Il y a des villes que l’on découvre en regardant. D’autres que l’on commence par écouter. À Séville, Lucia invite les visiteurs à faire les deux. D’origine espagnole, passée par Strasbourg pour ses études, elle sillonne les rues du centre historique en français et transforme une simple promenade en voyage à travers les siècles. Une parenthèse de près de deux heures, en petit groupe, où chaque détour semble avoir quelque chose à raconter.


Il suffit parfois de lever les yeux
Au départ, rien ne distingue vraiment cette matinée des autres dans le centre historique de la capitale andalouse. Les passants se croisent, les terrasses se remplissent et les visiteurs avancent, appareil photo à la main.
Quand soudain, Lucia arrive, un drapeau français à la main.
Une fois le groupe réuni, elle commence à parler et, très vite, la promenade prend une autre allure. La guide ne récite pas une succession de dates apprises par cœur. Elle raconte. Ses mains accompagnent ses explications, son visage change au fil du récit et son enthousiasme finit par gagner les visiteurs qui l’entourent.
Au fil de la visite, on s’arrête devant une façade, au détour d’une place ou d’une ruelle que l’on aurait probablement traversée sans y prêter attention. Mais Lucia, elle, sait pourquoi cet endroit mérite que l’on s’y attarde quelques minutes. Derrière une architecture, un détail ou une rue se cache un morceau du passé de Séville.
Au fil des pas, les siècles défilent sous nos yeux. La ville contemporaine laisse progressivement place à celle d’hier. Les différentes périodes ayant marqué la capitale andalouse s’entremêlent et permettent de mieux comprendre ce que l’on a sous les yeux. Et c’est là que réside la particularité de cette balade : donner du sens à ce que le visiteur regarde.
Mais puisqu’un magicien ne dévoile pas ses tours avant son spectacle, certaines étapes de notre parcours resteront volontairement secrètes. Les dévoiler reviendrait à retirer une partie du plaisir de la découverte. Et sans cela, où serait l’intérêt ?
Une Sévillane aux accents français
Mais cette proximité avec les visiteurs français n’est pas un hasard. Lucia connaît bien leur langue et leur culture. Après avoir étudié à Strasbourg, elle y a découvert les us et coutumes, les mimiques et les habitudes qui peuvent parfois différer d’un pays à l’autre.
Cette double expérience donne une couleur particulière à ses explications. Elle connaît Séville de l’intérieur, mais elle sait aussi comment la ville peut être perçue par quelqu’un qui la découvre pour la première fois.
Une nuance importante lorsqu’il s’agit de raconter une ville aussi riche que la capitale andalouse. Plutôt que d’accumuler les informations, Lucia cherche le détail qui permettra au visiteur de retenir une histoire, de comprendre une époque ou simplement de regarder différemment un endroit devant lequel il serait passé sans s’arrêter.
Son enthousiasme fait le reste. Les échanges avec le groupe s’installent naturellement et la frontière entre le discours de la guide et la conversation disparaît parfois.
Séville, l’Andalouse qui fait chavirer le cœur des Français
Avec son père, Lucia propose ces découvertes au sein de Sevilla Mon Amour une structure qui organise plusieurs parcours à travers la capitale andalouse, notamment en français. Parmi eux, des circuits consacrés aux monuments emblématiques, mais également aux secrets, mystères et légendes de la ville.
Une parenthèse avant les grands monuments
Pour un visiteur qui vient pour la première fois à Séville, cette balade peut aussi constituer une première étape avant de partir à la découverte des incontournables.
L’Alcazar, la cathédrale ou la Giralda racontent eux aussi une partie de la ville. Mais les visiter après avoir parcouru ses rues et entendu quelques-uns de leurs secrets permet de les regarder avec un autre regard.
Ici, pas de course d’un monument à l’autre. Le groupe avance à son rythme et reste volontairement réduit. Lucia accueille au maximum une quinzaine de personnes, avec l’objectif de conserver une certaine proximité. Lors de notre passage, nous étions sept.
Le fonctionnement financier est lui aussi différent d’une excursion touristique classique. Dans le cadre des Freetours proposés par Sevilla Mon Amour, aucun tarif fixe n’est imposé à l’avance. À la fin du parcours, chacun est libre de donner la somme qu’il estime correspondre à l’expérience vécue. Le site indique une contribution généralement comprise entre 10 et 25 euros par personne.
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