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Taxe de séjour à Séville : le projet qui oppose la mairie aux hôteliers

Les touristes devront-ils bientôt payer davantage pour séjourner à Séville ? Le maire de la capitale andalouse, José Luis Sanz, souhaite obtenir le droit d'instaurer une taxe de séjour. Présentée comme un moyen de financer les services publics liés à l'afflux de visiteurs, cette proposition intervient dans un contexte de fréquentation record. Les professionnels de l'hôtellerie, eux, craignent qu'elle ne nuise à l'attractivité de la destination.

Plaza de Espana SevillaPlaza de Espana Sevilla
Séville a accueilli près de 5 millions de visiteurs en 2025. CC/ LAHMAM Sami
Écrit par Sami LAHMAM
Publié le 26 août 2026

Pourquoi la mairie souhaite-t-elle instaurer une taxe de séjour ?

Pour José Luis Sanz, les millions de touristes qui affluent chaque année à Séville doivent contribuer davantage au financement des services dont ils bénéficient durant leur séjour. Transports, espaces publics, nettoyage ou encore entretien d'un patrimoine historique parmi les plus visités d'Espagne. Autant de dépenses qui, selon la mairie, reposent aujourd'hui en grande partie sur les finances locales.

Mais pour l'heure, une question demeure : combien les visiteurs devront-ils payer ? À ce stade, aucun montant officiel n'a été avancé par la mairie et aucune modalité d'application n'a été précisée. Si la mesure était finalement autorisée par la Junta de Andalucía, la capitale andalouse pourrait toutefois s'inspirer du modèle appliqué dans d'autres destinations espagnoles, comme Barcelone. Dans la capitale catalane, la taxe de séjour varie selon le type d'hébergement et peut atteindre plusieurs euros par personne et par nuit. Aucune grille tarifaire n'a cependant été dévoilée pour Séville.

 

Les hôteliers redoutent un impact sur l'attractivité de Séville

L'Association des hôtels de Séville et de sa province s'est rapidement opposée au projet. Les professionnels estiment qu'ils contribuent déjà largement aux finances publiques grâce aux impôts et taxes qu'ils acquittent.

Ils craignent également qu'une taxe de séjour, en augmentant le coût des nuitées, ne réduise la compétitivité de Séville face à d'autres destinations qui n'appliquent pas ce type de prélèvement. Aujourd'hui, le secteur touristique représente près de 18 % du produit intérieur brut de la ville, une part qui dépasse 25 % si l'on prend en compte les retombées indirectes. 
 

Tourisme Séville
Les représentants des hôteliers demandent à la mairie de renoncer à une mesure qu'ils jugent contre-productive pour le tourisme. CC/ Rodrigo Salomon

 

Pourquoi le débat intervient-il maintenant ?

Le débat intervient dans un contexte particulièrement favorable au tourisme. La capitale andalouse enchaîne les records de fréquentation, ce qui nourrit deux visions opposées. D'un côté, la municipalité estime que cette dynamique justifie une contribution financière des visiteurs afin de financer les services publics liés au tourisme. De l'autre, les hôteliers redoutent qu'une hausse du coût des séjours ne finisse par freiner l'attractivité de Séville et une dynamique dont bénéficie aujourd'hui l'ensemble de l'économie locale.

Reste désormais à savoir si la Junta de Andalucía donnera son feu vert à cette demande. Sans modification de la législation régionale, la taxe de séjour souhaitée par José Luis Sanz ne pourra pas être instaurée à Séville.

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