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Le bureau Espagne des CCE renouvelé et élargi

Par Vincent GARNIER | Publié le 02/03/2022 à 17:30 | Mis à jour le 03/03/2022 à 11:09
Photo : Emmanuel Mielvaque, Président des conseillers du commerce extérieur de la France en Espagne / DR
emmanuel mielvaque, président des conseillers du commerce extérieur de la france en Espagne

Emmanuel Mielvaque est reconduit pour un troisième mandat de 3 ans à la présidence des Conseillers du commerce extérieur de la France en Espagne. Il aura pour rôle d'orchestrer, dans un contexte post-pandémique, les missions d'information et de conseil des pouvoirs publics, mais aussi d'appui aux entreprises, via, c'est la grande nouveauté cette année, le dispositif mis en place avec EFE International, qui permettra aux entreprises françaises installées en Espagne de bénéficier du programme V.I.E.

 

C'est donc parti pour un troisième mandat, acté lors de l'AG des CCEF Espagne le 25 janvier dernier, qui reconduit ainsi Emmanuel Mielvaque aux fonctions qu'il occupe depuis 6 ans déjà. Le président des CCEF à Madrid, par ailleurs président de la Comission Appui aux entreprises au sein du Comité National des CCEF, qui chapeaute les 4.500 conseillers répartis sur les 5 continents (60 en Espagne), aura la délicate mission de gérer le déploiement en Espagne, pays pilote avec l'Allemagne, du dispositif EFE International... Entre autres, car la feuille de route, actée avec l'Ambassade la semaine dernière, est largement plus complète. Pour assurer ses ambitieux objectifs, le comité Espagne des CCEF s'est doté d'un bureau élargi, qui devrait épauler le Président sur les différents axes de travail de la cellule. Outre l'indéfectible Jean Fribourg, Vice-Président en charge du comité EFE, on notera les prises de fonction de Nicolas Loupy (Dassault Systèmes) comme Secrétaire Général, en remplacement de Françoise Martinage. Autre remplacement, c'est désormais Cécilia Boned (BNP Paribas) qui sera en charge de la Trésorerie, son prédecesseur étant rentré en France. Les incorporations au Bureau de Bertrand Rigaud (Rentall-Partners) et Grégoire de Lestapis (October), le duo chargé de piloter l'appui eux entreprises, mais aussi d'Ana Gil (EDF) et de Jean François Fallacher (Orange), viennent compléter une équipe en outre formée par Bénédicte Deigat (Longchamp), en charge du sponsoring et du comité de candidatures, et à Barcelone par Pascal Bourbon (A2Bi), responsable du pôle formation, V.I.E. et attractivité.

En Espagne, un comité rajeuni et féminisé

Si les deux mandats précédents auront été marqués d'une part par le renouveau des membres, et d'autre part par la gestion de la pandémie, les CCEF Espagne affrontent les défis du mandat à venir avec un comité rajeuni (la moyenne d'âge est passé de 72 à 54 ans) et féminisé (la proportion de femmes parmi les conseillers étant passé de 10 à 22%), dans la lignée de la tendance marquée par le Comité à l'échelle mondiale. La concentration des sièges sociaux d'entreprises sur Madrid, suite à l'effet cumulé de la pandémie et du processus indépendantiste en Catalogne a par contre fortemment impacté la répartition géographique des CCEF en Espagne : 42 sont installés dans la capitale, 10 à Barcelone et seule une poignée de conseillers sont issus des régions. C'est notamment pour pallier ce déficit de représentation en province que la prochaine réunion annuelle du comité se tiendra à Valladolid, en Castille-et-Léon. L'occasion pour les CCE d'identifier de potentiels membres, mais aussi de connaître au plus près la situation de l'entrepreneuriat français dans la région, à l'instar de l'usine Renault, que les conseillers ne manqueront pas de visiter. "Nous en profiterons pour comprendre comment y sont utilisés les fonds du Plan Next Generation, décline Emmanuel Mielvaque, mais aussi prendre le pouls la zone d'influence française dans la région, de rencontrer les responsables politiques locaux et connaître leur vision de l'attractivité des régions françaises". 

De fait, le passage par les usines Renault permettra de répondre à certaines questions prioritaires dans la feuille de route des CCEF, dans le cadre d'une année 2022 qui sera marquée par une veille informative particulièrement axée sur les questions relatives à l'urgence climatique ou encore sur les problèmes d'approvisionnement en provenance de la Chine, et la tentation -ou pas- de relocaliser la production en Europe. En attendant de connaître l'impact de la crise ukrainienne, le Comité digital, animé par le Vice-Président Jean Fribourg, ne devrait pas non plus chômer, avec des focus prévus sur les politiques d'intelligence artificielle et leurs conséquences au niveau de l'organisation entrepreneuriale, mais aussi sur la très sensible question de la cybersécurité. Pour le Président des CCEF Espagne, par ailleurs CEO de TMC pour la France, l'Espagne et le Portugal, "il est essentiel de savoir ce que font les entreprises françaises dans ce cadre là et de mener une veille active par secteur".

Cartographie de la présence entrepreneuriale française en Espagne

Mais pour les CCEF, il s'agit aussi de participer à l'élaboration d'une véritable cartographie de la présence entrepreneuriale française dans le pays. Au-delà des "chiffres officiels", qui font référence aux quelque 2.000 filiales d'entreprises françaises recensées sur le territoire, les responsables de l'export estiment que le nombre d'entreprises de droit local, créées et dirigées par des Français résidant en Espagne est largement supérieur. À ce jour, la centralisation de l'information à cet égard fait pourtant défaut, sans compter toutes les structures que le maillage français en Espagne (Business France, CCI, French Tech, Consulat etc.) n'a pas permis de détecter. "Il est temps de mesurer les impacts des actions des Entrepreneurs Français de l’Étranger (EFE)", estime Emmanuel Mielvaque. Suite à la création en France d'EFE International, sous la tutelle des CCE et de CCI France International, l'objectif est aussi d'établir une liste d'entreprises portant "la marque France", c’est-à-dire "des entreprises assurant la promotion d’un savoir-faire français particulier ou contribuant au développement du commerce extérieur de la France, en représentant et distribuant des produits ou services français, dans des proportions significatives par rapport à leur activité globale (contribution directe) ou en recommandant le recours à des produits ou savoir-faire français dans le cadre de leurs activités professionnelles (contribution indirecte)", explique le Président des CCEF en Espagne. L'objectif est de labéliser une cinquantaine d'entreprises en Espagne dès 2022, afin de leur permettre de bénéficier du droit de demander à utiliser les services de V.I.E. en totale collaboration avec Business France. Dans cette démarche, "nous allons jouer un rôle de facilitateur et de coordinateur auprès des entreprises qui seront identifiées et qui postuleront", résume Emmanuel Mielvaque.

La France disposera-t-elle prochainement d'un ministre du Commerce extérieur, comme demandé par le Président du Comité National, Alain Bentejac ? Pas sûr, mais en attendant les CCE continueront à jouer un rôle essentiel (et bénévole) non seulement la veille et le conseil des pouvoirs publics, mais aussi dans l'accompagnement des entreprises se développant à l'étranger, en ouvrant leur carnet d'adresse, en partageant leur expérience et en sensibilisant aux spécificités du pays. "Les missions de mentorat que mènent nos membres font gagner en moyenne de 6 à 8 mois aux entreprises qui s'installent à l'étranger", rappelle le Président du Comité Espagne. "La tendance que je note c'est que depuis la pandémie, il y a des acteurs français qui sont à la recherche d'opportunités d'acquisition dans le pays", observe-t-il. "L'Espagne est un pays d'entreprises familiales et la transmission n'est pas toujours évidente ; il y a de belles opérations à mener". 

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