Samedi 31 octobre 2020

Elisabeth Roux (Boost4leadership): "Je coache & développe des leaders"

Par Vincent Garnier* | Publié le 08/07/2020 à 12:46 | Mis à jour le 08/07/2020 à 12:54
Photo : DR
elisabeth roux

C'est l'histoire d'une chasseuse chassée, mais aussi le parcours d'une dirigeante qui sait ce qu'elle veut et connaît le prix de sa liberté. Arrivée en Espagne fraichement diplômée de la Toulouse Business School (ex ESC Toulouse) dès 1993, Elisabeth Roux a fait l'essentiel de sa carrière dans le secteur des ressources humaines. En 2019 elle créée à Madrid Boost4leadership, une structure dédiée au top management et ayant pour mission de préparer les dirigeants d'entreprise aux défis de demain.

 

"Volatility, uncertainty, complexity and ambiguity". L'acronyme VUCA est aujourd'hui plus que jamais de circonstance, pour un marché du travail qui avant la crise du Covid déjà, tendait à préparer les leaders à sortir de leur zone de confort. "Je prépare depuis plus de 10 ans, les dirigeants au changement permanent", avance Elisabeth Roux, "mais la situation actuelle a fait exploser la tendance". Et la Gerçoise sait de quoi elle parle. Depuis la fin des années 90, elle s'efforce depuis Madrid de découvrir les talents, mais aussi de définir avec les entreprises les compétences les plus idoines pour le top management, notamment dans le cadre de projets inter et transnationaux, impliquant des ressources humaines de plusieurs pays. "Si auparavant le recrutement se faisait sur la base des fonctions à développer au sein d'un poste, désormais c'est le 'match' entre les valeurs de l'entreprise et de ses dirigeants qui est crucial", explique-t-elle. "Mais lorsque nous lançons une mission de chasse, c'est aussi ce que les personnes peuvent apporter à l'entreprise, leur capacité à enrichir cette dernière, qui prime sur leur aptitude à revêtir les fonctions du poste à couvrir".

 

Mettre le doigt sur le "gap" culturel


Du madrilène Geserv au français BPI, en passant par l'américain Olsten, l'autrichien Neuman International ou le britannique Penna, Elisabeth Roux s'est en plus de 20 ans inspirée des cultures de toute une série de cabinets de conseil en leadership. Elle affirme une claire prédilection pour les tendances anglo-saxonnes, "en avance sur le marché mondial en matière de gestion de talent". Si la chasseuse fut chassée et s'est dédiée avec passion à débusquer la perle rare, elle a aussi et surtout eu à cœur de développer des nouveaux services complémentaires, à l'instar de ce qu'elle aura réalisé de 2006 à 2016 pour le groupe Penna. Coaching, formation en leadership, assessment, tests psychométriques, ateliers individuels et/ou collectifs, évaluation et conseil en ressource humaine -autant de compétences complémentaires au recrutement qui font désormais partie de la palette de services proposés par sa structure Boost4leadership, créée en 2019. Une structure dont elle ne cache pas la vocation élitiste, avec un goût évident pour dénicher, recruter, mais aussi accompagner et former les cadres du top management. "Je coache et développe des leaders", aime-t-elle à répéter.

 

Les besoins individuels, liés aux traumatismes du confinement, vont être supérieurs


"Nos clients ont besoin d’une expertise extérieure pour mieux comprendre le fonctionnement de chaque pays dans lequel ils seront amenés à développer leur business", décrypte Elisabeth Roux. Avec un parcours ancré dans la multiculturalité, la fondatrice de Boost4leadership s'applique donc à mettre le doigt sur le "gap" culturel qui peut exister entre la structure d'origine et son pays d'implantation. A l'instar de son travail pour Airbus ou Bolloré, elle forme les leaders du monde entier, en s'appuyant sur un réseau d'experts installés aux 4 coins du globe. Et si la crise du Covid l'a contrainte à revoir les formats, à développer des webinaires et sessions de coaching en virtuel, c'est surtout les contenus qui ont été revus. "Pour les entreprises, il va falloir laisser passer l'été et voir comment se réorganisent les équipes, pour que les leaders puissent établir les différents scenari à venir", remarque Elisabeth Roux. "Pendant cette période de transition, il est néanmoins indispensable que nous continuions à les accompagner, sachant que les besoins individuels, liés aux traumatismes du confinement, vont être supérieurs à ce qu'ils étaient jusque-là". Formulé autrement, les leaders ont besoin de surmonter leur propre crise avant de pouvoir gérer celles de leurs équipes. "Les entreprises qui ont eu du mal gérer le confinement et n’ont pas pu ou su accompagner leur employés, vont subir un effet boomerang qui risque de miner la motivation des salariés".

 

Responsable à Madrid du réseau d'alumni TBS

Cet été, les dirigeants devraient donc se dédier à "petit un" prendre des vacances bien méritées et nécessaires à leur équilibre et "petit deux" élaborer des scénari pour organiser la rentrée. De son côté, Elisabeth Roux prévoit les besoins sur lesquels les spécialistes en ressources humaines devront intervenir : leadership à distance et communication en période de crise, mais aussi formations sur des notions comme l'acceptation des erreurs, le courage, ou l'identification de l'état émotionnel des individus et des équipes. Membre du Conseil d’administration, co-responsable de la commission RRHH de La Chambre, intervenante dans différentes business school et responsable à Madrid du réseau d'alumni TBS, Elisabeth Roux estime aussi que plus que jamais, il faudra donner pour recevoir. Elle en a d'ailleurs fait son leitmotiv, et s'applique la devise au pied de la lettre. "J'essaye de travailler avec des clients qui n'ont pas seulement un objectif d'enrichissement, mais qui apportent véritablement une valeur ajoutée à notre société et aux personnes qui la composent", défend-elle. Convaincue que les entreprises "ont de l'impact", ce n'est donc pas pour rien qu'elle se propose de former des "leaders durables", vilaine traduction d'une expression courante en anglais : sustainable executive leaders. "Le Covid apporte de nouvelles opportunités, pour que notre engagement entrepreneurial aille au-delà du simple profit", conclut-elle.

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