Selon le dernier rapport du Servicio Andaluz de Salud, il faut en moyenne 8,7 jours pour obtenir un rendez-vous médical à Málaga. Ce chiffre préoccupant s’inscrit dans un contexte déjà tendu, révélant les signes inquiétants de défaillance du système de santé andalou.


Quand l’attente devient coutume
Dans la province de Málaga, pour obtenir un rendez-vous chez le médecin, il faut s’armer de patience. Selon le dernier rapport du Servicio Andaluz de Salud, c’est une réalité, les délais ont explosés. Si dans l'Axarquía, le délai est d’environ 4 jours, il atteint les alentours des 10 jours dans le district de Costa del Sol et de Guadalhorce, et dépasse même les 13 jours à Rincón de la Victoria et Fuengirola. Bien au-delà donc, des 48h recommandées par le Forum des médecins de soins primaires
Au cours de cette étude, sur les 684 rendez-vous analysés, seuls 132 répondent aux standards fixés, soit moins de 20 %. Autrement dit, dans plus de 80 % des cas, les conditions ne sont pas remplies.
De la même manière, l’accès au rendez-vous est un problème : un patient sur 5 n'a pas obtenu de rendez-vous au moment de la demande. Au total, 21 % des tentatives pour un rendez-vous en présentiel ont échoué, et dans 32 % des cas, aucun rendez-vous téléphonique n’a pu être obtenu. Pourtant, le Service de santé d'Andalousie dépasse pour la première fois les 30 000 médecins!
Des professionnels à bout de souffle
Cette étude s’inscrit dans un contexte tendu, raviver par la grève des médecins. Ils étaient nombreux dans les rues de Séville ce mercredi 18 mars à dénoncer leurs conditions de travail, devenues insoutenables à leurs yeux. Ils refusent d’enchaîner les semaines de 60 ou 70 heures et revendique davantage de recrutements, et une réduction de la pression administrative. De plus, L’Espagne se classe seulement au 19e rang de l’OCDE pour la rémunération des médecins alors que la pression sur le système de santé par habitant y est parmi les plus élevées.
Los médicos vuelven a protestar en la calle por un estatuto propio y mejores condiciones laborales
— CanalSurNoticias (@CSurNoticias) March 18, 2026
El colectivo, en plena semana de huelga, se ha manifestado este miércoles en Sevilla
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Promue par le Syndicat médical andalou, la grève entre dans sa troisième semaine, et gagne en intensité. De fait, dans une image d'unité inhabituelle, la mobilisation a réuni des représentants de toutes les organisations médicales andalouses, affichant un suivi de presque 24%. Son président, Rafael Ojeda, averti que la situation a atteint un point de rupture :
Nous sommes confrontés à une rupture d'un modèle sanitaire. Le corps médical a dit assez
« Une erreur peut tuer »
En parallèle, une chose est certaine, les patients restent dans le besoin. Selon une étude de l’Universidad CEU San Pablo à Madrid, le système de santé espagnol montre des signes de faiblesse. Ainsi, elle confirme elle aussi l’augmentation des listes d’attente. Toujours selon elle, plus de 850 000 patients attendent une intervention chirurgicale, avec des délais moyens dépassant plus de 160 jours en Andalousie. D’un autre côté, les consultations chez les spécialistes sont également de plus en plus longues à obtenir, avec plus de 100 jours d’attente en moyenne, contre environ 60 il y a dix ans.
En outre, une énième alerte de l’Hospital Virgen del Rocío alerte sur des retards dans les dépistages du cancer du sein, affectant plus de 2000 femmes dans la région. Certains résultats ont été communiqués avec plusieurs mois, voire jusqu’à deux ans de retard, retardant la prise en charge et compromettant le diagnostic précoce. Une controverse déjà dénoncée en 2024.
Meme s’il montre des signes de détérioration croissante le système de santé espagnol reste efficace. Pour des informations, consultez L’étude de l’Universidad CEU San Pablo (version française)
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