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Plusieurs dizaines d’arrestations de manifestants à Bangkok

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 30/03/2021 à 00:00 | Mis à jour le 30/03/2021 à 03:46
Photo : REUTERS / Krit Phromsakla Na Sakolnakorn - Une manifestante pro-démocratie fait le salut à trois doigts alors qu'elle est emmenée par des policiers devant la Maison du gouvernement, à Bangkok, le 28 mars
Nombreuses arrestations de manifestants par la police a Bangkok

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi malgré les avertissements de la police qui a arrêté la veille une centaine manifestants anti-gouvernementaux pour avoir enfreint les mesures sanitaires contre le coronavirus.

Les manifestants ont exigé la libération de leurs camarades emprisonnés et appelé à la fin de la mainmise des militaires sur la politique ainsi qu’à des réformes de la puissante monarchie.

«Libérez nos amis», criait la foule.

La police avait pourtant annoncé lundi qu'elle procèderait à de nouvelles arrestations de personnes participant à des manifestations antigouvernementales.

"Nous avons préparé des effectifs pour maintenir l'ordre", a déclaré aux journalistes Piya Tavichai, chef adjoint de la police de Bangkok.

L’officier a indiqué que 99 personnes avaient été interpelées dimanche devant la Maison du gouvernement, affirmant que les arrestations étaient nécessaires en vertu de l'état d'urgence sanitaire interdisant les grands rassemblements publics pour empêcher la propagation du coronavirus.

Le collectif Thai Lawyers of Human Rights, qui représente les personnes placées en détention dimanche, a fait savoir que la justice avait autorisé leur libération sous caution.

Le Premier ministre Prayuth Chan-O-Cha a déclaré lundi aux journalistes que les arrestations du week-end étaient justifiées.

"Vous devez regarder la loi. Si je n'agis pas, il y aura des perturbations dans la circulation. Nous ne faisons que reprendre de l'espace. Il y a eu de nombreux avertissements", a déclaré l’ancien chef de l’armée arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2014 avant d’être reconduit au poste en 2019 par des élections contestées par l’opposition.

Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées lors de manifestations ces derniers mois en vertu des mesures sanitaires d’exception contre le Covid-19 et des lois courantes, mais l’on a vu dimanche l'un des plus grands nombres d'arrestations sur un seul rassemblement.

En outre, au moins neuf dirigeants du mouvement sont emprisonnés dans l'attente d'un procès en vertu entre autres de la loi de lèse-majesté, passible d'une peine maximale de 15 ans.

Dans un article publié sur le journal en ligne Prachathai par le groupe ASEAN Parliamentarians for Human Rights (APHR), dénonçant le maintien de l’état d’urgence sanitaire malgré le bilan extrêmement léger de la Thaïlande, Mu Sochua, ancien membre du Parlement cambodgien, souligne que "les mesures d'urgence doivent être mises en place pour faire face à une menace spécifique, ici la crise sanitaire, pas pour se donner une opportunité de réduire les voix qui déplaisent au gouvernement".

Avec 94 morts au total, le Covid-19, en Thaïlande, affiche en effet un taux de mortalité de 0,0001% sur les 14 derniers mois, ce qui fait du royaume l'un des nombreux pays affichant des taux quasi nuls.

Le mouvement de protestation mené par une partie de la jeunesse thaïlandaise est une épine dans le pied du Premier ministre Prayuth Chan-O-Cha, à qui les opposants reprochent d’avoir verrouillé l’échiquier politique, lorsqu’il dirigeait la junte militaire, en faisant rédiger une Constitution qui donne un certain nombre d’avantages clés à l’establishment militaro-royaliste pour conserver le pouvoir sur le long terme. 

Le mouvement a d’ailleurs démarré au lendemain de la dissolution en février 2020 par la Cour constitutionnelle du parti d’opposition Anakot Mai (Nouvel Avenir), largement soutenu par la jeunesse progressiste du royaume.

D’abord dirigées vers l’ancien putschiste et l’establishment traditionnaliste responsable du coup d’Etat de 2014, les revendications des jeunes manifestants ont inclus en août dernier la royauté elle-même, du jamais vu en plusieurs décennies, brisant un vieux tabou sur la critique de la royauté. Ils considèrent que la Constitution rédigée par l'armée après le coup d'État donne trop de pouvoir au roi et appellent à revoir les prérogatives du souverain ainsi que son statut constitutionnel.

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