L'économie andalouse devrait afficher en 2026 une croissance moyenne de 2,7 %, légèrement supérieure à celle de l'Espagne (2,3 %), selon les prévisions de l'Observatoire économique d'Andalousie (OEA). Ce dynamisme, porté par l'emploi et le tourisme, devrait toutefois se modérer à 1,9 % en 2027, prévient l'organisme dans son rapport « Économie andalouse. Deuxième trimestre 2026 », présenté ce jeudi. Un rythme qui n'a guère de comparaison avec celui de la France, où la croissance attendue plafonne entre 0,5% et 0,8% sur la même période.


Une croissance andalouse tirée par l'emploi et le tourisme
Lors de la présentation du rapport, le président de l'OEA, Francisco Ferraro, a indiqué que les projections pour l'Andalousie en 2026 et 2027 restent « semblables » à celles de l'Espagne, voire « légèrement meilleures », la région pouvant dépasser de quelques dixièmes le rythme national.
Ce dynamisme s'explique avant tout par la progression de l'emploi, la bonne tenue du tourisme et le déploiement final des fonds structurels européens, dont l'exécution se traduit désormais par une hausse de l'investissement productif régional, a précisé l'économiste.
Le PIB régional accélère au deuxième trimestre 2026
Selon l'Indicateur Indicador Sintético de Actividad (IOEA), le PIB andalou a progressé de 0,8 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent, portant la croissance en rythme annuel à 3%. Ce chiffre dépasse la moyenne nationale (+2,7 %) et surclasse largement la zone euro, dont l'activité reste limitée à +0,8 %.
Ce résultat s'appuie principalement sur le secteur des services et sur la vigueur de la demande interne. L'OEA estime que l'Andalousie dispose désormais d'un « point de départ optimal » pour prolonger son expansion durant la seconde moitié de l'année.
Des fragilités structurelles derrière la croissance
Le rapport pointe cependant plusieurs facteurs de risque. En Andalousie, l'emploi progresse plus vite que le PIB, ce qui entraîne un recul de la productivité — un phénomène que Francisco Ferraro juge porteur de « risques graves à moyen terme » pour la croissance future de la région, comme cela s'est déjà produit « à de nombreuses reprises » sans permettre à l'économie andalouse de converger avec celle de l'Espagne.
« Une croissance fondée sur un emploi peu qualifié, faiblement rémunéré et peu productif finit par se retourner contre notre capacité de croissance future », a averti l'économiste. L'OEA souligne également la forte concentration des exportations andalouses vers l'Europe, dont la capacité d'absorption est jugée « relativement déclinante », et recommande une diversification vers les économies émergentes d'Amérique et d'Asie.
La industria andaluza acelera su crecimiento muy por encima de la media española https://t.co/d9liStkfgr
— SUR Andalucía (@SUR_Andalucia) September 6, 2026
L'Espagne, résiliente mais rattrapée par l'inflation
Pour l'ensemble de l'Espagne, l'OEA anticipe une croissance de 2,3 % cette année. Francisco Ferraro qualifie le pays de « grande championne d'Europe » en matière de résilience économique dans une période jugée particulièrement instable, tout en relevant un développement « inégal » selon les secteurs.
La consommation et l'investissement restent portés par un marché du travail dynamique, mais la balance commerciale des biens se dégrade, les exportations reculant alors que les importations progressent — un déséquilibre partiellement compensé par les services, touristiques et non touristiques. Le principal frein demeure l'inflation, qui a atteint 4,3 % en août et devrait s'établir en moyenne à 3,6 % sur l'année, sous l'effet du choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient. Les salaires perdent déjà du pouvoir d'achat, si bien que la progression future de la consommation dépendra davantage des nouveaux emplois créés et des revenus du capital que des salaires existants.
Un écart de croissance qui se creuse face à la France
La comparaison avec la France fait ressortir un contraste marqué. Selon la note de conjoncture de l'Insee, le PIB français ne progresserait que de 0,7 % en 2026, après 0,9 % en 2025 — un rythme que la Banque de France a depuis révisé à la baisse, à 0,5 % pour l'année. L'OFCE, plus optimiste, évoque de son côté une croissance proche de 0,8 % en 2026 et 1 % en 2027.
Quel que soit l'institut retenu, l'écart avec l'Andalousie, et plus largement avec l'Espagne, reste considérable : la croissance espagnole se maintient à un niveau trois à quatre fois supérieur à celle de la France. Ce différentiel s'explique notamment par un marché du travail français moins dynamique, une consommation des ménages freinée par l'incertitude budgétaire et politique, et un chômage attendu en hausse, autour de 8,2 % à 8,3 % fin 2026, alors que l'Espagne bénéficie du plein effet de l'emploi et du tourisme. À l'inverse, l'inflation française, anticipée à 1,8 % en 2026, reste nettement inférieure à celle observée en Espagne (3,6 % en moyenne sur l'année), où le choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient pèse davantage sur les prix.
L'Andalousie devrait donc continuer, en 2026, à croître légèrement plus vite que le reste de l'Espagne, portée par l'emploi, le tourisme et les fonds européens. Mais ce rythme, appelé à ralentir à 1,9 % en 2027, repose sur des bases jugées fragiles par l'OEA : une productivité en baisse et des exportations trop dépendantes d'un marché européen à la capacité d'absorption limitée.
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