Bonne nouvelle pour les amoureux du patrimoine valencien. Les Torres de Quart, l’un des monuments les plus emblématiques de Valencia, rouvriront au public ce lundi 16 février, après quatre mois et demi de travaux de nettoyage, de conservation et de protection.


Elles ont fermé pour raisons de sécurité. Officiellement. En réalité, les Torres de Quart avaient besoin d’être soignées. L’humidité, le temps, les caprices du climat, et quelques incivilités, avaient fragilisé la pierre.
Quatre mois et demi plus tard, l’intervention a réparé sans maquiller. Consolider, nettoyer, protéger… Pas de lifting tapageur : juste remettre d’aplomb ces géantes de pierre, leur rendre leur solidité, et leur dignité.
47.000 euros pour préserver cinq siècles d’histoire à Valencia
Un peu moins de 50.000 euros sur la table — exactement 47.489,25 €, TVA comprise — pour redonner souffle à deux vieilles sentinelles de pierre. Le chantier, confié à Ibaizabal Técnicos y Obras SLU, a permis de traiter plus de 350 mètres carrés de surface, sans toucher ni à la silhouette massive ni à l’équilibre architectural du monument. Nettoyer, consolider, protéger, mais ne rien trahir.
L’adjoint à la Culture et au Patrimoine, José Luis Moreno, parle d’une intervention qui « préserve cinq siècles d’histoire ». Les Torres de Quart, érigées entre 1441 et 1460 par Pere Bonfill, Francesc Baldomar et Pere Compte, ne sont pas qu’un vestige médiéval : elles incarnent ce gothique militaire valencien qui mêle puissance défensive et élégance austère.
Classées Monument national dès 1931 et reconnues Bien de Interés Cultural (BIC), elles ont traversé les siècles comme on encaisse les tempêtes. Sur leurs murs, les cicatrices sont toujours là : les impacts laissés par les bombardements de la guerre d’Indépendance contre les troupes napoléoniennes rappellent que l'histoire ne s’écrit pas seulement dans les archives, mais dans la pierre.
Torres de Quart : une restauration chirurgicale
L’intervention s’est voulue chirurgicale : faire le minimum, mais le faire bien. Matériaux compatibles, techniques réversibles, fidélité à l’esprit d’origine… La restauration a suivi les règles classiques de la conservation patrimoniale.
Concrètement, les équipes ont : repris le revêtement de la base inclinée des tours, avec un traitement antifongique pour stopper l’humidité, réparé les enduits du rez-de-chaussée et de la zone d’accès, scellé les joints et amélioré l’évacuation des eaux dans l’escalier, point sensible aux infiltrations, restauré les menuiseries extérieures en bois ainsi que les éléments métalliques, retiré d’anciennes installations électriques devenues obsolètes, pour des raisons à la fois esthétiques et sécuritaires
Avant d’intervenir, la mairie de València a dû obtenir, le 20 janvier 2025, le feu vert de la Direction générale du Patrimoine culturel. Passage obligé pour tout Bien d’Intérêt Culturel. Des sondages muraux ont ensuite été réalisés afin de valider, auprès de la Conselleria de Cultura, le choix de la teinte retenue.
La couleur appliquée n’a rien d’un caprice contemporain : elle reprend celle de la grande réhabilitation de 2005, elle-même fondée sur une étude colorimétrique identifiant les gammes historiques du monument. Si l’œil perçoit aujourd’hui une légère différence entre les zones restaurées et celles laissées intactes, c’est une affaire de vieillissement des matériaux. Avec le temps, la nouvelle couche s’atténuera et viendra se fondre dans l’ensemble, comme si rien, ou presque, n’avait bougé.
La réouverture d’un symbole vivant de Valencia
Avec cette réouverture, la mairie réaffirme son engagement en faveur de la préservation du patrimoine historique comme élément essentiel de l’identité valencienne. Car les Torres de Quart ne sont plus seulement une ancienne porte fortifiée de la muraille médiévale. Elles sont devenues un repère. Un morceau de ville qui relie le XVe siècle au vacarme d’aujourd’hui.
Dès lundi, Valenciens et visiteurs pourront à nouveau grimper leurs marches étroites, sentir la fraîcheur des murs épais et embrasser la ville du regard. Depuis ces géants de pierre, cinq siècles d’histoire continuent de veiller.
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