Il y a des décisions qui n'appartiennent qu'à ceux qui ont vécu suffisamment intensément pour savoir ce qui compte vraiment. Pascal Melsens aurait pu poser les armes. Après une vie professionnelle dense, faite de voyages incessants, de responsabilités à haute altitude et d'une reconnaissance bien établie dans le monde des affaires belge, personne n'aurait trouvé à redire à un retrait paisible au soleil andalou. Il a choisi autre chose.


De Marbella à Monda : un chemin vers l'essentiel
Pascal s'est installé en Espagne il y a quelques années, d'abord à Marbella — cadre séduisant, vie sociale intense — avant de remonter vers l'intérieur des terres, vers Monda, village de l'arrière-pays de Málaga, plus discret, plus authentique. Un mouvement qui dit beaucoup sur l'homme : non pas une recherche de confort, mais une quête de profondeur.

C'est dans ce paysage andalou qu'il a repris en 2025 un mariposario existant à Benalmadena pour le transformer en quelque chose d'inédit : Monowa. Un concept qui dépasse largement le parc à papillons.
Monowa : bien plus qu'un lieu
Monowa est un jardin tropical habité, un espace de sensibilisation à la beauté du vivant, une invitation à ralentir et à observer. Mais c'est surtout, pour moi, un acte de transmission. Transmettre mon amour pour la nature et les animaux. Partager une certaine idée de l'harmonie. Laisser, après soi, quelque chose qui durera

Ce projet s'inscrit dans une démarche plus large, presque spirituelle — un chemin personnel vers le bien et le juste, dans lequel l'entreprise n'est pas une fin mais un vecteur. Un don de soi à un moment de vie où tout aurait pu s'arrêter, et où Pascal a choisi que tout recommence autrement.
Un modèle qui tient debout
Ce qui force le respect, c'est que cette vision ne se fait pas au détriment de la rigueur. Monowa, le plus grand parc de papillons d'Europe, génère près de 20 emplois locaux, réalise un chiffre d'affaires de 1,8 M€, et compte près de 60 % de clientèle régionale.
En travaillant en étroite collaboration avec les tours opérateurs tout en restant ancré dans la communauté, j’ai prouvé qu'un projet qui a du sens peut aussi être un projet sain économiquement
L'expérience accumulée au fil d'une carrière internationale très dense n'est pas étrangère à cette solidité. On ne bâtit pas ce type de modèle par hasard — on le construit avec les réflexes de quelqu'un qui a géré des organisations complexes, négocié à l'international, et appris à son propre rythme les vertus de l'adaptation.
L'Espagne, choisie et assumée
Pascal n'idéalise pas son pays d'adoption. Il évoque franchement le choc du rythme de travail espagnol, si différent de l'efficacité belge à laquelle il était habitué. Mais il a choisi d'apprendre plutôt que de résister, de comprendre les codes plutôt que de les contourner. Cette humilité opérationnelle est, à sa manière, une forme d'intelligence entrepreneuriale.
Cuba, les cigares et la Vespa : l'homme aux mille vies
Pascal ne serait pas tout à fait lui-même sans évoquer Cuba — une passion profonde, presque viscérale. L'île, sa culture foisonnante, sa musique, ses contradictions attachantes : il y a là quelque chose qui résonne avec sa nature de curieux insatiable. Amateur de bons cigares comme il se doit, Pascal a même poussé l'aventure jusqu'à devenir distributeur Vespa à Cuba — une anecdote qui dit beaucoup sur sa façon d'habiter le monde : avec style, avec originalité, et toujours un cran au-delà de ce que l'on attend.
Ce goût pour le beau et pour le rare se retrouve également à table. Pascal est un gourmet assumé, avec une prédilection particulière pour la truffe — ce diamant noir de la gastronomie qui demande patience, connaissance et sensibilité pour être pleinement apprécié. Des qualités qu'il possède manifestement en abondance.
Le goût du rare et du beau
Ce goût du rare se retrouve dans l'une de ses acquisitions récentes : des manuscrits anciens exceptionnels consacrés aux papillons et aux insectes, datant du XVIIIe siècle, que d'autres collectionneraient sous verre mais que Pascal relie naturellement à son projet vivant. L'érudit et l'entrepreneur ne font qu'un chez lui.

Car Pascal est aussi quelqu'un d'une culture remarquable — philosophie, histoire des religions, grandes civilisations — des sujets qu'il habite avec la même aisance naturelle qu'il met à parler de ses jardins ou à sélectionner un cigare. On ressort de ses conversations avec l'impression d'avoir avancé. C'est assez rare pour être souligné.
Ce que Monowa dit de Pascal
On rencontre rarement des entrepreneurs capables de réinventer leur engagement à ce stade de leur parcours, avec autant de sincérité et aussi peu de calcul. Pascal Melsens n'a pas créé Monowa pour prouver quelque chose. Il l'a créé parce qu'il lui restait quelque chose d'important à offrir — à la terre, aux gens, et peut-être aussi à lui-même.
Son jardin est son havre. Mais c'est aussi, pour ceux qui le traversent, une invitation à regarder le monde avec un peu plus de douceur.

J'ai la chance de croiser régulièrement Pascal dans le cadre d'échanges professionnels, et chaque conversation confirme ce que cet article ne fait qu'effleurer. Ce qui me frappe chez lui, c'est une capacité rare à voir grand sans jamais mal faire — une ambition toujours tempérée par une exigence éthique sincère, pas posée en façade. Ses récentes acquisitions de manuscrits anciens sur les insectes en sont l'illustration parfaite : ce goût du beau, allié à une profondeur de connaissance peu commune. Philosophie, histoire des religions, grandes civilisations, gastronomie, culture cubaine — Pascal habite ces sujets avec la même aisance naturelle qu'il met à parler de ses jardins ou à vous recommander le bon cigare. Un homme de curiosité vraie, dans le sens le plus noble du terme.
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