Les choses semblent s'agiter pour l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt retenue en otage par les Farc depuis 2002. Paris et Bogota multiplient les actions pour que la situation se débloque. Mais les guérilleros ne semblent pas vouloir passer à l'action
Depuis quelques jours, le Président colombien Alvaro Uribe multiplie les actions en faveur des Farc, les guérilleros qui détiennent 54 otages politiques et militaires, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt. Lundi, Bogota a procédé à la libération d'un des hauts fonctionnaires des Farc, Rodrigo Granda, considéré comme le "ministre des Affaires Etrangères"du mouvement. Ce dernier a été libéré sans obligation de renoncer à la lutte armée. Demain 184 autres prisonniers devraient être relâchés de manière unilatérale, mais ces derniers devront suivre un programme de réinsertion et poser les armes. Alvaro Uribe a déclaré que ces libérations avaient pour but de favoriser la libération des otages détenus par la guérilla.
Le Président colombien a aussi parlé de sa conversation téléphonique avec Nicolas Sarkozy, et a déclaré que la libération de Granda s'était faite sur sa demande exclusive. Celui-ci pourrait servir de négociateur principal. L'axe Paris-Bogota se resserre donc pour que la situation se débloque rapidement.
Négociations au point mort
Mais malgré toutes ces actions, le Président Uribe se heurte à plusieurs points de désaccord avec la guérilla. En effet les Farc demandaient un échange simultané des otages dans une zone démilitarisée et sous la surveillance d'observateurs internationaux. Mais Bogota se refuse d'accepter une telle requête. L'expérience, déjà entreprise entre 1998 et 2002 par l'ancien président Andrés Pastrana, avait été désastreuse.
Car, à côté de leur mouvement de libération du pays, les Farc sont impliqués dans plusieurs trafics de drogue, et aimeraient avoir le champ libre pour leurs affaires. L'avocat de Granda a dénoncé une libération forcée de son client et estime que la possibilité de négocier avec la guérilla marxiste est actuellement au point mort. Ce qui n'est pas une très bonne nouvelle pour Nicolas Sarkozy qui a fait de la libération d'Ingrid Betancourt un des objectifs prioritaires de sa campagne.
Antoine de FOURCROY (www.lepetitjournal.com) mercredi 6 juin 2007
En savoir plus :
Le Figaro : La presse colombienne s'empare de l'"affaire Betancourt"
Liberation : La famille Betancourt reçue à l'Elysée
Le Monde : En Colombie, les FARC qualifient de "supercherie"la libération de guérilleros par le président Uribe








































