Installée à Málaga, Myriam Barchiche, artiste plasticienne et graveuse installée à Málaga, développe une œuvre sensible et ouverte, entre abstraction et matière. Une démarche artistique qui invite chacun à projeter ses émotions et à entrer dans un dialogue intime avec l’art. Portrait d'une femme en mouvement, ancrée sans être enfermée.


Une vocation née très tôt, soutenue sans relâche
Chez Myriam Barchiche, l'art n'est pas une découverte tardive. C'est une évidence ancienne. Très jeune déjà, elle dessine, expérimente, crée. Son talent est rapidement reconnu : plusieurs distinctions viennent confirmer, dès ses premières années, une sensibilité et une maîtrise hors normes pour son âge.
Mais au-delà du don, il y a un socle : sa famille. Une famille qui croit en elle, qui l'encourage sans jamais freiner son élan. Aujourd'hui encore, cet ancrage tient bon. Son mari et ses deux enfants ne sont pas en marge de son parcours, ils en sont une composante centrale, l'équilibre nécessaire entre exigence artistique et vie pleinement vécue.
S'installer ailleurs : un choix de vie autant qu'artistique
Son installation à Málaga, amorcée pendant la pandémie, marque un tournant. Ce départ n'est pas une fuite, c'est une continuité logique : celle d'une artiste en quête d'ouverture, de lumière, de diversité culturelle. Málaga lui offre une richesse artistique vivante, un rythme plus apaisé qu'à Paris, un environnement propice à la création comme à la vie de famille.
Ce n'est pas un simple déplacement géographique. C'est un repositionnement, pleinement assumé.
Une œuvre ouverte, jamais fermée sur elle-même
Le travail de Myriam Barchiche se situe à la frontière du figuratif et de l'abstrait. Mais sa véritable singularité est ailleurs : elle ne cherche pas à transmettre un message figé. Elle crée pour laisser un espace dans lequel chacun peut projeter son propre vécu, ses émotions, ses interprétations.
Son œuvre n'est pas une réponse. C'est une question posée à celui qui regarde.
Ce positionnement suppose de renoncer au contrôle total du sens. La rencontre entre l'artiste et le spectateur, entre la matière et le regard, entre l'intention et l'imaginaire, devient alors le véritable lieu de l'œuvre.

Une présence active dans la ville
Loin d'une pratique repliée sur l'atelier, Myriam développe une logique d'échange. Elle affine sa technique auprès du maître graveur Paco Aguilar, collabore avec l'association Málaga Art Aprende, participe à des marchés artistiques, réalise des fresques en lien direct avec le public.
Elle ne crée pas seule. Elle crée avec. Sa première vente en Espagne, depuis en Australie, illustre bien cette circulation du sens au-delà des frontières : son travail appartient à la ville sans lui appartenir tout à fait.
Transformer la matière
Un fil moins visible traverse toute sa démarche : sa relation à la matière elle-même.
Versatile, l'une de ses œuvres les plus frappantes, en est l'illustration directe : un cadre en chêne massif, presque brut, enserrant des copeaux de bois sublimés. La tension entre industrie et délicatesse y est immédiate. Le déchet devient œuvre, le banal devient remarquable. Rien n'est figé, tout peut être transformé, élevé.
Une pensée du sensible, entre rupture et transformation
Pour éclairer cette démarche, une référence s'impose : Claire Marin. Philosophe du sensible et des mutations intérieures, elle explore la façon dont les expériences, même les plus déstabilisantes, redéfinissent notre rapport au monde et à nous-mêmes.
On pourrait presque lire l'œuvre de Myriam comme une traduction plastique de cette pensée : transformer, recomposer, laisser advenir.
L'absence et la présence, les deux faces d'un même ancrage
L'expatriation a un coût. Sa famille restée en France lui manque, ce lien demeure structurant. Mais elle a trouvé à Málaga une autre forme d'équilibre : une douceur de vivre, des moments simples, une qualité de présence au quotidien qui nourrit directement sa création. Les tapas partagées, les soirs méditerranéens, la convivialité naturelle d'une ville à taille humaine.
Málaga n'a pas remplacé ce qu'elle a laissé. Elle a complété ce qu'elle est.
Une trajectoire en construction, toujours ouverte
Son regard est tourné vers l'avenir sans rigidité : renforcer le lien entre l'atelier et l'espace public, développer des projets muralistes, multiplier les expositions collectives, préparer des échéances importantes à horizon 2027.
Myriam Barchiche ne crée pas pour être comprise. Elle crée pour que chacun puisse s'y retrouver. Et c'est peut-être là, dans cet espace laissé à l'autre, que réside sa plus grande force : faire de l'art non pas une affirmation, mais une rencontre
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