfin l’accès à l’Abibac et, à moyen terme, créer une nouvelle filière SESB pour les familles au centre et au nord de Berlin.
Le déménagement du Lycée Français de Hambourg constitue un changement important qui implique pour les enfants et les parents des défis en matière de mobilité et une organisation quotidienne plus complexe pour les fratries. Se rajoute la décision inacceptable de l’AEFE qui impose aux écoles françaises de financer intégralement les retraites du personnel détaché, une mesure qui risque d’alourdir significativement les frais de scolarité de l’École Saint-Exupéry.
À Dresde, des familles se mobilisent pour obtenir un véritable enseignement du français, tandis qu’à Potsdam, la demande d’offres éducatives en français reste particulièrement forte.
Faire avancer ces projets demande du temps, de la persévérance et un dialogue constant avec les autorités allemandes, en étroite collaboration avec l’administration française. C´est un travail de fond exigeant, mais indispensable, et nous sommes pleinement déterminés à le mener jusqu’au bout.
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