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TOURISME - Real de Catorce mythique et mystique

Située à mi-chemin entre Mexico D.F. et la frontière des Etats-Unis, dans l'Etat de San Luis de Potosi, cette ville fantôme rassemble 1.500 âmes mais comptait environ 40.000 habitants à la grande époque des mines d'argent. Histoire d'une renaissance entreprise grâce au tourisme

Une cité étrange et envoûtante (Photo GR)

Dernièrement, Real de Catorce a attiré un grand nombre de touristes aux profils divers. Récemment y ont été tournés les films "Bandidas"avec Pénélope Cruz et Salma Hayek ainsi que "The Mexican"avec Brad Pitt et Julia Roberts. On peut d'ailleurs voir des photos des stars dans les restaurants de la ville.
L'engouement suscité par les tournages a draîné de nouveaux touristes, désireux de suivre les traces de leurs idoles.
Mais Real de Catorce demeure encore une cité mythique et mystique, marquée par son passé minier, frappée par la désertification et soutenue par les vieilles légendes des chamans Huicholes qui soufflent dans l'atmosphère de ses antiques rues pavées.

Une chapelle surgit
Deux accès ouvrent les portes de Real de Catorce. Le tunnel Ogarrio, un ancien boyau de mine de 2,5 km éclairé par des lumières jaunâtres et qui s'ouvre comme les entrailles de la terre. Lorsqu'on le parcourt, on peut voir de larges ouvertures où pèse la pénombre, les puits annexes qui s'enfuient de part et d'autres du tunnel. Une chapelle surgit avec surprise de l'obscurité, pour rappeler aux visiteurs les croyances des miniers de l'époque, et la ferveur catholique toujours présente au Mexique.
Pour accéder au tunnel, il faut partir de Matehuala à environ 150 km à l'Est, et emprunter pendant près d'une heure une route pavée qui serpente dans la vallée, traversant villages déserts et paysages de cactus. Cette montée ressemble plus à une procession ou à un pèlerinage qu'à une visite touristique. L'entrée du tunnel est bordée de maisons fantômes, vestiges de la richesse passée d'une cité abandonnée.

Une ambiance au-delà du réel !
 
Le second accès part de la ville d'El Catorce à environ 60 km à l'ouest de Real de Catorce, de l'autre côté de la sierra. On peut l'emprunter uniquement en 4X4, à pied ou à cheval. Ce chemin que l'on parcourt pendant une heure et demie environ (pour le 4X4), est fait de terre séchée et arpente une vallée acérée à quelques centimètres d'une falaise impressionnante. Au long de ce chemin, on passe dans des hameaux faits eux aussi de briques de terre séchée où les paysans, les "campecinos", vous observent avec un regard d'un autre temps, détachés du monde moderne, un peu à la manière des bouddhistes de l'Orient.
La ville de Catorce se situe en haut de la sierra Real, une montagne escarpée, dont la conquête n'est pas si ancienne au regard de la vieille Europe, et dont le seul attrait fut l'argent, métal précieux parmi les agaves d'un désert aride. Vers le dernier kilomètre de ce deuxième accès, la pente devient si forte qu'il faut s'accrocher au véhicule, et retenir les bagages qui glissent vers le fond. Autant dire que Real se mérite, et en principe, elle ne déçoit pas.

Lorsqu'on a la chance de rester plusieurs jours à Real, on peut, si l'on ose, passer une nuit dans le désert, au pied de la montagne, autour d'un feu amical qu'il faut entretenir. On est seul et bercé par les sifflements du train à quelques kilomètres. Parfois les hurlements des coyotes qui, comme dans un monde irréel, nous transportent au bout d'un voyage hors des frontières de notre esprit. Il faut se relayer pour veiller sur le feu, et quand la lune a déjà rejoint l'autre côté de la vallée, c'est qu'il est temps de remonter vers la réalité de Catorce.
Gaëtan ROUSSET. (www.lepetitjournal.com - Mexico) mardi 31 juillet 2007

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