En Allemagne, le salaire minimum va passer à 12 € de l’heure

Par Ludovic Tölg | Publié le 03/03/2022 à 16:21 | Mis à jour le 03/03/2022 à 16:21
Photo : © Markus Spiske - Unsplash
Billets euros

C’était l’une des promesses de campagne d’Olaf Scholz. Le candidat du SPD à la chancellerie s’était engagé à revaloriser le salaire minimum allemand s’il était élu.

 

Une mise en place progressive

Le projet de revalorisation du salaire minimum allemand a été adopté par le gouvernement le 23 février dernier. Lors de la campagne électorale pour les élections au Bundestag, les Verts, le SPD et le FDP (parti libéral) avaient décidé d’un commun accord de ce projet phare du futur gouvernement. Lors de sa création en 2015, le salaire minimum s’élevait à 8,50 € brut de l’heure. En 2021, il était à 9,82 €. Avec cette revalorisation, le salaire minimum allemand vaudra 1.621 € brut par mois. Il est en passe de devenir l’un des plus élevés d’Europe. A titre de comparaison, le SMIC en France est de 1.603 € brut par mois.

 

La revalorisation à 12 € brut par heure va concerner près de 10% des actifs allemands, soit 6,2 millions de salariés, et sera mise en place progressivement. A partir du 1er juillet 2022, le salaire minimum passera de 9,82 € à 10,45 €. La revalorisation finale entrera en vigueur le 1er octobre prochain.

 

Les mini-jobs (emplois précaires non soumis aux charges sociales) et midi-jobs (emplois intermédiaires) sont aussi concernés. Le gouvernement a prévu une hausse du plafond de ces deux types d’emplois, de 450 à 520 euros pour les mini-jobs et de 1.300 à 1.600 euros pour les midi-jobs.

 

Pour le ministre du travail Hubertus Heil, cette mesure profitera avant tout aux femmes salariées et aux actifs des Länder de l’ex-RDA, plus fréquemment payés au salaire minimum que les autres actifs du pays. Le ministre a justifié cette mesure en affirmant vouloir apporter une réponse concrète aux salariés qui ont continué de travailler pendant la pandémie de COVID-19 et qui ont vu leur pouvoir d’achat diminuer. La confédération des syndicats allemands (Deutscher Gewerkschaftsbund) a salué un "vrai soutien à la conjoncture en cette période de pandémie".

 

Des réserves à l’égard de cette revalorisation

Pour autant, la hausse du salaire minimum trouve bon nombre de détracteurs. Force est de constater que l’inflation a battu des records dans le pays en 2021. Sur l’année, les prix ont augmenté de 3,1% par rapport à ceux de 2020, chose qui n’était pas arrivée depuis 1993. La hausse du salaire minimum permettrait simplement de compenser la perte de pouvoir d’achat des ménages les plus modestes, sans pour autant l’augmenter. A cela s’ajoute l’explosion des coûts énergétiques. L’Allemagne est le pays d’Europe où l’électricité coûte le plus cher, et les prix de l’énergie risquent de s’envoler suite à l’invasion russe en Ukraine.

 

Pour certains, la hausse du salaire minimum est donc un moyen de limiter l’inflation en revalorisant le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes, mais n’améliorera pas pour autant le niveau de vie des actifs payés au salaire minimum.

Joachim Rukwied, président de la chambre des agriculteurs, a affirmé dans le quotidien régional Rheinische Post que cette hausse du salaire minimum "aura probablement un effet notable sur les prix des denrées alimentaires". En effet, si le pouvoir d’achat des ménages augmente, la demande sera plus forte et les produits plus chers.

 

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Ludovic Tölg

Ludovic Tölg

Etudiant de Strasbourg et en Erasmus à Berlin, Ludovic a rejoint la rédaction de Berlin en février 2022. Il joue du violon et est passionné de sport.
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Emma Granier

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