Samedi 15 mai 2021

Début à Bangkok du procès de 22 jeunes militants anti-establishment

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 16/03/2021 à 00:00 | Mis à jour le 16/03/2021 à 01:24
Photo : REUTERS / Chalinee Thirasupa - Le militant Parit "Penguin" Chiwarak fait le salut à trois doigts à son arrivée à la cour pénale de Bangkok, le 15 mars 2021
Parit-Chiwarak-Lese-majeste-Bangkok

Un procès collectif a débuté lundi en Thaïlande pour des militants accusés de sédition et d'insulte envers la monarchie lors d'une des plus importantes manifestations anti-establishment l'an dernier.

Les 22 militants nient les accusations de sédition et toute une série d'autres délits dont celui de lèse-majesté pour lequel l'article 112 du code pénal thaïlandais prévoit des peines de prison allant de 3 à 15 ans de prison par chef d'accusation.

"Ils peuvent m'enfermer mais ils ne peuvent pas enfermer la vérité", a crié l’un des leaders du mouvement Parit "Penguin" Chiwarak alors qu'il descendait d’un fourgon cellulaire, les trois doigts levés à la façon des "Hunger Games", un roman adapté au cinéma auquel plusieurs mouvement protestataires jeunes en Asie ont emprunté le geste révolutionnaire.

"La vérité restera toujours la vérité que ce soit en prison, sous la torture ou en attente d'exécution, la vérité est la vérité", a lancé Parit Chiwarak, étudiant de 22 ans qui, comme six autres accusés, n’a pas obtenu de libération sous caution et a été placé en détention provisoire.

Parit a annoncé plus tard dans la journée qu'il entamerait une grève de la faim jusqu'à ce que lui et ses amis, accusés comme lui de sédition et d'insulte envers le roi Maha Vajiralongkorn lors de deux rassemblements en septembre, obtiennent une libération sous caution.

On ne sait pas combien de temps durera le procès et le juge a ajourné la procédure jusqu'au 29 mars, a indiqué à Reuters l'avocat de la défense, Krisadang Nutcharat.

Les sept accusés se sont vus refuser plusieurs demandes de mise en liberté sous caution, le juge estimant qu’il y avait un risque important de récidive.

Le mouvement de contestation mené par une partie de la jeunesse thaïlandaise a démarré l’an dernier en demandant la démission du Premier ministre Prayuth Chan-O-Cha. Puis les leaders ont commencé en août à questionner dans leurs discours de manifestation le statut et le rôle de la monarchie, brisant ainsi un vieux tabou et libérant les langues et les esprits sur ce sujet central de la société thaïlandaise qu’il était jusque-là proscrit d’aborder en public de quelque manière que ce soit.

Mais alors que la loi de lèse-majesté n’avait pas été utilisée depuis 2018 dans le royaume, des dizaines de plaintes ont été déposées depuis novembre contre des dizaines de mnaifestants. 

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ROBERT mar 16/03/2021 - 10:46

En 1976 ils ( les militaires ) jettaient les corps des opposants dans le fleuve Chao Phraya avec l'aide des ultras monarchistes . Aujourd'hui pour faire plus soft, ils les jettent en prison ( peut être pour longtemps ) avec la complicité de leurs amis juges . Beaucoup plus politiquement correct aux yeux de l'opinion publique mondiale .

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