Connaissez-vous l’œuvre déroutante d’Ewa Juszkiewicz à plus d' 1 million de dollars ?

Par Valentin Jay | Publié le 03/06/2022 à 13:28 | Mis à jour le 03/06/2022 à 15:18
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Avez-vous déjà entendu parler de la star montante de la peinture polonaise Ewa Juszkiewicz, originaire de Gdansk ? Son tableau, inspiré d'une œuvre du Français Louis-Léopold Boilly, a été vendu le 10 mai dernier chez Christie’s pour le montant de 1,56 million de dollars, bien au-delà de l’estimation initiale. Une somme qui va permettre de lever des fonds pour le musée de l’Histoire des Juifs polonais de Varsovie (POLIN), afin de financer divers projets, dont un destiné à la distribution de repas aux réfugiés ukrainiens. 

 

L'œuvre du Français Louis-Léopold Boilly revisitée 215 ans après, par une Polonaise 

 

 

L’œuvre en question est inspirée de Madame Saint-Ange Chevrier, une peinture du français Louis-Léopold Boilly réalisée en 1807 et représentant le portrait d’une femme posant dans un cadre bucolique.

L’œuvre de l’artiste originaire de Gdansk reprend ces éléments tout en enveloppant la tête de la modèle, créant une atmosphère étrange et dénotant avec les codes de l’œuvre originale.

Faudrait-il y voir un sens politique sur la condition des femmes en Pologne ?

 

La question de la place de la femme dans l’art au cours de l’histoire...

Ce n’est pas la première fois qu’Ewa Juszkiewicz utilise ce procédé. L’artiste aujourd’hui basée à Varsovie s’inspire de peintures européennes allant de la Renaissance au XIXe siècle pour mieux interroger le spectateur sur les canons historiques de l’art.

Commencée en 2011, cette série de portraits féminins caractérisée par des visages déformés remet en question la place de la femme dans l’art au cours de l’histoire. Celle-ci est souvent reléguée à un simple objet de beauté anonyme.

Dans une interview donnée à Berlin Art Link, l’artiste explique qu’elle essaye également « d’entamer un dialogue sur la modernité et d’élargir notre interprétation du passé à travers ces changements et déconstructions ». En quelque sorte, le masque « nous libère des conventions auxquelles nous avons adhérées toute notre vie ».

L’élément surréaliste venant cacher le visage de la protagoniste vient donc nous interroger sur notre conception de la beauté.

 

 

 

La vente de portrait de femme (d’après Louis Leopold Boilly) vise à lever des fonds pour le musée de l’Histoire des Juifs polonais de Varsovie (POLIN). Celui-ci est basé sur l’ancien emplacement du ghetto de Varsovie et a ouvert ses portes en 2013, à l’occasion du 70e anniversaire de l’insurrection du ghetto juif.

Les fonds récupérés par la mise aux enchères de l’œuvre de Juszkiewicz permettront de financer divers projets, dont un destiné à la distribution de repas aux réfugiés ukrainiens.

 

 

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Valentin Jay

Etudiant au sein du master AlterEurope à l’Université de Lyon - formation spécialisée dans l'étude de l'Union Européenne et de son voisinage, je suis stagiaire à la rédaction. Je m'intéresse à l'informatique, au graphisme et à la veille internationale.
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