Quand mon installation à Valence vire au cauchemar

Par Louisa Desgrees | Publié le 24/07/2022 à 11:07 | Mis à jour le 24/07/2022 à 16:56
Photo : Ryan Snaadt, Unsplash
un homme en train de s'arracher les cheveux

Qui n’a jamais vécu l’angoisse d’une installation à l’étranger ? Chercher, éplucher, comparer… jusqu’à enfin trouver le logement parfait. Se loger aujourd’hui peut paraître bien plus simple grâce au développement des technologies, aux multiples plateformes conçues à cet effet, mais c’est sans compter sur les arnaques qui inondent les marchés immobiliers et qui sont fréquentes à Valence. Fausses annonces, insalubrité, escroquerie, ou comment votre séjour de rêve se transforme en cauchemar.
 

Annonce en ligne : trop beau pour être vrai

Les affres de l’insalubrité à Valencia

“J’ai eu beaucoup de mal à trouver un appartement. Et à deux semaines de la rentrée, je n’avais pas d’autres options”. Thomas, étudiant en kinésithérapie, s’est installé à Valence en septembre dernier. 

Alors que le début des cours approchait, une annonce sur un site de location se démarquait. Un loyer abordable, des photos attrayantes, le tout à quelques pas de la mer. Mais, dès les premiers instants, tout ne se passe pas comme prévu : “Arrivé sur les lieux, ça ne ressemblait pas du tout aux photos. L’agent explique que l’appartement que j’avais réservé et payé n’était plus disponible”. N’ayant pas de solution de repli, Thomas accepte le bien proposé, mais les mauvaises surprises ne vont pas tarder pas à se manifester.

Mais le cauchemar a vraiment commencé lorsqu’on s’est rendu compte que le lieu était infesté de cafards.

C’est le fléau des grandes villes. Face à l’arrivée massive d’étudiants et au manque d'offres de biens immobiliers, de nombreux propriétaires négligent l’hygiène des logements. De plus en plus, expatriés, étudiants ou vacanciers font face à l’insalubrité. “En plus d’être différents des photos, les lieux étaient insalubres, sales. Le sol était gras”, confie Thomas, le visage figé par un air de dégoût. “Mais le cauchemar a vraiment commencé lorsqu’on s’est rendu compte que le lieu était infesté de cafards”. La cuisine en était envahie, l’agence n'intervenait pas, alors Thomas a consacré un budget dans l’extermination de ses nombreux colocataires à six pattes. C’est finalement en haussant le ton que le jeune étudiant a convaincu le propriétaire de contacter un exterminateur.

une chambre très sale à Valencia avec une télé et beaucoup de livres par terre
Face à l’arrivée massive d’étudiants et au manque d'offres de biens immobiliers, de nombreux propriétaires négligent l’hygiène des logements. / abbamouse, CC BY-SA 2.0

 

Lorsque agence rime avec négligence

Obtenir gain de cause face aux agences qui ferment les yeux sur les plaintes est devenu un combat perpétuel pour les locataires. Cecilie, originaire d’Allemagne et à la découverte de Valence, a baissé les bras devant ses réclamations laissées sans réponse : “Régulièrement, il n’y a plus d’eau chaude, l’électricité se coupe plusieurs fois dans la journée. Lorsque je l’ai notifié, l’agence a refusé de me croire”

 

Arnaque à la carte dans la Communauté valencienne

Une vitrine alléchante

Julien, parisien tombé amoureux de la ville de Dénia au sud-est de la Communauté valencienne, désirait acquérir un bien dans les environs. Après maintes recherches, une annonce correspondait à ses attentes. 

Mais très vite vient une première zone d’ombre. “N’étant pas sur place, un ami devait faire la visite à ma place. On tombe d’accord sur une date, mais la veille, l’agent nous explique que le propriétaire ne veut plus vendre. Elle me propose en revanche un autre logement qui collait tout à fait à mes recherches”

Il engage assez rapidement les démarches et contacte une société d’aide pour les expatriés anglophones et francophones, chargée des documents administratifs et transactions financières de leurs clients. Julien touche son rêve du bout des doigts. “Suite à une dernière visite, l’agent m’explique qu’il faut signer un compromis de vente. Je décide alors de contacter la société d’expatriés pour valider, car le contrat stipulait un versement de près de 10% de la somme totale sur une échéance d’environ trois semaines”. À nouveau, Julien reçoit la bonne nouvelle et se rapproche un peu plus de cette vie tant attendue. “La société valide toutes les informations du contrat et m’explique que cela se fait fréquemment. Les propriétaires étant ukrainiens, ils avaient besoin de liquidités rapidement. En plein contexte de guerre, cela m’a paru cohérent”

Julien réalise un premier virement, qui le lie officiellement à cette vente. Appel avec le syndic, paperasse et versements chez le notaire, tout se présente parfaitement aux yeux du futur acquéreur. Mais la vente va prendre une tout autre tournure.

Quand vient enfin le jour de la signature avec le notaire, personne ne se présente. Ni propriétaire, ni agent.

Le début du cauchemar

“Quand vient enfin le jour de la signature avec le notaire, personne ne se présente. Ni propriétaire, ni agent”. Le ton grave et irrité, il reprend. “Je décide de me rendre à la police. J’appelle également la banque par laquelle est passé le virement, qui me répond que le bénéficiaire a retiré la totalité de la somme en liquide”. Grâce à toutes les preuves fournies, une plainte a été déposée.

30.000 euros, c’est la somme qui a été volée à Julien qui se bat depuis avril. “C’est un rêve qui s’est transformé en cauchemar”. Alors que l’enquête suit son cours, le jeune parisien a noté un problème plus profond : “Ce que je ne saisis toujours pas, c’est qu’ils ont pu utiliser un numéro d’identité espagnol, ouvrir une société, exercer, ouvrir un compte en banque et même arnaquer des gens à plusieurs reprises, sans aucun contrôle, aucun suivi. Cela m’a appris que, contrairement aux propriétaires, ni les locataires, ni les acquéreurs ne sont protégés par la loi”.

Il n’est donc pas toujours évident de déceler une arnaque, et encore moins d’y faire face. S’il existe certains moyens d’y échapper, le plus sûr reste d’engager un avocat afin d'être encadré par la loi et de connaître tous ses droits.

 

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Louisa Desgrees

Étudiante en journalisme, et jamais plus de deux ans au même endroit, le voyage et les nouveaux horizons régissent ma vie ! J’aime qu’à travers la main du journaliste s’écrive un récit du monde en train de se faire.
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