Kodomo no hi : le jour férié japonais dédié aux enfants

Par Isabelle Despert | Publié le 05/05/2022 à 00:00 | Mis à jour le 05/05/2022 à 00:00
kodomo-no-hi

Au Japon, la première semaine du mois de mai est ponctuée de jours fériés consécutifs, ce qui lui a valu d’être baptisée « Golden week ». Cette « semaine en or » s’achève le 5 mai par un jour consacré aux enfants : Kodomo no hi.

Le jour des garçons

Ce jour dédié aux petits fut d’abord celui de la fête des iris, tango no sekku, fête importée de Chine au VIe siècle et adoptée par la cour impériale du Japon. Cette célébration étant tombée petit à petit en désuétude, elle fut remplacée à l’époque Kamakura (1185-1333) par un jour destiné aux garçons. La période Kamakura a vu l’émergence de la culture des samouraïs et le 5 mai devint le jour où les guerriers offraient à leur progéniture masculine une partie de leur armure. Cela explique pourquoi certaines familles, à l’approche du 5 mai , exposent encore dans leur maison des poupées représentant des guerriers , gogatsu ningyō (poupée de mai) ou encore une réplique de kabuto, le casque très sophistiqué que portaient les samouraïs. Traditionnellement, ces ornements sont offerts par les grands-parents maternels à leurs petits-fils à l’occasion de leur première « fête des garçons ».

En 1948, lors de la promulgation de la loi sur les jours fériés, Tango no sekku  fût rebaptisé Kodomo no hi, le jour des enfants, célébrant ainsi garçons et filles, puisque le « jour des filles », plus exactement « la fête des poupées », o hina matsuri, célébrée le 3 mars, n’est pas un jour férié.

casque Kabuto du Kodomo no hi
Le festività giapponesi: Kodomo no Hi | VadoInGiappone.it

 

koi nobori : des carpes et des garçons

Moins discrètes que les poupées, les bannières à carpes, koi nobori, exposées aux balcons, dans les jardins ou encore flottant au vent en haut des

rivières célèbrent la présence d’une progéniture mâle. En effet, dès le mois d’avril et jusqu’au 5 mai, les familles ayant un ou plusieurs fils dressent des manches à air en papier ou en tissu en forme de carpe accrochés à des perches en bambou.


Le haut de la bannière est décoré d’une banderole puis suivent une carpe noire (représentant le père de famille), une carpe rouge (pour la mère) et autant de petites carpes qu’ils ont d’enfants, garçons et filles. Des rubans colorés nommés  fukinagashi  sont parfois ajoutés pour représenter une rivière. Ces bannières sont apparues à l’époque Edo (1603-1867) chez les marchands et artisans et sont rapidement devenues très populaires.

Selon les moyens financiers de la famille, la taille de la bannière varie. Les plus grosses peuvant coûter plusieurs centaines d’euros, voire plus.

Pourquoi des carpes pour la fête des garçons ? Au japon, la carpe n’est que très rarement consommée, c’est un poisson d’agrément qui peuple les bassins des jardins et des temples. Cependant, les carpes qui vivent en liberté dans les rivières doivent nager à contre-courant. La carpe symbolise donc le courage et la résistance et traditionnellement, on espèrait que les petits garçons auraient l’esprit aussi combatif que ce poisson.

 

De douces traditions

En ce jour de fête, on mange aussi des gâteaux traditionnels spécifiques :

  • kashiwa moshi : gâteau de riz fourré à la pâte de haricots rouges et enveloppé dans une feuille de chêne.
  • chimaki : pâtisserie de riz gluant cuite à la vapeur et enrobée d’une feuille de bambou.

 

Réminiscence de la fête des iris, dans certaines familles, les bambins ont droit à un bain parfumé avec des tiges d’iris –censées les protéger contre les maladies et les démons. Une manière bien agréable de finir la journée qui leur est dédiée.

 

Image de couv :   ©delta16v

 

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Isabelle Despert

Isabelle s’est installée au Japon il y a fort longtemps et n’a plus jamais quitté sa ville d’adoption. C’est dans un cadre de vie idyllique qu’elle exerce ses activités de rédactrice et d’enseignante de français langue étrangère.
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